01/11/2011

Quand la démocratie est attaquée par des nations devenues aveugles, en allant à l'encontre de la Paix !

Lundi, la Palestine est officiellement et démocratiquement devenue membre à part entière de l'UNESCO. Ce qui devait être un grand pas vers la paix est devenu depuis ce jour un nouveau défit pour les organisations onusiennes.

 

Si la position de la Suisse lors de ce vote, qui s'est contentée de s'abstenir, n'a pas été glorieuse pour notre pays, terre qui se veut esprit de paix dans le monde, celle des États-Unis n'est pas plus belle. Ce pays, gendarme du monde, a voté contre cette adhésion et déçu du résultat démocratique les USA viennent de suspendre le versement de 60 millions de dollars en faveur de l'UNESCO, un affront à la démocratie. Une décision qui se veut « automatique » mais qui ressemble bien à une sanction d'influence.

 

Pire encore, ce jour nous apprenons qu'Israël, qui vient d'essuyer un revers politique certes, prend des mesures de rétorsion en accélérant ses implantations en Cisjordanie, tout en gelant à titre provisoire le transfert de fonds destinés à l'Autorité palestinienne, qui servent pourtant au bon fonctionnement des institutions palestiniennes.

 

Des sanctions inadmissibles qui ne respectent en aucun cas une décision démocratique, source d'espoir de paix au Proche-Orient. Les intérêts discutables de certain pays rendent les hommes aveugles et plonge une nouvelle fois cette partie du monde dans la crise.

 

Ces gens de mauvaise volonté accélèrent la destruction du processus de paix, qui était pourtant en route. Ils vont à l'encontre de la paix des hommes, mais surtout ces décideurs et ces nations bafouent les fondamentaux de l'UNESCO, ses valeurs, ses objectifs et sa mission première qui est de contribuer à la construction d'une culture de paix, à l'éradication de la pauvreté, au développement durable et au dialogue interculturel à travers l'éducation, les sciences, la communication et l'information, et bien plus encore.

 

Comme le rappelle si bien le préambule de l'Acte constitutif de l'UNESCO, les guerres prenant naissance dans l'esprit des hommes, c'est dans l'esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix.

 

Au delà des guerres, des conflits, des religions, des croyances, des intérêts politiques ou économiques, l'humain et la paix doivent demeurer les priorités des débats. C'est l'humantié entière qui est souillée ce soir.

 

J'espère que demain, au banc des nations, des voix s'élèveront contre ces mesures de rétorsion, ces sanctions, en criant vigoureusement que la démocratie ne doit pas être bafouée, afin d'aider l'UNESCO à réaliser sa tâche qui s'annonce déjà insurmontable, même dans l'intérêt des hommes.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

http://www.unesco.org/new/fr/unesco/

 

30/10/2011

New York - Kigali, sans escale !

Elle est là, en bas de cette passerelle, un peu perdue, comme une enfant dans un grand aéroport. Elle hésite, recule puis avance enfin avant de monter une à une les marches qui la conduisent dans l'antre de ce Phénix flamboyant, lui qui de ses ailes majestueuses va lui faire traverser les mers et les océans.

 

C'est un grand voyage, un ultime moyen de trouver les réponses à ses questions, une dernière tentative pour entrer en communication avec les ombres qui hantent ses nuits et nos rues. Elle part à la recherche de solutions qui n'illuminent plus ses rêves.

 

En allant chercher les extrêmes, elle trouvera probablement des réponses, mais seulement à ses doutes personnels, en aucun cas aux problèmes qui rongent ses incertitudes. Car c'est bien là qu'il faut trouver une riposte, car la situation est grave. On le sent, la fin est proche et le nid de branches aromatiques et d'encens est en construction, et si ce bûcher est bientôt prêt c'est que le temps joue contre elle.

 

Nul ne sait aujourd'hui si les flammes d'un soleil nouveau sauront lui redonner la lumière nécessaire pour sortir des ténèbres, et ainsi sauver les siens, mais du haut de la statue de la Liberté à New York ou du plus profond des faubourgs de Kigali, il doit bien exister une lueur d'espoir dans les yeux d'une enfant, telle une petite fille rassurée qui serait prénommée Sécurité.

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

 

28/10/2011

Les douze questions qui dérangent !

 

Si vous ne savez pas quoi faire ce week-end, sachant que nous allons gagner une heure de réflexion, je vous invite à répondre à ces douze questions par Oui ou Non :

 

 

1)      La Suisse doit-elle adhérer à la Communauté Européenne ?

 

2)      La Suisse doit-elle revaloriser sa neutralité perpétuelle ?

 

3)      La Suisse doit-elle limiter l'immigration ?

 

4)      La Suisse doit-elle engendrer un service civil citoyen ?

 

5)      La Suisse doit-elle donner le droit de vote communal aux étrangers enregistrés ?

 

6)      La Suisse doit-elle continuer les renvois forcés d'étrangers qui doivent quitter la Suisse ?

 

7)      La Suisse doit-elle appliquer plus sévèrement l'art. 42 du CCP (sursis), si la peine ferme semble nécessaire pour détourner l'auteur d'autres crimes ou délits ?

 

8)      La Suisse doit-elle avoir une caisse assurance-maladie obligatoire unique ?

 

9)      La Suisse doit-elle exiger des bénéficiaires d'une allocation chômage des travaux d'intérêts généraux ?

 

10)  La Suisse doit-elle posséder une police fédérale de maintien de l'ordre ?

 

11)  La Suisse doit-elle dépénaliser la consommation de drogues ?

 

12)  La Suisse doit-elle redevenir le premier quotidien genevois ?

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

 

point d 'interrogation sur le clavier photo

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20/10/2011

Pourquoi la dépénalisation des stupéfiants est une hérésie !

Que la commission mondiale pour la politique des drogues préconise la dépénalisation des drogues par la voix de Mme Ruth Dreifuss, ancienne Présidente de la Confédération suisse, est une chose. Que cette instance se base sur son rapport de juin 2011 en est une autre, mais que le bon sens ne vienne pas nourrir les fondamentaux de cette analyse est inquiétant pour l'avenir de notre société et de nos enfants.

 

Ainsi donc la guerre mondiale contre les drogues a échoué, avec des conséquences dévastatrices pour les hommes et pour les sociétés du monde entier ;

- La guerre mondiale contre les drogues, ah bon. J'ignorais qu'un tel combat, digne d'une bataille universelle que l'on veut gagner, avait été mené au plan mondial. J'ignorais aussi que la gagne passait pas une victoire totale, alors que bien des petits combats sont vainqueurs au quotidien dans cette lutte menée par les soldats de nos valeurs.

- Rendre les armes ainsi, sans vouloir combattre plus en avant, plus loin, plus profondément, en usant de stratégies nouvelles mais sans reddition, c'est donner gain de cause à l'adversaire, c'est le renforcer dans ses convictions profondes que le crime paie, que la drogue fait vivre et que les valeurs de ces grandes mafias sont plus fortes que celles de notre société.

- Jamais notre population ne devrait avoir l'ombre d'un doute au sujet de cette guerre qui doit être menée contre les stupéfiants, contre ceux qui cultivent, contre ceux qui fournissent, contre ceux qui trafiquent, contre ceux qui sont corrompus par ce fléau, contre ceux qui sont dépendants de ce vice, car la drogue est la gangrène sociétale de ce siècle.

- Il est "heureux" dans ce malheur de se rendre compte que les conséquences sont dévastatrices pour les hommes et pour les sociétés du monde entier, mais ce n'est pas cet embryon de guerre qui en est la cause, mais bien la drogue et tous ses dommages collatéraux. Il ne faut pas lutter contre la guerre, mais contre la drogue. Aucun combat n'est simple à gagner, mais se rendre sans y avoir mis toutes ses forces, c'est mourir en léguant une société sans avenir à nos enfants.

 

 

Ainsi donc il faut mettre un terme à la criminalisation, à la marginalisation et à la stigmatisation des consommateurs de drogues qui ne cause pas de préjudice à autrui ;

- A ce jour, je ne connais aucun consommateur de drogues qui ne cause pas de préjudice à autrui, seules les personnes totalement sevrées ont gagné ce pari fou, celui de vaincre la drogue et ne plus nuire à son entourage, à ses proches surtouts, à sa famille en premier bien souvent.

- La marginalisation et la stigmatisation ne proviennent en aucun cas de la criminalisation de la consommation de drogue, mais bien de la consommation de ces substances illicites qui engendrent une désocialisation totale de l'être, une perte des valeurs et du respect de soi-même. Seul le produit compte et induit des comportements stigmatisant, puis la marginalisation au regard d'une société où le consommateur ne s'implique plus.

- Une aide, un accompagnement, un suivi avec des objectifs qui passent par la revalorisation de l'humain, de ses valeurs, des ses repères est le minimum que l'on puisse offrir à tout consommateur qui fait vœux de sortir de cette déchéance humaine. Un appui thérapeutique devient alors souffle de vie avec des produits de substitutions adéquats.

- Malheureusement, bien souvent l'appel du manque demeure plus fort que la cure, et le toxicomane replonge de plus haut pour s'évader un peu plus dans ses nébuleuses. Les marchés parallèles sont ainsi alimentés pour répondre à cette demande, avec un trafic sans cesse innovant, dans les moyens, dans les produits proposés et avec l'avènement des drogues de synthèse.

 

 

 

Ainsi donc il faut rejeter les idées préconçues sur le trafic, la consommation et la dépendance au lieu des les renforcer ;

- Une énumération de ces idées préconçues serait intéressante, même si le nerf de la guerre n'est pas là. Peu importe l'idée, elle germe de nos valeurs, de nos repères, de notre vision du monde qui en seront les guides. C'est bien là qu'il faut travailler en amont, retrouver des valeurs qui ont su, par le passé, faire avancer notre société en luttant contre les fléaux dévastateurs qui se sont succédés.

- Quelles valeurs accordons-nous à la drogue, au trafic, à la consommation de celle-ci et de la dépendance qui en résulte inévitablement pour les drogues dures ?

- Quels repères sociétaux prêtons-nous à la drogue, au trafic, à la consommation de celle-ci et de la dépendance qui en résulte inévitablement ?

- Quelle vision du monde offrons-nous face à la drogue, au trafic, à la consommation de celle-ci et à la dépendance qui en résulte ?

- Les solutions pour une approche nouvelle passent indéniablement par les réponses obtenues à ces questions. Il en va de l'avenir de notre société.

Ainsi donc il faut encourager l'expérimentation par les gouvernements de modèles de régulation légale des drogues, de manière à réduire le pouvoir du crime organisé et à protéger la santé et la sécurité des citoyens ;

- Quelle naïveté que celle de croire que qu'un modèle de régulation légal et gouvernemental viendrait réduire le pouvoir du crime organisé et qui plus est protéger la santé et la sécurité des citoyens.

- Le crime organisé se réorganisera avec des substances nouvelles, dont l'attrait et probablement la spécificité feront que le marché parallèle, le trafic, demeureront avec le risque que la rareté des produits illicites proposés fasse grimper les prix de ceux-ci.

- La libéralisation à travers une distribution étatique, pharmaceutique, médicale a déjà été testée avec la méthadone. Ce produit est une aubaine lors d'un traitement, mais il est bien souvent détourné de l'usage personnel et individuel prévu, pour réapparaitre sur le marché parallèle. Il en va de même avec de nombreux médicaments prescrits, tel le Dormicum. C'est alors l'Etat, les pharmaciens et les médecins qui alimentent ce marché parallèle de substitution, un comble pour qui veut contrôler ladite distribution.

 

Ainsi donc cette recommandation s'applique particulièrement au cannabis, pour d'autres drogues il faudrait encourager également d'autres expériences en matière de dépénalisation et de réglementation capables d'atteindre les mêmes objectifs.

 

La politique des drogues menée à ce jour aurait eu comme effets pervers :

 

1. Le développement d'un « gigantesque marché noir criminel » financé par les bénéfices exponentiels générés par la satisfaction de la demande internationale en drogues illicites.

- Si indéniablement le "gigantesque marché noir criminel" diminuerait à l'aube d'une légalisation, les drogues nouvelles et alors illicites, de synthèse probablement, viendraient rapidement inonder un nouveau marché gris criminel.

- La satisfaction de la demande internationale en drogues n'est que la résultante du marché, de l'offre et de la demande. La question ne se pose pas en capacité de fournir étatiquement le produit, mais bien de déterminer les conditions et les habitudes des consommateurs. Le malaise sociétal est une des causes importantes de l'augmentation des abus, il faut là aussi rechercher les causes de ces addictions.

 

2.  D'importants errements politiques, résultant des ressources allouées au financement d'un vaste système de répression contre ce marché criminel.

- La répression contre ce marché criminel a un prix, mais il est aussi possible d'envisager autrement le financement de cette lutte, les saisies judiciaires pourraient par exemple venir financer ce combat. L'argent de la drogue contre la drogue.

- C'est un faux débat, les premières économies ne doivent pas venir aider à une augmentation de l'insécurité en attaquant les budgets de la sécurité.

 

3.  Le déplacement géographique, aussi appelé « effet ballon », dû au changement des régions de production dans le but de contourner les mesures répressives.

- Les mesures répressives contre les régions de production, alors que nous savons tous que ce sont les gouvernements de ces pays qu'ils faut mettre au pas, devant le fait accompli des décisions issues de nos valeurs, de nos repères sociétaux, de notre vision du monde. Le trafic de drogue doit être poursuivi dans l'ensemble de son œuvre, la corruption aussi.

 

4.  Le changement de substance, ou le passage des consommateurs à d'autres substances lorsque leur drogue habituelle devient difficile à obtenir, par exemple suite à des mesures de répression.

- C'est bien là que se trouve le problème sociétal actuel rencontré en occident, mais ce n'est pas les mesures répressives qui en sont la cause majeure, mais bien l'augmentation de l'offre, des produits, des mélanges possibles, du détournement de médicaments de leur usage premier à l'arrivée de nouvelles drogues de synthèse.

- C'est là aussi les véritables raisons de ce comportement en toxicomanie qui doit être analysé, car si mélange il y a, la désintoxication deviendra quasi impossible.

 

5.  La stigmatisation, la marginalisation et l'exclusion sociale des toxicomanes.

- A ce jour, je ne connais aucun consommateur de drogues qui ne cause pas de préjudice à autrui, seules les personnes totalement sevrées ont gagné ce pari fou, celui de vaincre la drogue et ne plus nuire à autrui, à ses proches surtouts, à sa famille en premier bien souvent.

- La marginalisation et la stigmatisation ne proviennent en aucun cas de la criminalisation de la consommation de drogue, mais bien de la consommation de ces substances illicites qui engendrent une désocialisation totales de l'être, une perte des valeurs et du respect de soi-même. Seul le produit compte et induit des comportements stigmatisant, puis la marginalisation au regard d'une société ou le consommateur ne s'implique plus.

- Une aide, un accompagnement, un suivi avec des objectifs qui passent par la revalorisation de l'être, de ses valeurs, des ses repères est le minimum que l'on doit offrir à tout consommateur qui fait vœux de sortir de cette déchéance humaine. Un appui thérapeutique devient alors souffle de vie avec des produits de substitutions adéquats.

- Malheureusement, bien souvent l'appel du produit demeure plus fort que la cure, et le toxicomane replonge de plus haut pour s'évader un peu plus. Les marchés parallèles sont ainsi alimentés pour répondre à cette demande, avec des trafiquants sans cesse innovant, dans les moyens, dans les produits proposés avec l'avènement des drogues de synthèse.

 

 

http://www.idpc.net/sites/default/files/library/Global_Co...

 

Les réalités de la toxicomanie sont bien complexe, de la demande et de l'offre perpétuelles, des contraintes physiques et psychiques des cures et autres prescriptions régulées qui ramènent si souvent le drogué à une consommation parallèle à son traitement.

Pour moi, la politique des quatre piliers n'est pas aboutie en Suisse à travers ses priorités, mais elle demeure la seule solution envisageable pour l'instant.

Malheureusement et à ce jour, l'encadrement sanitaire par la réduction des risque est insuffisant - La prévention est inadaptée aux réalités - Les thérapies sont souvent incontrôlées, ouvrant ainsi le marché gris - La répression est sans effet sachant que les peines encourues demeurent minimes et donc en aucun cas dissuasive. Mais tous ces éléments sont issus de choix politiques. S'il le faut, j'y reviendrai dans un prochain texte. 

Je vous en rappelle les fondamentaux des quatre piliers :

Le pilier « prévention » contribue à la réduction de la consommation de drogues en évitant que les gens ne se mettent à en consommer et ne développent une dépendance.


Le pilier « thérapie » contribue à la réduction de la consommation de drogues en permettant de sortir d’une dépendance ou à en préserver la possibilité. Elle contribue en outre à la promotion de l’intégration sociale et de la santé des personnes traitées.

Le pilier « réduction des risques » contribue à minimiser les effets négatifs de la consommation de drogues sur les usagers et – indirectement – sur la société en rendant possible une consommation entraînant moins de problèmes individuels et sociaux.

Le pilier « répression et régulation du marché » contribue, par des mesures de régulation servant à appliquer l’interdiction des drogues illégales, à réduire les effets négatifs de la consommation de drogues.

La dépénalisation ne représenterait qu'un désastre humain de plus, un signe fort de la perte des valeurs de notre société, de nos repères, dans une société justement à la recherche de celles-ci car disparues à travers une vision du monde utopique de nos politiques de gauche. Mais si la droite veux si mettre aussi, pas de problème, après il faudra en assumer les conséquences mais je ne suis pas certain que nos aînés la suive sur ce chemin là. Par contre, ce jour lors de ma pause de midi, je me suis rendu vers la gare de Cornavin auprès d'une demi-douzaine de toxicomanes qui ont touché à toutes les drogues de la place de Genève ces dix dernières années, et je leur ai posé cette simple question : "d'homme à homme, et pour l'avenir de nos enfants, êtes-vous pour la dépénalisation des drogues dures ?"

 

Les réponses ont été franches, sans équivoque et unanimes : "NON"

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

19/10/2011

Dépénalisation des drogues, ou comment des experts de la commission mondiale pour la politique des drogues, dont Mme Ruth Dreifuss, vont assassiner l'avenir de nos enfants !

Il y a des jours où je préférerais ne pas me réveiller pour prendre connaissance des dernières informations. Il y a des jours où je me demande si les décideurs de ce monde ont une quelle conque expérience humaine des sujets dont ils traitent.

 

Ainsi donc la commission mondiale pour la politique des drogues préconise la dépénalisation des drogues par la voix de Mme Ruth Dreifuss, ancienne Présidente de la confédération suisse ;

 

Ainsi donc la guerre mondiale contre les drogues a échoué, avec des conséquences dévastatrices pour les hommes et pour les sociétés du monde entier ;

 

Ainsi donc il faut mettre un terme à la criminalisation, à la marginalisation et à la stigmatisation des consommateurs de drogues qui ne cause pas de préjudice à autrui ;

 

Ainsi donc il faut rejeter les idées préconçues sur le trafic, la consommation et la dépendance au lieu des les renforcer ;

 

Ainsi donc il faut encourager l'expérimentation par les gouvernements de modèles de régulation légale des drogues, de manière à réduire le pouvoir du crime organisé et à protéger la santé et la sécurité des citoyens ;

 

Ainsi donc cette recommandation s'applique particulièrement au cannabis, pour d'autres drogues il faudrait encourager également d'autres expériences en matière de dépénalisation et de réglementation capables d'atteindre les mêmes objectifs.

 

La politique des drogues menée à ce jour aurait eu comme effets pervers :

 

1. Le développement d'un « gigantesque marché noir criminel » financé par les bénéfices exponentiels générés par la satisfaction de la demande internationale en drogues illicites.

 

2.  D'importants errements politiques, résultant des ressources allouées au financement d'un vaste système de répression contre ce marché criminel.

 

3.  Le déplacement géographique, aussi appelé « effet ballon », dû au changement des régions de production dans le but de contourner les mesures répressives.

 

4.  Le changement de substance, ou le passage des consommateurs à d'autres substances lorsque leur drogue habituelle devient difficile à obtenir, par exemple suite à des mesures de répression.

 

5.  La stigmatisation, la marginalisation et l'exclusion sociale des toxicomanes.

 

http://www.idpc.net/sites/default/files/library/Global_Co...

 

Ce sont donc notamment ces raisons qui poussent ces "experts" à tenir un discours aussi ouvert, aussi permissif, aussi irresponsable car ne tenant pas compte des réalités de la toxicomanie, de la demande et de l'offre perpétuelles, des contraintes physiques et psychiques des cures et autres prescriptions régulées qui ramènent si souvent le drogué à une consommation parallèle à son traitement.

 

Je vous laisse à vos réflexions chers lecteurs, la mienne sera publiée dans mon prochain billet, car là ma colère est grande face à l'irresponsabilité des hommes et des femmes qui préconisent la dépénalisation des drogues, sachant que si la politique des quatre piliers n'est pas aboutie à travers ses priorités, elle demeure la seule solution envisageable pour l'instant. Je vous en rappelle les fondamentaux :

 

Le pilier « prévention » contribue à la réduction de la consommation de drogues en évitant que les gens ne se mettent à en consommer et ne développent une dépendance.


Le pilier « thérapie » contribue à la réduction de la con sommation de drogues en permettant de sortir d’une dépendance ou à en préserver la possibilité. Elle contribue en outre à la promotion de l’intégration sociale et de la santé des personnes traitées.

Le pilier « réduction des risques » contribue à minimiser les effets négatifs de la consommation de drogues sur les usagers et – indirectement – sur la société en rendant possible une consommation entraînant moins de problèmes individuels et sociaux.

Le pilier « répression et régulation du marché » contribue, par des mesures de régulation servant à appliquer l’interdiction des drogues illégales, à réduire les effets négatifs de la consommation de drogues.

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

 

 

16/10/2011

Place des Nations, je me suis indigné !

Samedi dernier, je me suis rendu à proximité de la place des Nations. Je voulais me joindre aux Indignés.

 

Ce que j'aime en ce mouvement c'est que pour l'instant il n'est pas manipulé, ou si peu. Chacun est libre de s'indigner publiquement à travers une démonstration pacifique mais citoyenne, et pour le thème qu'il désire.

 

Personnellement je souhaitais m'indigner au sujet du monde dans lequel nous vivons, avec une vision humaniste.

 

La famine, les conflits armés meurtriers issus d'enjeux économiques, la misère humaine, la pauvreté, la valeur irréelle de l'argent virtuel, les gouvernements antagonistes qui alimentent la guerre sans vouloir trouver la paix, les injustices sociales, la pollution de la planète, les droits humains qui ne sont pas respectés, la prolifération des drogues, les promesses politiques tenues jamais respectées, tels sont les thèmes qui me touchent.

 

Arrivé sur place, je ne me suis pas reconnu, ni à travers les Indignés présents, ni à travers la politisation des débats.

 

Arrivé sur place, j'ai alors tourné la tête de l'autre côté de la rue, en direction du majestueux Palais des Nations, et j'y ai vu deux agents de police en faction. D'autres se trouvaient à quelques mètres de là, en attente vers un fourgon, tel du bétail. Je me suis alors demandé si eux étaient indignés de se trouver ici, probablement sur un de leur jour de congé, juste pour servir une démocratie qui ne les écoute plus.

 

Je n'ai pas trouvé la réponse à cette question, mais j'ai aussitôt quitté les lieux, indigné !

 

Walter Schlechten, habitant de la Croix-de-Rozon.

 

 

12/10/2011

La police de proximité, autrement !

Depuis des années j'observe mes amis policiers exercer la police de proximité, selon la doctrine imposée, selon les moyens à disposition, selon les quartiers, selon les objectifs, selon les affinités personnelles, selon les possibilités, selon les liens tissés, selon les courants politiques.

 

Individuellement, à Genève l'îlotier de proximité de gendarmerie bricole, il réinvente, il suggère, il propose, il arrange, il subit aussi. D'homme de liaison il est devenu l'homme de référence, le lien, le seul bien souvent entre la population, les associations, les entreprises, les autorités et la police de quartier. Un homme seul qui trop souvent n'a pas les réponses aux questions déposées. Il a bien son idée sur la question, mais si celle-ci n'est pas partagée par ses collaborateurs, sa hiérarchie ou les priorités politiques du moment, il reste isolé face aux interrogations de ses partenaires en lesquels il s'identifie.

 

Pourtant, à lui seul il dispose d'une vision complète de la situation, du tableau social qui l'entour allant des besoins populaires qu'il récolte, des problèmes relevés et parfois des solutions envisagées par de bonnes volontés.

 

Il observe aussi les doublons inutiles, les réunions futiles, les discussions inabouties, les évaluations minaudées, les rapports lissés, le manque d'engouement de certains, le trop plein d'autres qui s'engagent sans compter.

 

Il remarque l'évolution d'une commune, d'un quartier, d'un parc, d'une rue, d'un immeuble, d'une arcade, d'un squat, d'une cave, d'une association, d'une ethnie, d'une famille, d'un groupe, d'un couple, d'une femme, d'un enfant, d'un vagabond, d'un être désocialisé.

 

La proximité est avant tout un comportement avant d'être une doctrine. Elle est l'affaire de tous en portant un regard nouveau envers l'autre, envers l'inconnu, envers l'étranger, envers le vieux, envers le jeune, envers le riche, envers le pauvre, envers l'isolé, envers l'abandonné, envers l'agressé, envers la victime, envers le lésé, avec le droit d'aider et de stopper, d'agir et de prévenir, de signaler et d'anticiper, de parler et de s'exprimer car sur le fond seul le langage rapproche réellement les hommes au-delà de ses différences.

 

Aujourd'hui, il est temps que le policier îlotier, pédiatre des maladies infantiles de notre société, devienne un spécialiste du lien de proximité, un réel coordinateur, tel un guide placé au carrefour de la misère humaine, de l'insécurité, de l'Etat social et de la population désabusée.

 

La route est encore longue, mais à vous, mes amis îlotiers je vous le dis, ne baissez pas les bras mais ouvrez les à un avenir nouveau que j'espère deviner au loin.

 

Walter Schlechten, habitant de la Croix-de-Rozon.

 

13/08/2011

"Manon, le nouveau monde"

« Mon prénom est Manon. Je suis née à la Clinique des Grangettes le 9 août 2011 à 0557. Selon la formule consacrée, je vais bien, je mesure 41 cm et pèse 3'500 grammes.

 

Demain je vais rentrer chez moi, chez nous. J'ai des parents formidables. Maman est une perle, elle me parle toute la journée, même la nuit parfois, et papa tourne en rond comme un avion, comme s'il ne savait pas où atterrir. En trois jours j'en ai vu passer des visites, que des gens que je ne connais pas. Certains vont m'accompagner tout au long de ma vie, mais d'autres je ne les reverrai probablement jamais. Ils sont tous adorables, sauf quand ils me parlent avec des bruits bizarres, que je ne comprends pas. Mais bon, ils ont le sourire, c'est le plus beau des cadeaux.

 

Par contre, je me demande où je suis arrivée, dans quel monde on vit, car si tous ces adultes adorent me faire des grimaces dans les premières minutes, ils parlent rapidement de leurs soucis, comme si je n'étais pas là. J'ose croire que tout n'est pas aussi sombre dehors, car ce n'est pas dans ce monde là que j'ai envie de grandir.

 

Voyez plutôt :

 

  • Un homme a été retrouvé à Annemasse avec une balle dans la tête, c'est un meurtre mais selon mamie Jeannine il n'est pas mort tout de suite.
  • Énormes incendies en Espagne, des centaines de personnes évacuées, dont la cousine de Juan.
  • Il y a eu cinq morts dans des émeutes à Londres, Gérard a annulé son vol Easy-Jet prévu la semaine prochaine, ils iront à Rome à la place.
  • Un avion s'est écrasé en Russie, 123 morts, dont un grand sportif que connaissait Laurent.
  • L'appartement de Marie a été cambriolé le week-end dernier, tous ses bijoux ont disparus.
  • Antoine se demande s'il ne va perdre son emploi, car l'ambiance n'est pas terrible à la banque actuellement à cause de la bourse.
  • Julien lui explique qu'un trader s'est suicidé la semaine dernière après la ruine de ses clients.
  • Dans la Corne d'Afrique, 12 millions de personnes risquent de mourir de faim si l'on ne fait rien. Tante Sophie a versé CHF 50.- à la Chaîne du Bonheur pour apporter son aide.
  • La maman de Patricia, une collègue à maman, a un cancer.
  • Selon Adrien, l'accident de la centrale de Fukushima aura des répercussions sur le nombre de cancer, même en Europe.
  • Philippe est dégoûté car l'armée tire sur la foule en Syrie, il y aurait trente morts par jour.
  • Judith s'inquiète car la varicelle est entrée à Champ-Dollon, où travaille son mari.
  • Stéphane va divorcer, il n'aime plus Caroline.

 

Enfin, comme dit papa tous les soirs en quittant la chambre de maman : et surtout ne te fais aucun souci, y a pas de problèmes, y a que des solutions dans la vie. »

 

Manon, une petite fille du nouveau monde.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

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09/08/2011

Lettre à Clémence !

« Chère Madame,

 

Si me permets de vous écrire ce soir, au son des mes mots, c'est pour trouver en vous une résonance à mes pensées. Qui mieux que vous sait nous observer du sommet de la tour nord, tout en regardant le temps qui passe et les minutes qui s'écoulent, sous la bise ou le vent, sous la pluie ou au firmament des lueurs du soleil, voire de la lune.

 

Je ne suis pas centenaire comme vous, loin de là, mais depuis quelques années j'observe aussi ma ville, mon canton, ses citoyens et ses décideurs. Si ces derniers ne savent plus sonner le glas à la lecture des chiffres ou lors des tempêtes, ils ne trouvent pas non plus les solutions aux problèmes rencontrés, presque ignorés car dissimulés.

 

Pourtant, au jour le jour nous ne nous retrouvons plus en cette société genevoise, que d'aucuns ont pourtant servi, au prix de leur vie parfois, laissant leur nom dans l'histoire, et en nos murs souvent. Un historique galvaudé par l'abandon de nos valeurs. Mais Genève n'est-elle pas devenue ce qu'elle est le siècle passé grâce à celles-ci ?

 

Genève perd son âme, son identité, sa culture, sa joie de vivre et son patrimoine. Genève est devenue gourmande, mais ce péché a un prix exorbitant, celui de l'argent et des envieux.

 

Pourtant, nous avons l'eau et le feu, les montagnes et les neiges éternelles, du poisson et des bisons, des vergers et des champs, des chemins et des routes, des écoles et des cantines, des parcs et des promenades, des monuments et une cathédrale mythique.

 

Je n'aime pas la direction prise pour l'avenir, nous nous égarons, abandonnons nos repères et sacrifions nos valeurs sacrées pour mieux plaire. Mais à qui, à quoi, je vous le demande ?

 

Chère Clémence, vous qui sonnez juste depuis si longtemps, n'avez-vous pas les mêmes craintes que moi ? Pire encore, il se pourrait que l'on vous sacrifie prochainement vous aussi, sachant que les derniers bastions de la fin du vingtième siècle tombent un à un aujourd'hui, même en vieille-ville.  

 

Votre prénom résonne en nos cœurs comme un chant, celui de la liberté, de la défense de nos valeurs, de nos croyances, mais de nos espoirs surtout. »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

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05/08/2011

"Il est en moi, mais ce poison va m'aider à vivre"

"Je ne l'avais pas oublié, mais en trois semaines je m'étais habituée à lui, il était presque déjà devenu mon allié, même s'il s'était dissout avec le temps. Passées les premières réactions, le choc et les nausées, j'avais dû me résoudre à admettre qu'il allait falloir vivre avec ce poison que l'on m'administre. Ce soir, pour ce deuxième traitement, il est à nouveau là, il pénètre dans mon corps, goutte à goutte, suspendu au dessus de ma tête. Ce qui est terrible, c'est que ce poison, si nocif pour mes cellules, est pourtant mon seul ami face à la maladie qui me ronge.

Telle une cérémonie, cette perfusion va durer 20 heures. Pas de mélange, l'un après l'autre les produits vont se succéder pour donner l'alchimie attendue, recherchée, espérée. Ce n'est pas d'être alitée qui est difficile actuellement, mais de voir que mon corps change, réagi, se transforme et porte maintenant les stigmates de la maladie. La perte de mes cheveux a été une épreuve. Un symbole de féminité qui disparaît. Ils vont repousser comme me le dit mon fils, mais ma sensibilité est atteinte, l'image est troublée, tout comme mon regard par quelque larmes.

Il y a deux mois j'allais bien, je perdais un peu de poids, ce qui ne me déplaisait pas, tout en ayant simplement du mal à avaler certains aliments. Il y a deux mois j'étais en vie, on me donnait bonne mine et j'allais de l'avant.

Depuis un mois, ma vie a changé, elle s'est raccourcie, elle s'est endurcie, elle s'est révoltée. Pourtant, je n'ai pas envie de baisser les bras, pas encore. Ma famille est là, les médecins aussi. Ensemble nous allons avancer, jour après jour, semaine après semaine. Pas de projet, juste l'espoir que demain sera meilleurs qu'aujourd'hui. Pas de rémission, juste vivre avec et parcourir ce chemin de vie pas à pas.

De la force j'en ai, j'en donne et j'en procure, les épreuves seront pénibles, j'en suis consciente, mais il me manque parfois de l'énergie. Ce combat, cette lutte contre la maladie sont épuisants. Le traitement l'est encore plus paradoxalement. J'arrive à me persuader que si je souffre ainsi, mes cellules indésirables elles succombent, une à une, sans proliférer.  

Je ne vais pas me plaindre, je trouve souvent que mes compagnes de chambres sont bien plus malades que moi. Un miroir que je ne veux pas encore affronter, car tel n'est pas mon destin. Je me battrai, je vais lutter, mais je n'irai pas au-delà de mes possibilités. La souffrance humaine à des limites que l'on doit respecter. Mieux vivre je veux bien, vous quitter paisiblement je l'exige. "

Carpe Diem Maman.

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

 

 

 

17/07/2011

"Le miroir brisé"

« Je m'appelle Max, je suis né et j'ai vécu dans le quartier de Saint-Jean, mais actuellement je passe toutes mes journées devant la gare de Cornavin. A 63 ans je n'ai plus aucun revenu, je me suis retrouvé au chômage il y a huit ans, puis à l'aide sociale. Il y a deux ans j'ai eu honte de n'être qu'un assisté, j'ai tout laissé tomber, mais depuis j'ai aussi tout perdu. Une histoire qui peut vous arriver demain, tel un cancer, même si on n'ose y croire au quotidien.

 

Après mon licenciement, mon épouse a supporté un an notre situation familiale, ma dérive financière et mes colères alcoolisées. Elle m'a quitté comme on laisse un fardeau sur le bord du chemin, pour mieux avancer, pour ne pas tomber avec lui, pour survivre probablement. D'entretiens d'embauches à mes débauches alcooliques, impossible pour moi de retrouver un travail. J'ai bien vite compris que je ne serai plus jamais un ouvrier comme les autres, un employé, un salarié. Elle aussi l'avait compris, d'ailleurs je ne voulais pas l'entraîner dans ma chute sociale, je ne l'ai pas retenue.

 

Avec une formation dans un métier en déshérence, le vieux cordonnier que je suis n'a eu aucune chance de réussir une reconversion, surtout à mon âge. La faute à qui, à quoi ?

Des institutions noyées sous les demandes, fossilisées dans les lois et les règlements d'application, par le droit, par la gestion administrative des dossiers, oubliant trop souvent l'humain à la porte de l'office. Le chômage c'est comme une maladie, plus elle est longue, moins il est facile d'en guérir.

 

Les factures, les dettes, les impayés, les poursuites, l'évacuation de mon logement, la saisie de mes biens, le tout accompagné de la maladie, la dépression et enfin l'alcool qui devient si vite votre meilleurs ennemi. Il faut dire qu'une fois en rue, la solitude, le froid, la faim, la honte, la douleur demeurent vos seuls compagnons.

 

Le réseau social est quasi inexistant après. Vos proches et vos amis vous oublient, vous chassent parfois, alors que les organismes d'entraide sont bien plus efficaces pour les requérants d'asile que pour nous, les exclus sédentaires.

 

J'ai bien dormi durant quelques semaine dans un foyer d'accueil ou à l'asile de nuit, mais cette vie communautaire n'est pas saine, elle nous noie dans la masse, elle engendre l'habitude et l'effet miroir qui se doit de nous bousculer disparaît à son tour. L'indépendance d'une couche, dans un parc, dans une cave ou un parking reste une des rares libertés où nous nous donnons le choix, celui de garder un peu d'intimité et de dignité. Manger un peu, trouver de l'argent pour acheter le liquide divin, un brin de toilette alors même que les wc publics disparaissent tour à tour, tel est mon quotidien.

 

Heureusement, ce matin comme tous les jours je ne suis pas seul, d'autres exclus sont là, à notre rendez-vous de l'aube. Il y a José, l'ancien chauffeur poids lourds, Marcel, l'ex ouvrier de chantier, Paul, un écrivain qui n'a jamais publié et Izmir un vieux turc qui a fait tous les petits boulots du monde. Nos parties de cartes nous donnent l'impression que les journées sont moins longues. Elles créent aussi un lien social, aussi éphémère qu'il soit mais tissé autour du partage d'un morceau de pain ou d'une bouteille de gros rouge. Nous sommes de gentils clodos, on ne vole pas, on ne mendie pas, on n'escroque pas, on range nos déchets la journée terminée pour ne pas gêner. Mieux encore, on ne demande plus rien car l'on n'espère plus grand-chose.

 

Demain est un autre jour, mais si vous passez devant la gare et que vous nous y croisez, ne détournez plus la tête, mais regardez nous tel un miroir d'une société où demain c'est peut-être votre reflet que vous y verrez. »

 

Walter SCHLECHTEN, habitant La Croix-de-Rozon.

13/07/2011

"Au carrefour de la vie"

« Il est 3 heures du matin, impossible de dormir, ni même de trouver le sommeil. Alors que je suis allongé dans mon lit, mon cœur bat à nonante pulsations minutes depuis plus de deux heures.

 

Les idées noires se bousculent dans ma tête, je ne les maîtrise plus, alors que des idées sombres laissent une larme s'écouler le long de ma joue. Ce n'est ni la première, ni la dernière. Il n'y a aucune honte à pleurer, à se laisser aller, mais je lutte encore.

 

La peur de perdre un être aimé n'a pas de frontière, même si par pudeur je me cache un peu en tournant le dos à mon épouse pour dissimuler cette larme.Pourtant elle a compris la situation. Sa main, délicatement posée sur ma hanche, dépose une caresse douce, légère, affectueuse, aimante et compatissante dans un silence de cathédrale. Elle aussi ne dort pas, elle subi mes tourments mais les comprends, car elle a connu ces instants terribles où l'avenir incertain d'un proche devient une brûlure presque égoïste.

 

 

Vouloir être fort pour qui, pour quoi ? Devant l'injustice de la maladie et les démons qui rongent nos proches, il y a des émotions que l'on ne retient plus. Je me lève et m'en vais pleurer au salon, à la recherche de l'obscurité d'une intimité, solitaire et pudique.

 

Il y a des minutes dans la vie où tout devient relatif, où le sens de nos valeurs est bousculé. L'humain reprend alors toute sa place à travers l'amour porté et la peur de perdre quelqu'un.  On s'en veut un peu d'être aussi faible, alors qu'hier encore nous étions l'épaule sur laquelle se reposer, là nous sommes impuissants. Comment faire pour aider, accompagner, soulager ?

 

Et puis il y a le courage rencontré, celui de la malade, de celle qui pourtant peut tout perdre mais qui se refuse à baisser les bras, pas maintenant, pas comme ça. Un courage digne et emphatique, elle ne veut pas voir ses proches souffrir. Elle pense d'abord aux autres à la place de se plaindre. Ne pas abandonner sa famille, ne pas la laisser dans une situation où tout n'aura pas été réglé.

 

Le courage aussi de mettre des mots sur des symptômes, de prononcer des paroles simples mais lucides sur la maladie, sur le présent, sur le futur. Comment a-t-elle trouvé une telle force intérieure, je me le demande, alors qu'il lui faudra demain déjà commencer la lutte contre ce mal sournois qui la ronge.

 

L'instinct de survie et l'amour porté aux autres lui donne ce courage et cette force. On peut le lire sur son visage, la voir dans son regard. Ne pas se résigner, mais vivre avec la maladie, en faire une compagne d'infortune à la place d'une ennemie, même si la colère gronde et que la souffrance de cette injustice demeure.

 

Si nous nous n'envisageons que le pire, elle, s'est donné comme but de prolongé la vie. Elle nous montre ainsi le chemin à suivre. Aller de l'avant, sans se retourner sur les causes avec des « si » improbables ou des « là » incertains.  

 

Elle, c'est une mère, une femme qui a donné la vie. Elle nous a accompagnés, protégés, adorés, choyés, soignés, lavés, éduqués et conseillés. Elle nous aime tout simplement.

 

Elle c'est aussi la force d'une femme qui ne veut pas partir sans terminer son parcours, car au carrefour de l'amour il y a encore l'espoir d'y rencontrer, avec l'aide de ses proches, un nouveau chemin de vie, une route nouvelle à baliser. »

 

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

"On t'aime maman !"

 

 

 

21:11 Publié dans Femmes, Histoire, Lettres, Résistance, Solidarité, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

08/05/2011

Stéphane Guillon, ou la méchanceté au service de la liberté d’expression, et de la vengeance !

Samedi soir, théâtre du Léman, il y avait Dieu, les riches et les pauvres, DSK et BHL, les handicapés, les détenus de prison, les japonais irradiés, les morts et les vivants, il y avait surtout Stéphane Guillon et Nicolas Sarkozy.

 

Un duel à distance gagné haut la main par l'humoriste. Certes, la vengeance, à travers un spectacle nommé Liberté Surveillée, est un plat qui se mange froid, mais là le show était chaud.

 

Pas de langue de bois, ou si peu, et des attaques précises comme une décision ministérielle. On peut ne pas aimer son ennemi, mais de s'attaquer à la liberté d'expression, par des moyens de pression, n'aura pas été la plus maligne des décisions du Petit Nicolas. L'effet boomerang n'aura pas été long à attendre.

 

Le public, conquis par la victimisation de l'humoriste et comblé par sa prestation, a lui aussi vite choisi  son camp, même si une ou deux galéjades sont restées douteuses, dans l'ensemble personne ne souhaitait couper le micro du provocateur.

 

Un genre d'humour qui manque en Suisse, à Genève, où la Revue pourrait s'en inspirer pour rendre plus tranchant son spectacle prochain. Ne jamais oublier que l'on peut rire de tout, mais qu'il faut y mettre la manière.

 

Stéphane Guillon y est parvenu, sans compromission politique, sans retenue, laissant le rire prendre le dessus sur la gêne furtive du ressenti. Un humour rare et craint car si loin des banalités.

 

J'en veux pour preuve qu'en fin de spectacle, Guillon nous faisait remarquer que si son spectacle venait à durer nous raterions Eric Zemmour sur la 2. Belle provocation, sans savoir si les deux hommes s'apprécient assez pour un mariage mixte, même si Guillon le fait rire et que Zemmour adore son côté rebel. Selon lui, Guillon c'est un mutin de panurge, un curé de la nouvelle pensée dominante. J'adore l'image.

 

Et comme le dit si bien Eric Naulleau, de qui vient le véritable scandale, du messager de l'humour ou de celui qui est à l'origine de la mauvaise nouvelle.

 

A la sortie de ce spectacle, j'aime à dire qu'il ne faudrait jamais perdre sa liberté d'expression, mais juste son innocence. 

 

Minet

 

11/04/2011

"Le Sourire"

« Depuis des mois je vais lui rendre visite avec ma douce, le dimanche en général. Je l'appelle Madame, elle me dit vous. C'est la maman de cœur de ma compagne, elle fut sa nounou mais aussi sa lumière. Ensemble, on partage toujours un repas dans un restaurant chaleureux.

 

J'observe alors ces deux femmes si proches et je devine que l'une a éclairé le chemin de vie de l'autre, à travers une éducation d'une époque révolue, mais souvent regrettée. Il faut dire qu'une femme qui vous a élevé durant tant d'années ne s'oublie pas si facilement, et quelle femme.

 

Elle a 96 ans, bientôt 97, valaisanne de cœur et solide comme un rocher suspendu au dessus du temps qui passe. Certes elle vieilli, son visage est marqué et sa démarche fragile, mais ses rides sont de beauté et son pas d'une sagesse certaine. Elle trouve le temps long et estime qu'elle n'a plus grand-chose à faire sur cette terre. Elle attend irrémédiablement la fin, ce départ qui se fait attendre alors qu'elle est prête, résignée sûrement, lucide évidemment.

 

Elle qui a connu presque un siècle d'histoire, de travail, de voyages, de rencontres, de découvertes, de lectures, de guerres mais d'amour aussi. L'amour de tous ces enfants de grandes familles qui sont un peu les siens aujourd'hui. Elle ne revendique pas cette situation, mais ce sont ces mêmes garnements qui la lui accordent avec tout leur amour aujourd'hui.

 

Ma douce en est une parmi d'autres. Mais ce lien est fort, puissant, il se lit dans leurs yeux, il se voit dans leurs étreintes discrètes d'une main vers l'autre. Alors, par amour mais aussi pas don de soi, j'accompagne ces dames et je partage leurs échanges. Des souvenirs que je n'ai pas, des images que je ne connais pas, des instants partagés oubliés mais si vite remémorés que je devine. J'écoute, je découvre, j'admire.

 

Mes yeux aiment cette vieille dame, elle est un peu mes grand-mères disparues, de ces femmes que l'on écoute, car intelligentes et franches. La vie n'a pas toujours été simple pour elles, mais elles ne regrettent jamais rien, elles ont bien vécu comme elles aiment à l'affirmer.

 

Et moi, j'aime vivre ces moments partagés avec cette belle personne. Elle donne de l'amour et en reçoit de ma femme de cœur. Ce qui est certain, c'est que nous ont lui apporte un rayon de soleil qui illumine à chaque visite son visage et qui lui redonne, pour un instant, l'envie de vivre, d'avancer, juste pour le plaisir de nous revoir dans une semaine. Ce lien affectif semble bien fragile mais tellement infini qu'il en devient intemporel.  

 

C'est avec un visage radieux qu'elle nous quitte à la fin de nos visites, fatiguée aussi en retournant dans sa chambrette, avec tous ces « vieux » qui eux ont un peu perdu la tête. Et nous, c'est avec impatience que l'on souhaite revenir au plus vite pour la retrouver et continuer à parcourir, en sa compagnie, ce grand livre de la vie illuminé par ses sourires. »

06/04/2011

Ville de Genève, dix candidats pour cinq choix !

J'ai une chance énorme, celle de ne pas habiter Genève Ville. A Croix-de-Rozon, sur la commune de Bardonnex, nos élus en place vont être réélus sans aucun doute. Ils s'investissent pleinement, avec satisfaction et pour le bien de notre population.

 

Par contre, en Ville de Genève, vous vous retrouvez avec dix candidats pour cinq sièges. Qui choisir, pour quelles raisons, pour quel avenir ?

 

Petite analyse d'un suburbain :

 

Rémy Pagani, Ensemble à Gauche ;

 

N'a pas la prestance ni les compétences des idées, homme de gauche ne sait pas s'ouvrir aux choses nouvelles, est resté bloqué au vingtième siècle, sans vision d'avenir, ni pour la population genevoise, ni pour la gauche.

 

Sandrine Salerno, Parti Socialiste ;

 

Dit tout et son contraire dans la même année, issue de la gauche caviar n'arrive pas à revenir aux véritables valeurs du socialisme, oublie un peu d'être proche des gens, joue un peu trop sur la fibre féminine en politique.

 

Sami Kanaan, Parti Socialiste ;

 

Homme de gauche, fermé et utopique, mais fidèle à ses valeurs. Pourrait devenir l'étendard du parti socialiste genevois, mais n'a qu'un défaut, il est un homme. Il verra donc sa route barrée par la femme socialiste, et par l'effet Fukushima qui pourrait propulser une élue verte en politique.

 

Esther Alder, Les Verts ;

 

Inconsistante, fragile mais sensible, l'écologie dans toute sa faiblesse, mais une image qui va parfaitement bien s'accoupler avec l'effet Fukushima. Sera probablement élue contre toute attente, mais au détriment de qui, là est la véritable question de son élection.

 

Michel Chevrolet, Parti Démocrate-chrétien ;

 

Souffre de son image d'homme public, souffre de son image tout court. Homme de cœur mais fin stratège, anime les véritables valeurs du PDC mais n'est pas entré en politique par la bonne porte. Pourrait créer la surprise dans un schéma trois de gauche deux de droite, qui sait, y a pas le feu au lac, et il a le temps pour lui car la politique n'est-elle pas tout sauf un long fleuve tranquille.

 

Pierre Maudet, Parti Libéral-Radical ;

 

Ne devrait pas souffrir de la fusion contre nature de son parti à Genève. Véritable homme de politique, arrive probablement à un stade important et devra revoir ses objectifs personnels et politiques dans 4 ans. Au bénéfice d'un bilan très positif, pourrait rebondir à la culture.

 

Florence Kraft-Babel, Parti Libéral-Radical ;

 

Sera victime du succès attendu de Pierre Maudet, des non résultats d'Isabel Rochat et de son manque de charisme. Hésitante tout en tenant un discours libéral très fermé, n'apporte pas l'image d'une ouverture d'esprit suffisante pour un exécutif, un peu à la méthode de Pierre Weiss qui s'enferme dans ses idées. Pourrait se trouver dans le wagon Mauder, mais ne sera jamais une locomotive.

 

Eric Bertinat, Union Démocratique du centre ;

 

Très froid et si peu inventif, n'a pas su convaincre comme député, n'a pas l'esprit de Genève qui souffle en lui, victime de la déroute d'une UDC genevoise sans image, sans valeur, sans résultat mais en pleine restructuration. Trop tôt pour l'UDC, trop tard pour Bertinat.

 

Soli Pardo, Mouvement Citoyens genevois ;

 

Homme intelligent mais englué dans les boues de l'UDC. N'est pas porteur d'une image positive, mais pourrait devenir un lion dans la contestation genevoise. Un vote contestataire pourrait lui être favorable, sauf que les électeurs sont comme certains élus, de véritables girouettes.

 

Carlos Medeiros, Mouvement Citoyens genevois ;

 

Le Velasco du MCG, pourrait bien bénéficier de l'effet 3èmegénération en Ville de Genève en prenant des voix à la gauche. Image sympathique mais insuffisante pour l'exécutif, sauf que Pagani avait la même et il a été élu il y a quatre ans. La surprise pourrait venir de lui, enfin, de son élection.

 http://static.tdg.ch/Evenement-001.pdf

Faites vos jeux, rien ne va plus, à Genève la roulette tourne déjà !

 

Minet.