13/02/2012

Les Dieux de l'Acropole regardent l'Europe et lui demandent de revisiter ses valeurs.

Alors que les événements se précipitent en Grèce, je crois que notre société se retrouve à un tournant important pour la civilisation occidentale. Après le « printemps arabe », voilà que c’est l’Europe qui gronde, qui résonne, qui détonne, qui s'interroge, qui ose.

Les populations européennes sont devenues les otages d’un système économique et financier basé sur la croissance, sur la spéculation, sur une monnaie qui a une certaine valeur mais qui a perdu toutes ces valeurs.

Les politiques monétaires et budgétaires menées précipitent actuellement l’Europe dans un précipice, dans lequel quelques États membres sont déjà tombés. Ces derniers ne se retiennent encore que par que quelques baudriers accrochés aux cotations de la bourse et aux aides financières accordées, une sécurité précaire basée sur des valeurs qui n’en sont pas.

Dans les prochains mois, la révolte populaire européenne sera pécuniaire et sociale, en lutte contres les systèmes financiers en place. La politique du développement économique durable devrait devenir la référence dans une société de libre échange où la croissance ne sera plus la valeur primaire, déclassée qu’elle serait par le partage des richesses, du travail et des biens de premières nécessités.  

Cette crise qui sera sans précédant va surtout réveiller les consciences, qui vont devoir se retourner sur notre société avant d’en redéfinir les véritables valeurs. Soyons certain que le « Nouveau Monde » est en route, il devrait éclore le 21 décembre 2012.  

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon. 

10/02/2012

"Maman, lettre d'adieu"

 

Maman.

 

Perdus au milieu des larmes, nous sommes heureux.

 

Heureux de te savoir libérée d'une maladie cruelle, que tu as combattue avec courage.

Heureux de te savoir délivrée de souffrances, que tu as supportées avec courage.

Heureux de te savoir en paix face à tes peurs, que tu viens de dompter avec courage.

 

Perdus au milieu des larmes, nous sommes heureux.

 

Heureux de t'avoir accompagnée, avec amour, jusqu'au bout du chemin.

Heureux d'avoir partagé des mots d'amour, tout le long de ce chemin.

Heureux d'avoir reçu ton amour, du début, à la fin de ce chemin.

 

Perdus au milieu des larmes, nous sommes heureux.

 

Heureux d'avoir eu la chance de nous dire je t'aime.

Heureux d'avoir eu le bonheur d'écrire je t'aime.

Heureux d'avoir pu t'accompagner car on t'aime.

 

Perdus au milieu des larmes, nous sommes heureux.

 

Heureux de tenir nos promesses, déposées par amour.

Heureux de prendre soins des tiens, avec amour.

Heureux de te garder en nos cœurs, preuve d'amour.

 

Perdus au milieu des larmes, nous sommes heureux.

 

Heureux car tu as quitté ceux que tu aimes, pour retrouver ceux que tu avais illuminés.

Heureux car tu t'es envolée vers les cieux, pour devenir une étoile illuminée.

Heureux car tu veilles sur nous, telle une flamme qui nous montre ce chemin illuminé.

 

Perdus au milieu des larmes, nous sommes heureux.

 

Heureux car ta beauté, ton charme, tes rires, tes sourires, tes manies, tes faiblesses, ta force et ton courage nous accompagnent sur le chemin qui se présente à nous, car l'amour lui, est éternel.

 

"Tu nous as donné la vie, tu nous as offert la tienne, on t'aime Maman"

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

(Lettre lue ce matin, lors de la cérémonie d'adieu)

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06/02/2012

Un amour infini est né !

 

Dimanche matin, cinq heures moins le quart, la femme que j'aime me réveille.

 

-   Ton père vient d'appeler, il cherche à te joindre sur ton portable mais n'y arrive pas, il dit que ta maman ne va pas bien.

 

Je sursaute et vérifie mon téléphone que j'avais pourtant laissé à mes côtés. Un appel en absence effectivement,  il y a deux minutes, mais émanant du Natel de Maman. Pris d'une angoisse profonde je rappelle immédiatement ce numéro. Alors que la sonnerie retenti, je pense à elle, me dit qu'elle est mal, qu'elle n'arrive pas à joindre mon père, qu'elle m'appelle. Sa dernière nuit avait été pénible, elle doit souffrir à nouveau. C'est mon père justement qui décroche. Sa voix est calme mais rauque, je le devine un peu perdu.

 

-         Maman va très mal, elle a fait une hémorragie cette nuit, peux-tu venir ?

-         J'arrive, mais où êtes-vous ?

-         A Beau-Séjour, où maman est hospitalisée.

-         J'arrive tout de suite papa.

-         Ne te met pas sur le toit, c'est verglacé.

-         Non, non, mais je viens tout de suite.

-         Tu devras rentrer par les urgences, derrière le bâtiment car la porte d'entrée principale est fermée la nuit. Il y a un interphone tu verras.

-         Je vois très bien où c'est, j'arrive.

 

Ils sont à Beau-Séjour. Elle y est entrée il y a trois jours en attente d'une radiothérapie, dernier acte possible face à l'avancée de la maladie. Alors que j'enfile un pantalon, un t-shirt, un pull, les idées se bousculent en moi. Je les ai quittés hier soir peu avant la fin des visites, elle était angoissée, elle appréhendait la nuit mais comme tous les soirs depuis dix jours. Je me revois l'embrasser et lui dire à demain. Je me revois lui faire un signe de la main.

 

Clefs en main je cherche mon porte-monnaie. Ma douce et tendre me devine affolé, elle comprend que quelque chose en va pas, me dis qu'il est posé au salon et m'embrasse avec passion, elle me demande encore de la tenir informée. Je devine sa grande compassion sur son visage.

 

Je l'embrasse et sans trop savoir pourquoi la remercie sincèrement de m'avoir réveillé, d'avoir entendu le téléphone, mais au fond de moi je sais qu'elle vient de me laisser une chance de voir ma mère une dernière fois. Des semaines que je dis à mon père de m'appeler si problème il y a, et cette nuit je n'ai pas entendu le vibreur de mon portable, un comble.

 

Personne sur la route, mais elle est dangereuse alors je reste prudent, même si en moi un tic-tac biologique me dit de ne pas perdre de temps.

 

Voiture garée, je sonne à l'interphone. Le gardien de nuit me répond et ouvre la porte à l'énoncée de mon nom de famille, comme s'il attendait mon arrivée. Je prends l'ascenseur et machinalement j'appuie au deuxième, où se trouve sa chambre. Je regarde si un autre étage annonce des salles de soins, un bloc opératoire, en vain. La porte s'ouvre enfin sur l'étage. Mon père est là, seul dans le hall, assis sur une chaise. Il se retourne et me regarde. Ses traits sont tirés et il est livide.

 

-         Maman est partie.

-         Partie, mais ....  Décédée ?

-         Oui, il y a quelques minutes, je suis désolé Walter.

 

Le silence qui régnait dans les couloirs à mon arrivée m'envahit soudainement, un bourdonnement me gagne et mes jambes se dérobent. Je dois m'asseoir, je m'affaisse dans un siège.

 

Je ne saurais aujourd'hui vous décrire les instants qui ont suivis, je ne saurais aujourd'hui vous offrir les ressentis partagés, je ne saurais aujourd'hui vous emmener avec moi dans ce voyage partagé en famille, je ne sais même pas si j'en ai envie.

 

Je vous dirais simplement que je l'ai embrassée longuement, que je l'ai veillée durant cinq heures, que j'ai partagé avec elle quelques musiques au pied de son lit, que j'ai dit à mon père que je l'aimais, que j'ai pleuré, que depuis une brûlure indéfinissable me serre l'estomac, que j'ai beau me dire que c'est une délivrance pour elle, mais rien, non rien ne vient adoucir ma peine, ma tristesse, mes sanglots.

 

A toi ma sœur en larmes, je t'offre mon amour, mon courage, mon cœur et mes bras.

 

A toi mon père, toi qui a été si digne et aimant avec elle, qui l'a accompagnée jusqu'à la fin avec tout l'amour du monde, je t'offre mon amour, mon écoute et surtout mon épaule pour que tes larmes s'y déposent.

 

A toi maman, je te promets que je vais m'occuper d'eux, que je vais garder en moi tes sourires, tes je t'aime, la douceur de ta peau et la sérénité de ton visage. Je vais surtout te dire merci, merci d'avoir été là, merci d'avoir lutté avec courage, merci de m'avoir montré le chemin de l'amour, de celui d'une mère qui sera resté protecteur jusqu'au bout pour sa famille. Tu nous as donné la vie, tu nous as offert la tienne.

 

Repose en paix, car je te sais maintenant libérée et, depuis cette nuit, une étoile de plus brille au ciel, car un ange hier matin y a rejoint les lumières éternelles, car ni l'amour, ni le courage n'auront suffi à vaincre la maladie.

 

« On t'aime à l'infini Maman »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

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24/01/2012

Genève, où es-tu ?

Genève, où es-tu !

 

Genève, tu es la ville la mieux gérée de Suisse, mais Genève je ne te reconnais plus.

 

Pourtant, il y a encore quelques années je t'imaginais conquérante, courageuse, ambitieuse, pragmatique, grande et belle avec un Esprit rayonnant.

 

Il y a quelques années, je t'espérais avec des valeurs sauvegardées, avec une image universelle, avec une capacité à t'offrir, à te proposer, à t'engager.

 

Il y a quelques années, je te voulais garante d'une neutralité reconnue, placée au centre des besoins, des espoirs, des attentes, engagée entre les décideurs et les voix des peuples qui gondent.

 

Il y a quelques années, je croyais que le développement durable de l'humanité se devait de passer par toi, comme un exemple, comme un gage de réussite, de progrès, de compromis, d'une prise de conscience universelle.

 

Il y a quelques années, je te dessinais avec un pont magnifique, une rade illuminée, des quais fleuris, des parcs verdoyants, des rues lieux de vie communautaire et des routes guides de nos déplacements à la croisée des destinées.

 

Genève, aujourd'hui je ne te reconnais plus, je ne te reconnais pas. Tu as perdu ton Esprit qu'une Constituante improbable, contestée, contestable, tente de retrouver entre les traverses d'une guerre des clans qui n'entrent pas en constitution.

 

Genève, tes valeurs, tes croyances, tes richesses, tes Grands Hommes avaient pourtant su construire les fondations solides d'une cité universelle, d'un canton reconnu comme un label de qualité, de fiabilité, de dialogue, de médiation, de sincérité, de paix.

 

Genève, où es-tu ?

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

22/01/2012

"Face à la souffrance, j'aimerais que l'amour rende le courage éternel"

 

La maladie depuis peu a un visage, celui de la souffrance, et tel un miroir il nous renvoie en pleine face nos peurs, nos craintes, nos émotions, nos sentiments.

 

Il y a des jours où le courage d'une mère ne suffit plus, où l'abnégation d'un père ressemble à du désespoir, où les larmes d'une sœur sont une peu de vie qui s'échappe, où ma colère contre cette maladie n'est qu'un combat inégal pour sauver l'être aimé.

 

Il y a des nuits où les insomnies d'une mère réveillent les maux endormis, où les attentions d'un père ravivent les craintes dissimulées, où la souffrance d'une sœur attise la peur de l'éloignement, où ma franchise des mots nous rapproche d'un départ annoncé de l'être aimé et de ses souffrances.

 

Il y a des heures où la bienveillance d'une mère nous enseigne l'humilité face à la mort, où la communion d'un père est le reflet d'un amour éternel, où les mots d'une petite sœur tissent le lien de la famille, où ma peur de perdre une maman m'inonde le regard et l'esprit.

 

Il y a des minutes où un sourire d'une mère efface nos larmes mais pas les angoisses qu'elle porte dans son regard, où les mots rassurants d'un père autorisent à croire au lendemain mais pas à demain, où les espoirs d'une sœur rallument la flamme de la raison qui nous replongent aussitôt face à la réalité.

 

Il y a des secondes où, tout comme eux, j'ai peur de cet avenir si proche, mes craintes sont grandes face aux épreuves qui s'annoncent, mes émotions me brûlent les yeux et mes sentiments resserrent mon cœur, car mon amour est grand pour eux et ma fierté, d'être un fils aimé et reconnaissant le la vie donnée, telle une offrande, est éternelle !

 

« On t'aime maman, courage pour mardi »

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

14:16 Publié dans Femmes, Histoire, Lettres, Résistance, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

12/01/2012

Une journée de réflexions !

"On ne motive pas les hommes avec des discours mais en respectant leurs aspirations profondes"

A. Riboud.

 

"L'autorité contraint à l'obéissance, mais la raison y persuade"

Cardinal de Richelieu.

 

"Un ministère qu'on soutient est un ministère qui tombe"

Talleyrand.

 

"En politique il faut guérir les maux, jamais les venger"

Napoléon III.

 

"En politique, il faut donner ce qu'on n'a pas, et promettre ce qu'on ne peut pas donner"

Louis XI.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

 

08:15 Publié dans Culture, Histoire, Lettres, Médias, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

08/01/2012

La communication est indispensable, jamais suffisante !

 

Le conflit larvé entre les syndicats de police, dont l'UPCP, et Mme Rochat Isabel, Conseillère d'Etat en charge du DSPE, va donc éclore ces prochains jours.

 

En regardant tout ça de loin, le simple citoyen que je suis se pose une question.

 

Comment la situation en est-elle arrivée là ?

 

Premièrement, à mes yeux il ne peut exister un lien de confiance, une relation de travail ou une médiation de valeur sans communication, sans écoute, sans ouverture d'esprit, sans concession. La communication est indispensable, jamais suffisante. Laurent Moutinot en avait fait l'amère expérience, Véronique Pürro voulait la poursuivre mais c'est Isabel Rochat qui s'y attelle aujourd'hui.

 

A lire les journaux, j'ai la vague impression que la présidente du DSPE sait où elle veut aller, pourquoi elle y va et comment elle va y arriver, même si ses choix ne sont pas reconnus, même si ces chois ne sont pas nécessairement les siens.

 

En effet, cette élue du peuple a visiblement, lors de son arrivée, pris la barre du navire « patate chaude » qui avait déjà son gouvernail dirigé en direction de la réorganisation prévue. Impossible dès lors politiquement de changer de cap, même si la « croisière n'allait pas s'amuser ». Donc, aujourd'hui il faut tenir la barre, même si le cap n'est pas le bon, même si au devant l'on devine une tempête.

 

Dans ces conditions, il y a peu ou prou de place pour un dialogue constructif, le tracé étant imposé d'avance, ruinant ainsi toute communication indispensable et liée à l'échange d'idée, avec des visions d'avenir différentes mais réunies par la réflexion, la concertation et la conciliation.

 

Mme Rochat utilise donc visiblement un schéma connu en politique, celui de laisser croire à son interlocuteur qu'il est partie prenante au projet, alors qu'il ne l'est que sur la consultation finale, soit au moment où le paquet est quasiment ficelé. Le paquet est construit ailleurs, par des architectes qui malheureusement eux ne disposent pas des plans des fondations.

 

Une telle méthodologie n'est pas pour créer un lien de confiance, elle peut même se retourner contre celui ou celle qui en use si l'interlocuteur met en évidence cette carence en communication.

 

Aujourd'hui, la seule personne responsable est l'autorité élue, donc Mme Rochat. Au même titre qu'un ministre ne peu en aucun cas charger publiquement un subordonné à titre de bilan, sauf s'il le vire, il ne peut stigmatiser des syndicats qui ne demandent visiblement qu'à être écoutés, à être entendus, pour enfin devenir un partenaire participatif au sujet de l'avenir de leur profession, et ainsi de l'amélioration de la situation sécuritaire de la population genevoise.

 

Une requête qui me semble légitime en démocratie, si bien sûr tel est le but recherché par le pouvoir politique sous cette législature et à travers cette réorganisation.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

02/01/2012

"L'épreuve à la lueur d'un espoir"

 

« Je n'arrive plus à dormir, la lourdeur de la nuit me pèse. Ces six derniers mois ont été une épreuve terrible, je ne la souhaite à personne. Depuis le jour où j'ai pris connaissance de ma maladie, que les mots cancer et soins palliatifs ont été prononcés, j'ai traversé plusieurs états d'esprit.

 

Du doute d'un diagnostique au scepticisme de la gravité d'un mal, c'est l'espoir qui m'a accompagnée.

 

Des effets secondaires d'une chimiothérapie aux modifications physiques de mon corps, c'est l'incompréhension qui m'a habitée.

 

Des résultats d'analyses aux scanners qui ne dissimulent rien, c'est l'introspection de mes doutes qui me tenait éveillée.

 

Des opérations palliatives envisagées à l'assistance oxygénée, c'est la résilience qui s'est manifestée.

 

De la diminution de mes forces aux difficultés de concentration, c'est la peur qui me gagne aujourd'hui.

 

Peur de tomber, de chuter, de perdre du poids, d'être atteinte par une infection, de me blesser, de saigner, de mal respirer, de m'étouffer, peur qu'il m'arrive quelque chose subitement avec la crainte d'être une nouvelle fois hospitalisée.

 

La fausse sérénité qui m'habitait n'est plus là, les doutes, les craintes et la peur sont devenues mes compagnes d'infortune. Il y a des instants où nous n'avons plus besoin de nous écouter, notre corps nous parle de lui-même.

 

Je dois me libérer de ces atteintes négatives, mais je ne sais pas comment faire car elles ne sont pas dues directement à la maladie, mais du fait de mes appréhensions elles-mêmes nourries par l'inconnue du lendemain.

 

Un lendemain que j'envisage, car en six mois j'ai traversé respectivement les anniversaires de ma fille, de mon fils, de mon époux, puis un noël sans cadeau de la vie et un nouvel an sans vœux de bonne année, remplacés par des paroles douces et des mots d'apaisement.

 

Ces moments partagés restent des richesses que je préserve dans mon cœur comme des pierres précieuses, auxquelles j'espère secrètement y ajouter bientôt le rubis merveilleux de l'anniversaire des 17 ans de ma petite-fille et, qui sait, le diamant paisible de ma 67 ème année, des joyaux tous illuminés par la lueur d'espoir qui demeure. »

 

"On t'aime maman, courage"

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

06:31 Publié dans Femmes, Fiction, Histoire, Lettres, Résistance, Solidarité, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

21/12/2011

Sécurité : 744 jours après !

L'avantage quand on aime écrire, c'est qu'on aime lire les autres. Il y a les essais, les romans, les sciences, les polars, les historiques et les drôles. Mais il y a aussi de petits cahiers, des bulletins, des parutions confidentielles que l'on garde et qui, un beau soir d'hiver, ressortent de nos tiroirs sans prévenir, nous rapportant le souvenir d'une lecture, le passé d'un écrit, la mémoire de maux retranscrits.

 

Et là, en triant, je garde, je jette, je classe, je garde, je jette, je classe, je me retrouve avec une parution dont les élus Mark Muller et Isabel Rochat en font la couverture, sourire aux lèvres, la belle Genève et sa cathédrale en toile de fond.

 

Morceaux choisis des réponses données par Madame Isabel Rochat lors de cette interview parue en avril 2010 dans le no 186 du feuillet "Le Nouveau LIBERAL ", ceci à l'issue de ses cent premiers jours à la tête du DSPE  :

 

Comment avez-vous été accueillie au sein du Conseil d'Etat ?

 

-         J'ai été très bien accueillie. Un certain nombre de dossiers dont j'ai la charge nécessitent une approche transversale des problématiques, raison pour laquelle il est pour moi primordial de travailler dans un esprit de grande collégialité ... ... ... Par  rapport à la politique pénitentiaire, nous sommes dans une législature charnière. Nous avons aujourd'hui une politique commune avec le pouvoir judiciaire, ce qui n'était pas le cas auparavant....

 

Et à la police genevoise ? Vous savez que les policiers ont placé beaucoup d'attente en vous !

 

-         J'en suis pleinement consciente et j'ai moi-même beaucoup d'attente envers eux : ensemble nous avons pour objectif de rétablir le lien de confiance avec la population et, pour ma part, de revaloriser la profession dans le sens large du terme. A ce titre, j'en profite pour dire que j'ai rencontré à la police des gens formidables. Je sens une réelle détermination à faire changer la situation dans le canton.

 

Cela fait cent jours que vous avez pris la tête du DSPE. Votre premier bilan ?

 

-         Il s'agit pour l'instant davantage de constats que de bilan : mes premiers cent jours m'auront permis de faire le « tour de la maison » ... Nous avons également rapidement avancé dans des domaines concrets avec l'accord signé avec la police le 16 décembre 2009 réglant la question des horaires et de la rémunération des policiers.

 

Quelles sont les difficultés actuelles de la police genevoise ?

 

-         Les difficultés principales se concentrent autour du problème des effectifs et du recrutement. En effet, nous nous retrouvons face au défi d'engager rapidement des personnes de qualité ... ... ...  De manière générale, il faut enfin améliorer l'engagement opérationnel des policiers, d'entente avec celui des APM, afin de réellement créer une police de proximité et d'appliquer une politique de « tolérance zéro »

 

Les genevois sont effrayés, les policiers parfois découragés. Comment remonter le moral des troupes et de la population ?

 

-         Il faut rétablir un climat de confiance entre le policier et le citoyen. Motiver les troupes en revalorisant la profession est une de mes priorités ... ... ... De manière plus large, tant la police que la population ont besoin de sentir que nous savons où nous allons, que nous sommes déterminés et, surtout, que nous sommes pressés.

 

Lecture et relecture de ce fascicule me procurent certaines interpellations, ou si les mêmes questions étaient posées aujourd'hui dans "Le Nouveau GENEVOIS", quelles réponses aurions-nous ?

Je garde, je jette, je classe !

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

11/12/2011

Lettre au Père Noël !

Cher Père Noël,

Je sais que tu as énormément de travail, les fêtes approchent et tu dois probablement déjà être débordé par les demandes des autres enfants, sachant que nous gardons tous une âme d'enfant au plus profond de nos chagrins.

Tu sais, cette année je ne voulais pas t'écrire, car tu n'as pas donné suite à ma lettre de l'année dernière. Pourtant je t'ai attendu, j'ai observé le ciel, j'ai espéré en vain. Pour finir, je me suis dit que ma missive ne t'était peut-être par parvenue, ce qui est dommage car je ne demandais rien pour moi, juste quelques petites choses pour que nous vivions dans un monde meilleur.

http://walterschlechtenlibre-penseur.blog.tdg.ch/archive/...

Mais voilà, cette fin d'année est un peu spéciale, car même si l'amour est présent en nos cœurs, la tristesse nous gagne, ouvrant parfois le chemin des larmes.

Comme tu le sais, nous n'avons qu'une maman, et comme pour tous les enfants du monde ma maman est la plus extraordinaire, elle est belle, elle est courageuse, elle est digne. Mais malheureusement elle est aussi malade, une vilaine pathologie que tu connais bien et qui attaque ses cellules, un cancer qui ne devrait jamais exister tant les souffrances partagées sont grandes. Certes elle reçoit tout l'amour de sa famille, de notre père, de nous ses enfants, de ses proches, de ses amis qui sont aussi les nôtres. L'aide des médecins semble parfois insuffisante, car si éloignée de nos attentes, de nos espoirs, mais elle demeure notre seul lien avec le corps médical.

C'est pour ça que je t'écris cette année, pour que tu penses aussi aux malades qui, à l'approche de ces fêtes, ont le cœur triste car atteins dans leur santé. Tu sais, j'échangerais tous les cadeaux du monde pour que maman retrouve des forces et gagne son combat contre la maladie, mais je ne pense pas que tu puisses réaliser ce vœux, il est trop grand, il est presque impossible, même si avec l'amour on peut souvent faire des miracles.

Alors n'oublies pas tous les malades du monde, apporte leur une lueur d'espoir, une lumière d'amour, le présent de la vie, comme auprès de leurs familles, de leurs proches, de leurs amis.

Je ne sais pas si cette année tu pourras exhausser mon vœux, mais si tu ne le fais pas pour ma maman, fais le pour les autres qui sont en attente de ce miracle de Noël.

Minet, un petit garçon de La Croix-de-Rozon.

 

 

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03/12/2011

"L'anathème d'une maladie à travers l'espoir et l'amour"

 

« Ces dernières semaines ont été difficiles, aux bonnes nouvelles se sont succédées les mauvaises. Le temps avance, la maladie aussi. C'est vraiment dommage, car mes meilleures ennemies avaient diminué de moitié. Alors qu'elles se résorbaient, mon espoir lui réapparaissait, il se lisait dans mes yeux, mes sourires, dans le regard de mes proches aussi.

 

Il n'y a pourtant pas de protocole établi, pas de plan de guerre, pas de stratégie exacte car chaque jour est un combat nouveau, avec ses surprises, ses inconvénients, ses risques aussi.

 

Ecartée en premier lieu, la radiothérapie était redevenue une hypothèse, une solution, une aide. Pourtant abrasive et dangereuse, elle est sans scrupule pour les cellules et les tissus. J'ai dû faire un grand travail sur moi pour me préparer à cette thérapie, car nulle n'est prête à souffrir pour guérir. Alors que mes choix étaient respectés, alors que mes espoirs étaient replacés, alors que ma volonté était encouragée, alors que j'y étais enfin disposée, ce traitement n'aura plus lieu.

 

Epreuve pénible que celle de revenir en arrière, de régresser, de comprendre que mon corps n'était pas prêt lui à subir une telle agression. La maladie est plus forte que toutes les volontés, et même si je ne baisse encore pas les bras, la résignation m'attaque à son tour sournoisement.

 

Je ne veux pas céder à celle-ci, pas encore, pas maintenant, mais il y a des épreuves dans la vie qui nous rapprochent de la mort. Une infection de trop, une réaction de plus, un diagnostique incertain et le mot est dit, il est prononcé. Reste à l'expurger, à l'assimiler, à le maîtriser, à le comprendre. Un nouveau parcours commence pour moi, pour mes proches aussi, celui de se préparer, d'anticiper, d'organiser, d'admettre mais sans se soumettre.

 

Je me rends bien compte que tout le personnel hospitalier m'accompagne, se sont des gens magnifiques, de belles personnes qui tout en gardant une distance pour se protéger savent nous approcher, nous parler, nous écouter aussi.

 

Je me rends bien compte que mon époux vit avec des peurs et des craintes insurmontables en l'état, je m'aperçois aussi que nous n'avons probablement jamais été aussi proches à travers cette épreuve. Envisager de ne jamais se séparer, de se retrouver, de s'accompagner dans le temps est une belle preuve d'amour, mais il a le droit de vivre, je le lui ai dit.

 

Je me rends aussi compte que mes enfants souffrent, même s'ils sont là, aimants, touchants, encourageants, ils prennent sur eux pour m'offrir leurs forces, leurs espoirs aussi. Ils ont l'amour d'une mère pour eux, en eux et ils ont l'amour d'un père qu'il faudra accompagner. Ils ont du courage car moi aussi je pense que le plus difficile après est pour ceux qui restent.

 

C'est aussi pour ma famille que je ne baisse donc pas les bras ce matin, que je me bats contre cette infection, contre la maladie aussi, pour reprendre des forces et m'offrir la chance d'un traitement supplémentaire. Vivre au jour le jour a ceci de bon que chaque aurore est une nouvelle victoire, car l'aube d'un espoir, de la naissance d'un sourire, d'une caresse, d'un je t'aime, d'un moment de partage et d'amour. »

"On t'aime maman, courage"

 


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19/11/2011

La polémique, nouvelle arme des journalistes en mal d'investigation ?

Deux articles récents m'ont interpellé en qualité de citoyen, de lecteur, de blogueur, où visiblement le but recherché à travers l'écriture n'était que celui de la polémique. Aucune investigation, des renseignements pris à la va vite, nul développement du sujet, aucune conclusion, peu d'intérêt donc, mais c'est néanmoins publié et lu.

 

- Le premier rédigé concerne le dernier GHI, un billet intitulé « La police de Cornavin aux abonnés absents ».

 

C'est l'histoire de deux touristes victimes d'un vol à la tire dans le train, qui se rendent au poste de police de la gare de Cornavin et trouvent porte close, accompagnée d'un panneau d'annonce qui précise : « En raison du nombre d'affaires en cours, le poste est fermé. S'il s'agit d'une affaire urgente, veuillez vous diriger vers le poste des Pâquis (voir plan à votre droite) ». Le titre de l'article est en rouge et noir et la photo dudit panneau bien en évidence au centre de la page.

 

Mais après, que pouvons nous lire dans cet écrit. Que cette mesure est exceptionnelle, qu'elle se pratique aussi dans d'autres postes du canton lorsque les nécessités  opérationnelles sont plus importantes que l'accueil au public. Les lésés ont du marcher 300 mètres pour déposer leur plainte au poste des Pâquis. Indignation, goût amer, incroyable, honteux et j'en passe des qualifications qui viennent nourrir ce torchon par son auteur en mal de sensation.

 

On y trouve toute la différence entre un bon et un mauvais journaliste. Le mauvais constate la fermeture du poste, prend une photo et rédige un article bidon avec un titre tapageur après avoir pourtant obtenu une explication simple mais concrète.

 

Le bon constate la fermeture du poste, prend aussi une photo mais cherche à comprendre pour quelles raisons cette situation existe, trouve l'explication, assimile le système appliqué, en analyse les causes, y propose une solution et fait un excellent article d'information générale.

 

- Le deuxième cas concerne la TDG de ce jour, avec un billet intitulé « Succession de Zappelli : le dilemme des socialistes », dans lequel on y trouve un petit encart titré « Un policier choisi Jornot ».

 

Si l'article principal est instructif, complet, objectif, l'encart se veut juste provocateur, incitateur et nourricier d'une polémique.

 

Il traite du dernier article de mon blog intitulé « Procureur général, pourquoi Olivier Jornot sera l'élu ! ». La journaliste se demande si un policier peut livrer un avis politique sur un site internet d'accès public sans déroger à son devoir de réserve. Elle qualifie encore ce billet de plaidoyer en faveur du candidat Olivier Jornot tout en admettant que ce blog est tenu par un citoyen, pas un policier.

 

Interpellé par la journaliste, le DSPE observe que votre serviteur « flirte avec le code », alors que la direction de la police, qui partage cet avis, relève « qu'il ne dévoile pas d'informations sous le sceau du secret professionnel et ne prend pas position sur des affaires de police ».

 

En conclusion, cette gentille pigiste en mal de scoop qui m'a téléphoné hier soir avant parution, ne retire que de notre très longue discussion partagée sur le sujet que le fait que « je chatouille et que deux cadre sont venus me voir pour me demander de changer mon blog ... ».

 

C'est là ou je m'énerve, car sous prétexte de créer la polémique, cette scribouillard en oublie mes mots accordés lors de cet entretien téléphonique et sort ainsi du contexte mes phrases.

 

Donc, afin de remédier à ce manque d'informations, d'investigation, motivé par la recherche d'un scoop, de sensationnel, de fait divers pas divers, d'un scandale ou d'une nouvelle polémique, je vous livre mes réponses accordées ;

 

  1. Je m'exprime sur ce blog en qualité de citoyen, pas de policier.
  2. Je parle de nombreux sujets, même si la sécurité, la police, la justice et la politique sont des thèmes de prédilection.
  3. Lors de la rédaction de mes billets, je n'utilise jamais des informations dont je dispose professionnellement, j'effectue des recherches sur papier ou le net afin de m'assurer que celles utilisées sont publiques.
  4. Mes billets sont rédigés à la maison, le soir et ne m'entravent pas dans mon travail.
  5. Mon blog est apolitique sachant que j'égratigne ou congratule tous les partis de manière générale, selon le thème, l'actualité, les sources et mes ressentis.
  6. Certain de mes écrits ont rencontré un certain succès, d'autre pas, mais il est rare que je laisse indifférents les lecteurs.
  7. Je dérange, je chatouille certes, je critique, de propose, je m'exprime, j'écris, j'émeus parfois, je participe à la vie de la blogosphère et au développement de notre environnement sociétal en utilisant la liberté d'expression, de réflexion, d'idées et d'écriture.
  8. Mes billets ne sont pas que négatifs, car la critique se veut parfois positive. Comme citoyen, n'ai-je pas pris la défense de la Cheffe de la police alors attaquée au sujet de Schengen-Dublin, comme citoyen n'ai-je pas félicité l'ancien président du DI et le Conseil d'Etat pour sa prise de position dans l'affaire Kadhafi, comme citoyen n'ai-je pas encouragé la présidente du DSPE lors de sa campagne électorale.
  9. J'ai trois blogs sur la TDG, le premier « Minet » était un lien important lors de ma présidence à l'UPCP. Alors représentant des gendarmes, ce moyen d'expression a été utilisé avec force et détermination, avec des propos et une écriture différente, un outil de révolte syndicale qui a aussi engendré des réactions politiques et professionnelles vindicatives, procédures réglées depuis, tout en sachant que ce blog est fermé (une seule parution cette année sur le thème du 11 septembre 2001).
  10. Le deuxième est celui qui nous occupe, rédigé par un habitant de La Croix-de-Rozon, avec un regard extérieur, nullement rattaché à la police à travers sa signature, comme tout citoyen pourrait  l'avoir à travers son vécu, ses expériences, sa vision du monde, ses qualités d'habitant et d'électeur.
  11. Le troisième est anonyme et émis sous un pseudo, rédigé sous une autre forme d'écriture, d'observation, d'analyse, une approche différente de la vision du monde, des hommes et de Genève, tel un essai.
  12. Enfin, pour enrayer toute polémique, en aucun cas il ne m'a été demandé par des cadres de la police de changer mon blog, surtout en lien avec mon dernier billet, qui n'est en aucun cas un plaidoyer pour le candidat Jornot mais une analyse politique, même s'il est vrai que deux cadres m'ont approché, à titre personnel probablement, durant cette année pour m'indiquer que mon blog n'était qu'un outil maladroit et préjudiciable à la profession selon eux. J'en ai pris note, ils ont entendu ma réponse et mes écrits perdurent comme avant, en ma qualité de citoyen, pas de policier.

 

En conclusion, même si je venais à m'exprimer en qualité de policier dans un de mes écrits, je le ferais probablement sans critiquer mes chefs, ma hiérarchie, les décisions prises, les affaires en cours, les politiques menées, les personnes élues et/ou mon employeur, respectant ainsi le devoir de réserve nécessaire.

 

Donc, pour en terminer, vous constaterez que la journaliste de la TDG avait de quoi étayer son article, au demeurant intéressant et qui concerne toute la fonction publique et le devoir de réserve, mais visiblement et comme souvent les raccourcis les plus courts sont également les moins riches en informations, ce qui est regrettable.

 

Le travail d'investigation a disparu du journalisme moderne, poussé par les rédactions à produire tout et n'importe quoi. Il est dommage de voir mourir une profession qui demeure l'un des plus beaux métiers d'une démocratie où les libertés d'expression et d'information se doivent d'être garanties.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

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15/11/2011

Empathie, dans la peau d'un flic.

« Ce matin encore je me suis réveillé avec de forts sentiments. Ils m'habitent depuis des mois, comme s'ils avaient élu domicile, juste pour me troubler. Ils sont indéfinissables globalement car constitués d'un mélange de ressentis.

 

J'y trouve de l'incompréhension car je ne saisi pas sur quel chemin nous nous engageons. Nous étions censés emprunter une voie nouvelle, je ne la devine pas et aucun signal d'orientation ne vient aiguiller ma route.

 

J'y trouve de la colère car je me rends compte qu'il n'est pas possible de se reposer sur les idées des autres, de ceux notamment qui ne connaissent pas le sujet, qui ne pratiquent pas, qui observent sans apprendre, qui regardent sans comprendre, qui décident sans la lucidité nécessaire.

 

J'y trouve de la tristesse car ceux qui paient le prix de cette situation sont des innocents, des inconnus mais des proches aussi, des gens qui n'ont pas demandé à vivre dans une société aussi rude, même si la crise est là, le bien-vivre ici doit rester un pilier sociétal.

 

J'y trouve de la peur car lucide de la situation, où même nous ne sommes plus protégés, car en danger permanent face à l'inconnu et la non maîtrise du sujet, pour la population, pour nos familles, pour notre intégrité aussi.

 

J'y trouve du dégoût car à force de ne pas être écouté, l'impuissance de nos émotions prouve que nous ne sommes qu'une souche négligeable de la population aux yeux des observateurs, des soldats de la paix juste là pour obéir, sans réfléchir au sens de leur mission, sans analyser les résultats de leurs interventions, sans réaction face au manque d'attractivité des politiques menées.

 

J'y trouve de la terreur face aux horreurs constatées, commises pas des hommes sans scrupule, sans valeur, sans pitié, sans avenir souvent mais sans barrière égallement.

 

J'y trouve de la fureur car les promesses d'hier ne sont pas tenues, le respect attendu et les changements espérés ne sont que des mots qui demeurent lettres mortes.

 

Tous les matins je me confronte donc à la coupure avec mes émotions, car à l'aube je n'y trouve ni joie, ni surprise, ni tranquillité, éléments au combien importants à vivre au travers de nos émotions, juste pour partir travailler sereinement, sans craindre pour l'autre, sans craindre pour mon collègue, sans craindre de ne pas être à la hauteur des attentes de notre société face à la gangrène qui ronge nos rues.

 

Je suis gendarme, je suis policier, je suis flic, je suis argoulet, je suis indigné. »

 


Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

 

08/11/2011

Genève doit entrer en guerre contre l'insécurité, la criminalité, les incivilités, afin que nos valeurs redeviennent les piliers de notre société.

« Encore un fait-divers à Genève, un de plus. A travers une banalisation de la violence, des statistiques, des victimes, des effets collatéraux, des craintes et des inquiétudes réelles des citoyens de ce canton, c'est notre société qui meurt à petit feu.

 

Ce soir, un homme va probablement mourir, pour avoir reçu une balle dans la tête à la sortie d'une Migros. Règlement de compte, jalousie, mafia, drogue, argent, acte gratuit et crapuleux ou meurtre banal dans une société qui a perdu tous ses repères à travers la disparition de ses valeurs ?

 

Nous ne pouvons plus continuer ainsi, l'indolence politique doit cesser et les responsabilités ayant engendré ce chaos doivent être mises en évidence. Il faut oser, il faut dénoncer, il faut critiquer, il faut changer, il faut se révolter et dire stop à la violence, à l'insécurtié.

 

- Oser relever l'indolence politique sur les véritables problèmes liés à l'insécurité.

 

- Dénoncer les incompétences stratégiques à travers les priorités accordées.

 

- Critiquer l'insouciance de nos élus qui s'endorment une fois certaines élections passées.

 

- Changer de ton, de comportement, d'attitude, de méthode, de vision d'avenir pour redonner vie à notre canton.

 

- Se révolter car il n'est plus admissible que la population de cette ville, de ce canton, aie peur d'envoyer son enfant faire une course dans un supermarché sans craindre pour sa sécurité, son intégrité, sa vie.

 

- Se révolter encore car il n'est plus tolérable que nos hôtes se fassent détrousser, voler, spolier, abuser.

 

- Se révolter ensuite car il n'est plus acceptable d'entendre dire que nous ne pourrons jamais revenir en arrière, que c'est la société qui change, que dans d'autres grandes villes c'est pire, que c'est la faute de l'autre.

 

- Se révolter toujours car les responsables de cette catastrophe sociétale sont les mêmes qui décident de quoi demain sera fait, alors qu'aujourd'hui est déjà un gouffre ce qui nous est insupportable.

 

- Se révolter enfin car il n'est pas envisageable d'imaginer que la sécurité de demain puisse être menée par des milices, privées ou citoyennes, en lieu et place d'une police forte, déterminée et déterminante. Il en va de la survie de la démocratie.

 

Mais pour cela il faut du courage ;

 

-         Courage politique d'admettre ses erreurs

-         Courage judiciaire d'entendre les clameurs

-         Courage hiérarchique d'écouter les acteurs

-         Courage citoyen de dire « stop à la violence » et de se révolter

 

Le canton de Genève doit entrer ne guerre contre l'insécurité, contre la criminalité, contre les incivilités, contre la perte par assassinat de nos valeurs qui ont pourtant fondé cette société, par devoir de mémoire envers nos anciens qui ont lutter pour la sauvegarde de nos libertés, par instinct de survie pour que nos familles puissent vivre en paix et par respect pour l'avenir de nos enfants, car demain peut être un jour nouveau si volonté il y a de se révolter, et d'oser enfin. »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

« N'est-il pas étrange de nous voir défendre plus farouchement nos erreurs que nos valeurs ? »

Khalil Gibran

 

 

03/11/2011

"Laurent dit Perquouette, l'homme blessé."

« Hier tu étais là, assis devant moi, tes béquilles posées à tes côtés. Ton visage était  boursouflé, ta peau couleur écarlate, tes yeux lourds et abattus, ton regard éteint, tes cheveux secs et ton haleine fétide, mais sur le fond, tu n'as pas véritablement changé physiquement.

 

La preuve, je t'ai de suite reconnu la semaine dernière quand je t'ai retrouvé paumé au milieu des toxicomanes de la place, toi qui ne touche pas aux produits. Certes tu es devenu un alcoolique, certes ta vie et tes nuits sont guidées par la divine bouteille, mais comme tu le dis si bien, la drogue c'est de la merde. Mais voilà, c'est au centre de ces gens dépendants que tu trouves encore un semblant de vie sociale, au milieu de menteurs, des voleurs, des arnaqueurs, des amis d'un jour, des ennemis d'une nuit.

 

Quand je te regarde, il me revient des souvenirs d'enfance, des souvenirs d'adolescence, des souvenirs professionnels aussi au moment où tu occupais si souvent nos services. Et pourtant, toi et moi le savons bien, au lus profond de ton être c'est un enfant malheureux qui sommeille encore.

 

Nous avons quelque points communs, fils de flics, enfants d'Onex, fans du SFC, et une certaine fierté d'être un gamin de Genève. Si nous n'avons pas eu les mêmes chances dans la vie, ni la même éducation, ni les mêmes parcours, ni les mêmes faveurs, ni les mêmes embûches, nous sommes restés des amis qui se respectent mutuellement car nous avons encore bien des valeurs en commun.

 

Je sais que pour toi, car tu me l'as souvent dis, je suis un exemple, un modèle, mais sache Laurent qu'à mes yeux tu as bien plus de mérites que moi, car à travers tous les obstacles qui sont venus broyer ta vie, ta famille, tu arrives encore à survivre, à ressortir la tête de l'eau. En t'offrant ce café hier, et une écoute attentive, c'était pour mieux de donner un coup de pied au cul, une baffe salvatrice à la vie de merde dans laquelle tu sombres, pour que tu te réveilles par orgueil, par haine de l'injustice sociale, par amitié aussi.

 

Handicapé lourdement d'une jambe, alcoolique, colérique, instable, bagarreur, rentier AI, sdf depuis peu, sans famille, sans ami, sans richesse, ce matin au moment où je t'ai revu, tu m'as dit que tout ce qu'il te restait c'était ta carte d'assurance maladie, telle une bouée qui te rattache encore à la vie.

 

Ce soir, tu es à nouveau perdu, désespéré, révolté, enivré. Tu traînes ta patte douloureuse car un vaurien t'a volé tes cannes anglaises la nuit dernière, alors que tu t'étais endormi en rue au travers de volutes alcooliques. Ce soir tu vas à nouveau dormir dans une allée ou dans un parking car tu refuses d'aller à l'Armée du Salut, un miroir trop moche d'une vie qui ne te plaît pas. Ce soir tu vas probablement souhaiter la mort à tous tes ennemis, mais aussi que la vie s'arrête pour toi avant l'aube, car tu es fatigué, tu es en bout de course, presque en fin de vie.

 

Mais la vie n'est pas aussi moche que tu veux bien le croire Perquouette, la vie est une joie, pas pour ce qu'elle nous apporte, mais bien pour ce que l'on peut amener aux autres, et tu as encore beaucoup à donner, à offrir. Il y a surtout tout cet amour que tu n'as jamais reçu et que tu rêves encore de partager.

 

Alors si tu veux que demain je t'aide en te donnant un deuxième coup de pied au cul, et plus encore, chasse tes démons, sors des ténèbres, montre à la société que tu en as l'envie, le besoin, que tu veux enfin mettre un pas devant l'autre pour avancer, sans avoir besoin de te retourner honteusement sur un passé que tu cherches irrémédiablement toutes les nuits à oublier dans l'alcool, la violence et la peur du lendemain. »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.