11/09/2016

Une étoile nommée Utopie !

 

Nuit paisible, je suis allongé sur ma chaise longue de jardin. Comme tout cet été, elle est installée sur mon balcon situé au deuxième étage, dirigée plein Ouest, face aux crépuscules qui jamais ne se ressemblent. Tel un tableau imaginaire, tous les soirs c’est un feu d’artifices de couleurs, de lueurs, de reflets, d’ombres aussi qui animent l’horizon.

 

Comme je suis en vacances, je savoure le temps qui passe, le chant des oiseaux, des bruits sombres qui émanent de la forêt toute proche. Je me dis que le bonheur est là, que j’ai une belle vie, que depuis un demi-siècle j’ai de la chance, je suis serein, reposé, calme, détendu, je suis en harmonie avec moi-même, j’ai 50 ans. Le ciel est noir, des nuages cotonneux à la lueur de la lune viennent rafraichir la nuit, les étoiles jouent à cache-cache, une seule brille, elle semble perdue, elle semble réfléchir.

 

Ça c’était pour le tableau idyllique, ce que je me raconte pour survivre, pour avancer, pour mieux oublier parfois nos réalités qui m’inspirent. Face à elles, au fond de moi brûle une grande colère, elle se nomme Injustice, elle se prénomme Révolte. En fusion, elle est nourrie du présent et du passé, elle se voudrait le garde-fou de notre futur, de notre avenir, celui de demain déjà.

 

Pourtant me direz-vous je n’ai pas de quoi me plaindre, vous connaissez tous ma situation, ma vie, mes joies et mes plaisirs, je ne cache rien, où si peu, juste ce que vous ne pouvez voir à l’œil nu, ce que j’ai emprisonné au plus profond de mon cœur, de mon âme. Sauf que ce n’est pas pour moi que j’écris ce soir, mais pour nous, pour vous, pour ceux qui demain devront vivre dans ce monde qui perd trop rapidement toutes ses valeurs, qui noie ses croyances dans le lit de la rivière laïcité, un monde du pouvoir et de l’argent qui assassine par procuration, la mondialisation est son nouveau modèle, la politique en est son maître.

 

Trop de guerres

Trop de famines

Trop de maladies

Trop de misères

Trop de morts

Trop de dictatures

Trop de démocraties

Trop de dieux

Trop de pouvoirs

Trop de manipulations

Trop de communications

Trop d’inégalités

Trop d’injustices

Trop d’ignorance

Trop d’arrogance

Trop d’hypocrisie

Trop d’intérêts

Trop de faux semblant

 

En résumé, nous vivons dans un monde qui accorde trop de responsabilités à si peu d’hommes, ces mêmes responsables qui sont devenus incapables d’écouter le peuple, de se retrouver autour d’une table, de revenir aux fondamentaux, de fuir les trafics d’influence, les dogmes, l’argent et le pouvoir pour simplement s’en tenir aux réels besoins des humains, de la planète.

 

 

Il nous faut redessiner la politique, créer celle de demain, celle du mieux vivre ensemble. Elle se devra anticipative, participative, attentive, créative, solidaire et crédible car pragmatique. Redessinons aujourd’hui nos valeurs de demain, chassons la cupidité des hommes et adoptons la culture du bon sens, celle de l’écoute, du partage, de l’accueil, de la compréhension, de l’égalité, celle des droits humains tout simplement.

 

Une autre étoile apparaît, elle semble discuter avec la première, la lune en rigole. Le soleil lui se repose à l’autre bout de la terre, préparant déjà son prochain crépuscule.

 

Minet.

 

 

02/01/2013

Putain de vie !

« Putain de soirée de ouff que je viens de passer. Alors que je me dirige vers le parking, la musique résonne encore en moi, mon cœur bat aux rythmes des basses qui ne me quittent plus. Les shoots de Tequila absorbés n’y sont probablement pas pour rien non plus, boum, boum, boum … Faut dire qu’on n’a pas bu que du petit lait ce soir avec mes potes. Les pires ce sont les gonzesses, elles ne savent pas s’arrêter avec les petits verres, l’ivresse à en vomir, comme Coralie tout à l’heure. Elles provoquent mais ne supportent pas aussi bien que nous, les mecs.

 

Putain, je me les caille sur ce parking et je ne trouve plus mes clefs qui étaient dans la poche de mon blazer. Déjà que la tête me tourne, je n’aurais pas dû mélanger, ni fumer ce joint qui tournait et là faudrait pas que je prenne froid. Mais bon, c’est la fête, ce n’est pas tous les samedis soir comme ça, heureusement pour mes finances et mon pauvre foie. Je crois même que je vais dégueuler si je ne me retrouve pas très vite assis dans ma bagnole. Ah voilà, la clef magique de Titine qui va me ramener à la maison, sans passer par le Start j’espère. Soirée de ouff mais je rentre seul, la Nadia n’a rien voulu entendre, elle n’était pas chaude, pas autant que moi. 

 

Putain, je ne sais pas comment je vais rentrer, mais c’est exclu que je laisse ma tire sur ce parking de loosers. Et hop, Titine démarre toujours du premier coup, magnifique. Faut dire qu’avec ses jantes sport et son kit avant, elle en a de la gueule Titine. Je vais la faire rugir un peu d’ailleurs, même à froid elle supporte. En plus, avec elle je vais ouvrir et mettre moins de quinze minutes pour arriver à la casa, trop cool ma bagnole.

 

Putain de nuit, demain ça va être bain chaud et thé froid pour faire passer tout ça, et après dans le canapé et devant la télé. Je ne sort pas, même si mes loosers de potes m’appellent. De toute façon ils sont aussi déchirés que moi. Même Julien a pris une mine, il est parti avant tout le monde, tout juste s’il n’a pas appelé maman à la place de Nez Rouge. Looser, on ne laisse pas sa caisse dans un parking, moi Titine c’est sacré et personne d’autre n’en prend le volant.   

 

Putain de fiesta, faudra que je la raconte à Miguel, ce con à la grippe et n’a pas voulu sortir, il a tout raté. Quand je pense à la troisième alignée de Tequila boum boum, dix petits verres qui nous attendaient pour une nuit de ouff, on est des Kings. La dernière mine que j’ai pris comme ça c’était à l’anni de Fred, tout à la Vodka pomme, du délire aussi. Faut dire que mes potes et moi on est les rois des bottelons improvisés. Tiens, hier soir avant d’arriver à la boîte c’était à la Super Boc qu’on s’est chauffés. Deux packs de six et des culs secs du diable, Pedro est le plus rapide à ce petit jeu, pas une goutte à côté. Si demain matin j’ai pas mal à la tronche, c’est un miracle.

 

Putain de route, pas un chat, trois voies pour moi, ouvre Titine, ouvre, la musique à fond, c’est un rodéo à la Gangnam Style qui commence, c’est une soirée de ouff.

 

Putain de vie, à moi ce soir il ne peut rien m’arriver ... Gen'vois staïle.»

 

Walter Schlechten, un habitant de La Croix-de-Rozon. 

 

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13/12/2012

"Le prix de la liberté"

"J'ai 18 ans, je me prénomme Adriu et je vis dans la rue. Je suis originaire de Roumanie, mais ce pays qui m'a vu naître n'est pas le miens. J'y suis considéré comme un apatride, un moins que rien, même les chiens y sont mieux traités que moi.

 

Je suis arrivé à Lausanne il y a six semaines, suivi de compagnons d'infortune. Tous nous sommes venus en camionnette. Tous nous avons payé très cher ce voyage pour la Suisse, plus de mille Euros qui nous ont été avancés, plus de mille Euros que nous devons rendre, jour par jour, pièce par pièce. En cas de non paiement, c'est la sanction, les insultes, les menaces, les coups aussi.

 

Trois possibilités s’offrent à moi pour gagner de l'argent afin d'éteindre cette dette infernale. Sachant que je ne trouverai pas de travail ici, il me reste le vol, la mendicité ou la prostitution.

 

Je suis piètre voleur, pas discret pour un leu et donc incapable de jouer au gredin. La mendicité, je la laisse à nos femmes et aux plus jeunes, eux aussi doivent gagner leur vie et je ne veux pas leur enlever le pain de la bouche. Reste la prostitution, je m'y adonne depuis deux semaines.

 

Au début, je ne savais pas trop comment m'y prendre, ni où aller pour trouver des clients. Un jeune garçon prénommé Ion, qui vit à Lausanne depuis deux ans, m'a parrainé. Un système bien rôdé, un rituel connu et des pratiques reconnues. Les clients sont friands de nos prestations et nos tarifs sont plus bas que ceux des jeunes maghrébins.

 

La police, elle, se contente de chasser les voleurs, pas les "petites putes". Faut dire que si nous sommes visibles nous savons devenir discrets. Pas de racolage direct, pas d'esclandre, pas d'échange d'argent en rue. Le contact c'est le client qui le provoque. Un café par ci, un sandwich par là, on discute un peu et après on va chez lui généralement.

 

Ces hommes assez âgés sont seuls. Souvent ils n’ont plus de famille, ils ont été rejetés par celle-ci et par la société. Je vois dans leurs yeux qu’ils cherchent aussi de la tendresse, leur générosité en petits cadeaux en témoigne.

 

Ce n’est pas une vie, mais pour l’instant impossible pour moi de quitter ce cercle vicieux. En plus de l’argent que je dois rembourser, il me faut économiser pour le retour au pays, pour ma famille restée là-bas. Je pensais rester deux mois ici, mais mon séjour va durer le double au minimum.

 

Si j’ai honte … Honte de quoi, de vendre mon corps, de vivre en rue, de porter les vêtements des autres, de partager mon repas avec les miens, d’abuser de la générosité de mes clients .. Non .. J’ai juste honte que mon pays ne reconnaisse pas tous les droits qui nous sont dûs, à nous les Roms." 

 

Walter Schlechten, un habitant de La Croix-de-Rozon. 

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25/11/2012

Petite leçon d'humilité

« Ce matin, le docteur m’a expliqué que ma maladie était très grave, que ni lui ni la médecine ne pouvaient lutter contre et que le temps ne jouait pas en ma faveur. Il m’a encore raconté, en me parlant très doucement, comment cette même maladie allait m’enlever la vie dans les semaines qui arrivent.

 

Moi, je n’ai que huit ans, je ne suis qu’une petite fille qui n’a jamais demandé à tomber malade, je ne l’ai pas fait exprès d’ailleurs. Je n’ai rien fait pour et mes parents m’ont même dit que ce n’était de la faute à personne, que cette maladie était juste sournoise.

 

Je ne sais pas ce que veut dire sournoise, mais ce que je sais c’est que mon ventre et mon dos me font mal, que j’ai des migraines toutes les nuits, que je ne peux plus manger ce que je veux et que les repas qui me sont destinés à l’hôpital des enfants ne sont pas terribles. Je sais aussi que je maigris, que je perds du poids et que cela va continuer. Je risque même de perdre mes cheveux dans quelque temps selon la petite fille qui partage ma chambre.

 

L’autre jour, j’ai vu ma maman pleurer alors que les visites se terminaient. Elle venait de m’offrir les plus beaux sourires, les plus beaux je t’aime, les plus belles caresses. Elle voulait me rassurer et m'offrir tout son amour m’a expliqué le docteur mais moi je crois que c’est elle qu’elle voulait rassurer. Je ne veux pas voir mes parents tristes, je ne veux plus voir de larmes sur leurs joues, je ne veux plus qu’ils souffrent à cause de ma maladie et chaque fois qu’ils discutent avec les médecins.

 

Ce n’est pas simple pour eux de venir tous les jours à l’hôpital, papa travaille toute la journée et maman garde d'autres enfants à la maison, elle est maman de jour. C’est le métier que je rêvais de faire. Ils font tous les efforts du monde pour ne pas me laisser seule, ils veulent me montrer qu’ils ne m’abandonneront jamais. Je me rends bien compte que c’est très difficile pour eux, moi je suis malade, c’est normale que je souffre, mais eux ils ne méritent pas ça.

 

Dimanche papa m’a raconté une histoire avec un ange, un petit garçon qui est monté au ciel après un accident et qui est devenu le plus beau des anges gardiens. Je ne me souviens plus de la fin, mais je sais que moi aussi je veux suivre ce chemin, devenir un ange gardien pour aider, accompagner, surveiller, veiller sur mes parents et mes amis d’école. Depuis, je pense parfois que cette maladie est un miracle, elle va me permettre de monter au ciel et de devenir la plus belle des preuves d’amour, un ange de l’amour.

 

L’infirmière de nuit m’a aussi parlé de toi, ce Dieu que l’on ne voit jamais et qui ne répond pas à nos questions. Elle m’a affirmé que tu étais la solution à presque tous les problèmes et que bien souvent il suffisait de croire en cette possibilité pour que nos vœux se réalisent, avec la force de l’âme m’a-t-elle dit.

 

Alors ce soir, Dieu, je voudrais que tu arrêtes de faire souffrir mes parents, que tu stoppes la maladie qui me ronge, que tu nous libères tous de ce cauchemar qui fait pleurer les gens que j’aime. Donc ce soir, Dieu, je veux du plus profond de mon cœur que tu m’enlèves la vie, que tu me laisses m’envoler vers le ciel, te rencontrer peut-être mais surtout devenir cet ange gardien qui protègera mes parents, ma famille, mes amis, mes copains et copines d’école.   

 

Maintenant, je vais fermer les yeux de mon âme, m’endormir doucement et j’espère bien que tu seras alors plus fort que la maladie pour que tu puisses m’emporter et ainsi libérer des gens qui souffrent.

 

PS : Si par hasard tu n’as pas le temps cette nuit de t’occuper de moi, on peut réessayer demain soir, je pense que je dois pouvoir faire tourner en bourrique la maladie quelques heures de plus. »  

 

Walter Schlechten, un habitant de La Croix-de-Rozon. 

20:02 Publié dans Culture, Femmes, Fiction, Histoire, Images, Lettres, Solidarité, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

10/11/2012

"L'urgentiste anonyme"

"Nouvel appel, c’est le troisième accident de la route de la soirée. En ces nuits de pluie on sait que le risque est plus grand, que nous aurons plus de travail. Il nous est précisé qu’un scootériste est gravement blessé suite à une collision avec une voiture.

 

Sirène alternée et feu bleu, je fonce avec mon véhicule jaune fluorescent à travers la ville. L’important est d’arriver sur les lieux, pas de faire la course avec les secondes, donc je reste prudent. Ne pas avoir d’accident est ma priorité lors de ces conduites en urgence. Le toubib assis à mes côtés prend des informations par téléphone auprès du 117. Une patrouille de police est déjà sur place, elle sécurise les lieux et donne des informations utiles. La Brigade de sécurité routière a elle aussi été requise.

 

Nous y arrivons. En bas de la rue je devine tour à tour le feu bleu des gendarmes, des badauds trop curieux, une voiture accidentée, un deux-roues endommagé couché sur le flanc, un corps étendu, deux policiers qui tentent tant bien que mal de lui porter secours.

 

L’ambulance nous suivait, nous aurons ainsi tout sur place rapidement. C’est l’avantage du cardiomobile, une unité d’urgence indispensable pour tenter de sauver des vies.

 

Le stresse de la conduite laisse place aux gestes appris, aux réflex connus, au travail en équipe, au calme pour ne pas faire d’erreur. Le médecin prend les choses en main, avec sobriété, avec sérénité même. Il le faut, pour ne pas perdre de temps, pour ne pas perdre une vie. 

 

C’est un vilain trauma même si pas une goute de sang n’est visible. Le corps du blessé est secoué par des spasmes après être resté inanimé plusieurs minutes. Les policiers lui maintiennent les jambes et les bras. Etat de choc, réactions d’un système nerveux qui ne maitrise plus les gestes face à des douleurs inconnues. Première piqure pour le calmer, sinon nous n’arriverons pas à poser une perf, ni à l'intuber au moyen de la canule oro-pharyngée. Pour l'instant, je le ventile au moyen d'un masque avec Ambu. 

 

Tout est important pour nous, du bilan du médecin aux circonstances de l’accident, le lieu du choc, le point de chute, les dégâts sur le scooter, les dommages sur les vêtements du blessé ou sur son casque. On ne reconstitue pas un accident, on en constate les conséquences pour agir au plus près des nécessités. L’urgence ne laisse pas de répit, pas de seconde chance.

 

Quarante minutes d’un protocole qui se doit de s’adapter à l’imprévu, aux circonstances, aux besoins. Chacun sait ce qu’il doit faire, des gestes appris et répétés. Stabiliser un patient pour en assurer le transport au service des urgences. Ce soir encore nous y arriverons, sans certitude d’avoir sauvé une vie, juste celle d’avoir rendu réalisable cette possibilité.

 

Je suis infirmier, ambulancier spécialisé dans la médecine d’urgence, je suis conducteur du cardiomobile, je suis un urgentiste qui travaille au carrefour de la détresse humaine et qui aime la vie."

 

Walter Schlechten, un habitant de la Croix-de-Rozon. 

06/11/2012

Equilibre budgétaire pour 2013, restrictions pour 2014/2016, les dix propositions provocantes de Minet !

La situation étant grave, nous ne pouvons plus nous permettre de supputer que, de croire que, d'espérer que. Si les recettes sont incertaines, les dépenses sont contrôlables, tel dans un ménage en proie à des difficultés financières.

Il nous faut agir, vite, avec fermeté et conviction. Il nous faut réagir, avec détermination et solidarité. Des mesures déplaisantes mais indispensables à une maîtrise des coûts, à la stabilisation de la dette et au redressement réclamé, car devenu indispensable. 

 

Équilibre budgétaire pour 2013, restrictions pour 2014/2016, les dix propositions de Minet :

 

1. En 2013, baisse de 3 % des subventions dont le montant dépasse  CHF 1'000'000.-

 

2. En 2013, baisse de 2 % des subventions contenues entre CHF 100'000.- et 1'000'000.-

 

3. En 2013, baisse de 0,5% de la masse salariale des employés d’Etat, imputée au 13ème salaire.

 

4. A Partir de 2013, instauration d’une taxe personnelle « anti-déficit » de CHF 200.- à tous les contribuables enregistrés du canton.

 

5. A Partir de 2014, blocage des subventions, au niveau de la baisse précitée, durant 3 ans pour tous les bénéficiaires (cas particuliers d’investissement sur présentation d’un projet validé par la Cour des comptes).

 

6. A Partir de 2013, blocage de l’annuité durant 3 ans pour tous les employés d’Etat.

 

7. A Partir de 2014, baisse du nombre de cadres supérieurs dans les départements par le non remplacement des départs naturels.

 

8. A Partir de 2014, baisse de 2 % des budgets de fonctionnement du pouvoir exécutif et législatif à travers une maîtrise des dépenses et/ou la baisse de la valeur du jeton de présence.

 

9. A Partir de 2014, privatisation de l’OCAN et du SCOT.

 

10. A partir de 2014, contrôle systématique par la Cour des comptes de l’usage des crédits d’études accordés par le Parlement. 

 

Walter Schelchten, un habitant de La Croix-de-Rozon. 

 

28/10/2012

La Cour des contes !

Souvent, le soir, la petite n’arrive pas à s’endormir. Elle me réclame alors parfois un conte, juste pour s’assoupir sagement et entrer dans le pays des rêves. Ce soir, c’est auprès de la Cour que mon imagination débordante ira  chercher refuge pour nourrir le compte des moutons d’une petite fille.

 

« Il était une fois, une très belle et très jolie Chancelière. Elle était au service du Roi Pierre-François et du Prince François, accompagnés de cinq sages.

 

Un jour, la Cour des contes, constituée de nobles chargés de veiller au grain, à son usage et à sa valeur, fut décapitée par un scandale, un sceau de trop au pays des sots. Des sacs de grains n’avaient pas été appréciés à leur juste valeur et le Roi y aurait perdu de l’argent, du temps et la confiance du peuple.

 

Il fut alors décidé de renouveler la Cour des contes. Peu ou prou de candidats se précipitèrent, juste quelques notables qui désiraient moudre le grain pour éviter famine.

 

Triste fin pour une faim, car le peuple n’y retrouva aucun héros connus pour se régaler. Point de Grisélidis, de Peau d’Âne, de Belle au bois dormant, de Chat botté, de Cendrillon, de Riquet à la houppe ou de Barbe bleue, même au-delà de sept lieues. Pas de quoi faire rêver les foules, ni une petite fille. 

 

La populace dû se contenter des choix proposés par la Chancelière, qui se fit fort mais avec quelques difficultés de battre le pavé pour répandre les noms des postulants. Le peuple, pris par la famine démocratique, n’accorda pourtant que peu d’importance à ce devoir et préféra concentrer ses efforts à compter les quelques grains de patience qu’il lui restait en attendant l’année des hannetons, synonyme de moissons de promesses et de renouveau.

 

A la lueur du jour, lors d'un dimanche hivernal, la Cour des contes fut pourtant élue, sans tenir compte des comptes des voix, tant l’écho de la parole du peuple fut faible. »

 

La petite dort, heureusement, ainsi je n’aurai pas de compte à lui rendre en explications perdues ni en supputations farfelues.

 

Walter Schlechten, un habitant de la Croix-de-Rozon.  

 

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19/07/2012

"Les orphelins de la République"

 

"Bientôt un mois que notre directrice d'école nous a quittés, elle a repris un autre établissement, plus social, moins turbulent, comme si nous n'étions que des cancres. Notre nouveau directeur, lui, on ne l'a pas encore vu. Il vient d'une institution municipale, il a de l'expérience et il est assez jeune, c'est tout ce que l'on sait de lui. Il paraît que ses anciens élèves étaient satisfaits de lui quand il était là, mais qu'ils sont contents qu'il ait bénéficié d'une « promotion », comme quoi.

 

Nous, on est un peu orphelin, on cherche nos repères, on se raccroche à nos valeurs, on traîne dans les couloirs à la recherche du temps perdu. Faut dire que c'est les vacances, et si l'établissement reste ouvert pour les « universités d'été baptisées Phénix », nous on aimerait bien savoir ce qui va se passer à la rentrée des classes.

 

Faut dire que ces derniers mois ce n'étaient pas simples. Tous les profs ne savaient plus sur quel pied danser, ni sur quel pied nous faire valser. Tous étaient en attente des directives pour l'année en cours, tous étaient dans l'expectative d'une révolution de salle des maîtres qui n'est jamais venue, par manque de budget. Ce qui est étonnant dans tout ça, c'est que jamais personne n'a demandé l'avis des parents, et que si les élèves, bons et mauvais, ont été sondés, nul ne sait ce qu'il a été fait des remarques déposées. Pourtant, les premiers concernés c'est nous, les adultes de demain.

 

Il paraît que les classes devraient être remplacées par des silos, soit. Mais on met quoi dans ces silos, l'histoire et la géo du canton, les additions et les sciences naturelles, le dessin et le sport, le français et l'anglais, aucune idée à ce jour.

 

Nous ne sommes que des élèves, nous sommes sur le chemin de la vie, au carrefour de l'apprentissage de la misère humaine, de la valeur de l'argent, des sacrifices nécessaires à la formation, sans pour autant avoir une garantie sur notre profession future. C'est un peu bizarre comme situation, celle de savoir que notre avenir, et celui de notre société, est entre les mains d'experts qui sont si éloignés des bancs d'écoles que l'on se demande comment ils font pour faire preuve d'empathie, pour deviner nos problèmes, pour anticiper nos angoisses, pour dicter le rythme des leçons alors que nous sommes déjà surmenés par les cours supplémentaires imposés.

 

Au fond, je ne sais pas pourquoi je me fais du souci, ce n'est qu'une réforme comme tant d'autres, ce n'est qu'une page de l'histoire des Institutions qui se tourne, où comme souvent le mieux est bien souvent l'ennemi du bien, où comme souvent l'année des hannetons fera la différence.

 

Reste pourtant à découvrir notre nouveau directeur, il va faire le tour des classes et rencontrer les profs, et surtout les élèves. Comme quoi, si nous nous n'allons pas à eux, les adultes viennent un jour à nous. Alors peut-être ne serons-nous plus orphelins de la République, alors peut-être devinerons-nous l'avenir que se présente à nous, alors peut-être nous écouteront-ils."

 

 

«L'encre d'un écolier est plus sacrée que le sang d'un martyr.»

de Mahomet.

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

10/07/2012

Criminalité de bistrot ou "Germaine, remets trois de Gamay mon p'tit coeur" !

 

(G) - Debleu debleu Norbert, t'as vu l'histoire d'hier.

 

(N) - Ben non mon Gérard ... Où ça ?

 

(G) - A la Jonction, les flics ont allumé une crapule, un tout vilain.

 

(N) - Ah bon ... Comment ça ? - Germaine, remets trois de rouge mon p'tit coeur.

 

(G) - Ben c'est un p'tit gars qui a braqué une pharmacie avec un flingue avant de s'en prendre à une mère de famille et son ptio pour prendre la fuite en lui piquant sa bagnole.

 

(N) - Hein .... Tu plaisantes Gégé ?

 

(G) - Ben non, même que le voyou a fait une embardée avec la chiotte de la blonde, il a tout ramassé, scooter, moto, même une Harley, tu te rends compte.

 

(N) - Incroyable ... Et les flics ils étaient là ?

 

(G) - Ben ouai, un costaud qui a vu la scène est intervenu ... Et pan, pour protéger la veuve et l'orphelin, enfin pas encore.

 

(N) - Il l'on choppé alors ?

 

(G) - Le salopard, ben oui, il ne pouvait pas aller bien loin avec du plomb dans l'aile.

 

(N) - Pour une fois que les poulets sont là au bon moment, comme quoi. Et c'est quoi pour un guignol à une tune ?

 

(G) - Tu ne devineras jamais mon Norbert !

 

(N) - Un français, un p'tit lyonnais comme l'autre fois, suis certain ?

 

(G) - Ben non tu vois.

 

(N) - Un arabe, un sans papier, un de plus ?

 

(G) - Ben non, à l'eau.

 

(N) - Ben, un noir alors, un vendeur de drogue de Plainpalais ?

 

(G) - Et ben non mon grand.

 

(N) - Ce n'est quand même pas un Rom, pas là ?

 

(G) - Non mon Norbert, tu veux une pioche ?

 

(N) - Non non mon Gégé ... Euh ... un ... un albanais, un qui voulait rentrer chez lui ?

 

(G) - Et non, encore raté ... tu devines pas alors ?

 

(N) - Ben non mon Gégé, raconte alors.

 

(G) - Tu vas jamais me croire Norbert ... Un chti Suisse, un gamin bien de chez nous, c'est même marqué dans la Julie ... Tu vois, même eux ils commencent à faire des conneries, incroyable, non ?

 

(N) - Incroyable, ouai, pauvre gosse ... Germaine, remets trois de Gamay mon p'tit cœur.

 

"Ceci n'est qu'une fiction, et tout fait ressemblant dans un bistrot genevois ne serait que pure coïncidence"

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

10/06/2012

Interpellation urgente écrite au Grand Conseil - IUE 1966

"Exercice de style"


Secrétariat du Grand Conseil                 IUE 1966

 

Interpellation présentée par un habitant de la Croix-de-Rozon :

M. Walter Schlechten

Date de dépôt : 10 juin 2012

Interpellation urgente écrite

Stationnement sauvage des deux-roues, ces usagers de la route ont-ils tous les droits, doit-on laisser l'anarchie du stationnement urbain se poursuivre ?

 

Mesdames et

Messieurs les députés,

 

La politique menée par le Conseil d'Etat en matière de mobilité douce, soutenue par le Parlement, aspire à une diminution du parc automobile en Ville de Genève pour le trafic pendulaire et usuel.

 

L'amélioration, toute relative, des prestations des TPG s'en veut la preuve, l'augmentation du nombre de passager dans les tramways des lignes 14 et 15 le résultat. Cette incitation à se déplacer autrement, sans voiture, a également provoqué une modification importante des comportements, des habitudes, des usages à travers les moyens utilisés.

 

Ainsi, le marché des deux-roues, motorisés ou pas, a explosé. Conséquences, l'offre de stationnement ne correspond déjà plus à cette mutation durable. Motos, scooters et cycles parsèment sur nos trottoirs.

 

Peu ou prou de places ont été aménagées pour les cycles, dont plus de trois cents à travers une vélostation payante qui ne rencontre pas le succès espéré derrière la gare de Cornavin. Insuffisant quand même comme projet pour répondre à la demande alors que le parcage sauvage est devenu la norme. Barrières, poteaux, tuyaux, grillage, tout est bon pour y accrocher son vélo, bien souvent au détriment des piétons qui se voient gênés par la présence incommodante de ces arbres à cycles. Plus aucun objet législatif contraignant n'existe contre le stationnement des vélos sur les trottoirs, la notion de gêne étant subjective dans bien des cas. Restait la vignette et des véhicules non-assurés qui traînaient en rue que nos pandores pouvaient enlever, mais aujourd'hui cette base légale n'est plus et rien n'autorise l'enlèvement, sauf en cas d'épave.

 

En ce qui concerne les cases deux-roues prévues pour les engins motorisés, elles disparaissent en lieu et place d'augmenter afin de répondre à la demande, aux modifications de comportement de déplacement des usagers. De ce fait, de nombreux trottoirs sont occupés par des scooters et des motos. La base légale existe pour sanctionner ces stationnements illicites, mais sans notion de gêne aucun enlèvement n'est envisageable. Faut-il donc demander à nos argoulets de verbaliser à tout va tout en sachant que la possibilité légale de stationner ces deux-roues n'existe pas, que l'offre ne correspond pas à la demande, aux nécessités ?

 

A défaut, je souhaiterais savoir si le canton et les communes envisagent enfin d'adopter une politique commune et responsable en matière de mobilité, de déplacement, de stationnement, si la cohérence peut dépasser les idéaux dogmatiques et si pour nos députés les problèmes de stationnement ne concernent que la rue de l'Hôtel-de-Ville ?

 

 

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Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

 

09/05/2012

"Le pion"

 

« Zurich, un mardi après-midi comme les autres. Pourtant je suis là, inanimé, je ne comprends pas ce qu’il vient de m’arriver. Je me vide de mon sang, la vie me quitte alors que je suis couché là, comme un chien, au milieu de la rue. Je ne voulais pourtant faire que mon travail, moi qui avais toujours l’impression de ne pas en faire assez.

 

Pourtant il n’avait pas l’air méchant cet albanais, il ressemblait à une grande partie de la population, seul à cet arrêt de tram. Pourtant il y avait quelque chose d’anormal dans son comportement. Trois tramways venaient de lui passer devant lui et il n’en avait emprunté aucun. Pendu à son téléphone portable, il faisait les cent pas sur ce trottoir étroit.

 

L’info était pourtant peu fiable, mais les vendeurs d’héroïne étaient descendus presque au niveau de la gare. Cette info était pourtant corroborée par plusieurs contrôles effectués dans la région. Au début, étant seul, je ne voulais pas procéder à ce contrôle d’identité, mais quand j’ai vu un toxicomane de la place lui faire un signe ostentatoire de la tête, j’ai compris, j’ai du moins supposé qu’il y avait de la marchandise, que mon "client" était chargé. Pas d’échange mais une certaine gêne à mon arrivée, à la vue de l'uniforme. Le drogué avait fait demi-tour depuis quelques secondes alors que l’albanais s’était simplement assis sur un banc. Ma cible était choisie.

 

C’était lancé, le contrôle d’identité envisagé se concrétisait. Un de plus, un encore dans ce milieu où une brebis égarée ou arrêtée est si vite remplacée. Précautions, je ne connais pas l’individu, mais je connais leur réputation. Ces enfants de la guerre ne connaissent bien souvent que la violence et l’argent facile de la drogue. Ni nos valeurs, ni nos croyances, ni nos coutumes ne les intéressent. Ils ne recherchent que le business, peu en importe le coût humain.

 

Bonne approche, correcte il me présente son passeport biométrique albanais. Il est tout neuf, l’encre est encore fraiche comme on aime à dire chez nous, avec un seul tampon douanier à l’intérieur. Tout se passe bien sauf que mon "client" commence à agiter terriblement sa jambe gauche. Ce signe évident de nervosité le trahi partiellement. Je décide alors d’entreprendre une fouille de sécurité. Elle est motivée pour ma propre sécurité et par la recherche d’indices, de l’argent, de la drogue, des téléphones portables.

 

Dans une première poche du pantalon CHF 1'400.-. Je lui demande s’il travaille, il me répond que non dans un italtien alléatoire. Provenance pécuniaire douteuse, je poursuis mes investigations. Dans une autre poche de son jeans un téléphone portable, il est éteint évidement. Alors qu’il me tourne le dos, qu’il se trouve face à la paroi vitrée de l’abribus, soudainement, je comprends que le suspect enfile sa main gauche dans la poche de sa veste.

 

Inattentif une seconde, je n’ai pas le temps de réagir. Je me dis qu’il va y chercher de la drogue cachée pour détruire cette preuve. Malheureusement, c’est la lame d’un couteau que j’  aperçois et qui scintille dans sa main ferment refermée sur le manche. Je tente une esquive, une parade, mais le geste est franc, rapide, direct, circulaire.

 

Un seul coup, à la hauteur de la gorge, vers la carotide. Une brûlure m’envahi, une chaleur suinte sur mon épaule, un liquide se répand. Je saigne, je me vide de mon sang, je suis touché, j’ai été planté. Ma vision se trouble alors que mes jambes m’abandonnent. Je devine que mon agresseur part en courant en s’enfilant dans une ruelle. Je tente de crier, en vain. Je devine encore un couple qui se penche sur moi et qui hurle. Je devine que je vais perdre connaissance, je m’abandonne.

 

Je vais crever comme une merde pour un contrôle d’identité qui aura mal tourné, pour une routine quotidienne qui m’aura usé, pour un ou deux paquets de poudre brune qui parfois enlève la vie à d’autres mais qui rapporte tant à certains.

 

Je savais pourtant que je ne devais pas contrôler ce suspect tout seul. Je savais pourtant que ces petits vendeurs d’héroïne étaient devenus très violents. Ils craignent encore un peu la prison, mais ils craignent encore plus les sanctions de la famille s’ils venaient à se faire prendre. La perte du produit, de l’argent, d’un ouvrier, d’une rentrée financière. En fait, il n'est qu'un pion à changer sur le réseau, sauf que là le fuyard a « fumé » un flic et que le milieu va se mettre toute une corporation à dos. Pas bon pour le marché, pas bon pour le trafic, pas bon pour les affaires. Un fuyard de plus qui ira chercher protection dans son pays, un flic de plus qui ne rentrera plus chez lui.

 

Et la famille de ce téméraire argoulet qui aura droit aux honneurs, personne ne s’en inquiétera une fois la cérémonie terminée, malgré les longs discours, malgré les belles paroles, malgré la présence des Autorités. Un mort de plus, un de trop, mais il n’avait qu’à faire attention, s’il avait fait juste il ne lui serait jamais arrivé ça. De toutes façons, il en faisait trop.

 

En résumé, le seul coupable c’est lui, ce flic de rue et il en a payé le prix fort, même si la vie d’un poulet n’a pas de prix. En fait, il n'est lui aussi qu’un pion comme les autres, dans un système pourri par l'argent, par la drogue, par la société, par la politique, et il serra simplement remplacé par un autre, demain peut-être déjà.»

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

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02/03/2012

Le jeune loup, le chacal et la lionne !

Il était une fois un mulet roi à bout de souffle, victime d'une allergie maligne. Il résistait tant bien que mal aux allergènes mais du se résigner à quitter la ménagerie, ses souffrance n'étant pas celles des autres.

 

Dans ce grand Cirque des Cols Blancs, l'éviction d'un animal charismatique se devait d'être corrigée et un remplacement dans les meilleurs délais envisagé. Nul obligation de reprendre un mulet, mais le choix se devait d'être représentatif des besoins.

 

Un casting fut donc organisé mais la longue liste des prétendants s'étiola rapidement comme neige au soleil. Trois carnassiers restèrent pourtant en course pour la cage dorée vacante.

 

  • Un jeune loup au poil lustré, au verbe intelligent et à l'œil vif, ambitieux et malin, patient et observateur, indépendant mais s'ingérant souvent dans les débats de la meute.

 

  • Un chacal au poil gominé, isolé depuis quelques années dans une cage frustrante, trop étroite pour son égo de carnivore, râleur et contestataire, fort en gueule mais autoritaire, solitaire mais solidaire, sachant parfois énerver la meute.

 

  • Une lionne au poil sociable, pas méchante pour un sous mais pas un sous pour être méchante, qui donne tout à ses petits et aux plus faibles, laissant les grands se débrouiller entre eux, préférant jouer de mots et des idéaux que sortir ses griffes, sachant néanmoins asséner le coup de patte pour calmer la meute.

 

Le directeur du Cirque des Cols Blancs hésita, encore et encore, et décida que les spectateurs voteraient en juin, lors de la prochaine représentation. En attendant, les clowns feront patienter la population, car en l'état le rire est bien souvent le dernier remède aux maux de notre société.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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15/01/2012

Tout est parti d'un comportement inapproprié !

« Je me souviens de m'être demandé ce que je faisais là, de m'être dis que je n'avais plus l'âge pour et que si cela n'avait pas été pour faire plaisir à mon amie et participer à ce concours de danse, jamais je ne me serais retrouvé en ce lieu.

 

Ce n'était pas la musique qui me dérangeait ce soir là, j'ai par le passé déjà fréquenté assidument cette discothèque, mais la clientèle, trop jeune, turbulente et excitée.

 

J'avais décidé de faire avec, juste une heure ou deux, histoire que ma belle ne soit pas déçue, ni ses deux sœurs qui nous accompagnaient pour ce concours. Faut dire que ce soir là j'étais un peu le King, trois belles filles à mes côtés. Puis, je me souviens aussi de ça :

 

  • On va aux toilettes, tu nous attends là mon cœur.
  • Aucun problème, je vais vous chercher à boire.

 

Les minutes passent et les filles ne reviennent pas des commodités. Je scrute au loin, je les cherche, je les devine enfin. Mon amie est visiblement furieuse.

 

  • Tu ne sais pas ce qui vient de nous arriver dans les toilettes.
  • Euh, non.
  • Un sale type, un petit con en plus, est venu pisser chez nous sans gêne. Je lui ai demandé de sortir, lui indiquant qu'il était chez les filles ici.
  • Et ...
  • Eh bien ce pauvre type m'a saisie par les cheveux, m'a tirer la tête en arrière et m'a traitée de salle pute, en m'intimant l'ordre de fermer ma gueule.
  • Tu plaisantes, il est où ce sale con.
  • Je ne sais pas, il est resté aux chiottes je crois ..  J'ai voulu lui mettre une gifle à ce morveux mais je n'ai pas osé.
  • Bouges pas, je vais aller le voir.
  • Il est là, il arrive, c'est lui (elle me le désigne du doigt).
  • T'es là la pute.. Et toi mec, t'as quoi toi à me regarder comme ça, un problème.
  • C'est toi visiblement le problème, de quel droit tu insultes ma copine.

 

Aucune réponse ne viendra. Soudainement le petit caïd de la soirée me saisi le cou de sa main droite et serre. Je pratique comme par réflexe une clef de poignet et croyant me libérer de cette étreinte. Fausse impression d'un combat égal, je reçois alors un énorme coup de poing d'un grand mec qui se trouvait derrière le petit caïd, puis un coup de pied dans le dos d'un autre que je n'avais pas deviné derrière nous. Au sol, un troisième, un black je me souviens, m'assène à son tour un énorme coup de pied au visage.

 

Je vois les étoiles, je ne comprends pas ce qui m'arrive, les coups pleuvent de partout. Je me relève et je me place devant les trois sœurs qui hurlent, ne voulant pas qu'elles prennent un coup. J'allonge une droite au caïd qui revenait vers moi menaçant, mais c'est la seule que j'aurais rendue car c'est de suite une bousculade géante qui nous entraîne vers la sortie. Un videur, puis deux, puis trois sont intervenus. Ils nous sortent des cette cohue, pour nous protéger mais je ne le comprendrai que plus-tard.

 

Tous les témoins sont là, m'expliquant que se sont cinq français m'ont agressé comme des brutes. Je demande que l'on appelle la police mais pas d'ambulance, même si j'ai le visage en sang. Mon t-shirt est déchiré et que je sens bien que j'ai ramassé.

 

Les videurs m'annoncent que les types on quitté la salle, l'un d'eux aurait une 205 grise immatriculée dans le 74. J'apprends alors très vite qu'ils viennent de Cluse, que là-bas ils font la loi tous les soirs, et qu'ici ils ont déjà menacé un videur avec une arme à feu il y a deux semaines.

 

La police arrive, plusieurs patrouilles même. J'explique, de donne des signalements, d'autres témoins s'annoncent spontanément. J'enlève encore mon t-shirt souillé de sang. Je suis là, comme un con, à torse nu dans la rue, quai Ernest-Ansermet, où les policiers ont mis en place un barrage filtrant, à la recherche de la 205 grise, en vain.

 

C'était en 1991, j'avais 24 ans. Un vendredi soir comme les autres pour moi, une sortie où je m'étais rendu à Jackfill avec ma copine et ses deux sœurs, juste pour participer à un concours de danse. Je n'étais pas retourné dans cette discothèque depuis deux ans au moins, ma vie était ailleurs.

 

J'étais un jeune flic en congé avec une tête au carré, suite à une mauvaise rencontre. J'étais là au mauvais moment, au mauvais endroit, en colère contre les éléments, en colère contre moi de n'avoir pas su, de n'avoir pas pu.

 

Ce soir là, j'ai voulu défendre l'honneur de mon amie, mais ce soir là je suis tombé sur cinq courageux qui m'ont éclaté la tête. Je n'ai jamais retrouvé ces gens, ai-je même cherché, je ne le crois pas, mais par contre je me souviens de tout. »

 

Réalité ou fiction, je vous laisse choisir, mais cette histoire peut arriver à tout le monde, je vous le promets.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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02/01/2012

"L'épreuve à la lueur d'un espoir"

 

« Je n'arrive plus à dormir, la lourdeur de la nuit me pèse. Ces six derniers mois ont été une épreuve terrible, je ne la souhaite à personne. Depuis le jour où j'ai pris connaissance de ma maladie, que les mots cancer et soins palliatifs ont été prononcés, j'ai traversé plusieurs états d'esprit.

 

Du doute d'un diagnostique au scepticisme de la gravité d'un mal, c'est l'espoir qui m'a accompagnée.

 

Des effets secondaires d'une chimiothérapie aux modifications physiques de mon corps, c'est l'incompréhension qui m'a habitée.

 

Des résultats d'analyses aux scanners qui ne dissimulent rien, c'est l'introspection de mes doutes qui me tenait éveillée.

 

Des opérations palliatives envisagées à l'assistance oxygénée, c'est la résilience qui s'est manifestée.

 

De la diminution de mes forces aux difficultés de concentration, c'est la peur qui me gagne aujourd'hui.

 

Peur de tomber, de chuter, de perdre du poids, d'être atteinte par une infection, de me blesser, de saigner, de mal respirer, de m'étouffer, peur qu'il m'arrive quelque chose subitement avec la crainte d'être une nouvelle fois hospitalisée.

 

La fausse sérénité qui m'habitait n'est plus là, les doutes, les craintes et la peur sont devenues mes compagnes d'infortune. Il y a des instants où nous n'avons plus besoin de nous écouter, notre corps nous parle de lui-même.

 

Je dois me libérer de ces atteintes négatives, mais je ne sais pas comment faire car elles ne sont pas dues directement à la maladie, mais du fait de mes appréhensions elles-mêmes nourries par l'inconnue du lendemain.

 

Un lendemain que j'envisage, car en six mois j'ai traversé respectivement les anniversaires de ma fille, de mon fils, de mon époux, puis un noël sans cadeau de la vie et un nouvel an sans vœux de bonne année, remplacés par des paroles douces et des mots d'apaisement.

 

Ces moments partagés restent des richesses que je préserve dans mon cœur comme des pierres précieuses, auxquelles j'espère secrètement y ajouter bientôt le rubis merveilleux de l'anniversaire des 17 ans de ma petite-fille et, qui sait, le diamant paisible de ma 67 ème année, des joyaux tous illuminés par la lueur d'espoir qui demeure. »

 

"On t'aime maman, courage"

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

06:31 Publié dans Femmes, Fiction, Histoire, Lettres, Résistance, Solidarité, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

29/12/2011

Conte de Noël : "Les abeilles, qui s'y frotte s'y pique"

 

C'est l'histoire trois abeilles qui se rencontrent pour un thé au miel avant les fêtes de Noël. Sur les trois, il y en a une qui est sourde, c'est la Reine, une qui est aveugle c'est une cadre supérieure et la dernière est une ouvrière modèle qui est muette.

 

La Reine sourde est donc venue ce matin écouter ses Apis mellifera dans les diverses alvéoles de sa ruche. Dans celle où elle se trouve, une alvéole située au centre de la structure, donc au croisement de tous les chemins, c'est l'abeille cadre supérieure aveugle qui la reçoit avec toutes les convenances nécessaires aux us et coutumes de cette cérémonie qui se veut annuelle.

 

-         Comment vont mes chères ouvrières modèles, demanda la Reine sourde.

 

-         Elles vont, elles vont et elles viennent surtout car le travaille ne manque pas, il n'y a plus de saison pour butiner, occupées qu'elles sont toute l'année au labeur, nos ouvrières sont nos yeux, nos bras, nos mains, répondit la cadre supérieure aveugle.

 

La Reine n'ayant perçu que les deux premiers mots (elles vont), elle décida néanmoins de poursuivre l'entretien.

 

-         Et vous, comment allez-vous, demanda la Reine sourde à la responsable aveugle.

 

-         Il me reste 13 mois à faire dans la ruche, répondit l'abeille aveugle, je vais donc finir ce que j'ai commencé, en défendant mes ouvrières pour qu'elles puissent travailler dans de bonnes conditions.

 

La Reine, n'ayant perçu cette fois que la première phrase (Il me reste 13 mois à faire dans la ruche), elle interrogea l'aveugle sur les situations vécues durant sa carrière.

 

-         Vous en avez vu des choses durant ces longues années ma chère, qu'est ce qui a le plus changé dans la ruche selon vous, lui demanda la Reine sourde.

 

-         La motivation des ouvrières a changé, elle n'est plus la même que dans le temps, répondit la cadre supérieure aveugle. Nos abeilles ne partent plus en guerre la fleur au fusil, elles ne se sacrifient plus, elles n'ont plus le temps de butiner et donc sont moins efficaces car elles ne sont pas assez nombreuses.

 

La Reine sourde, n'ayant entendu que la dernière phrase cette fois ci (elles ne sont pas assez nombreuses), proposa une solution.

 

-         Nous allons engager plus de monde le printemps venu, dit la Reine sourde, car il est vrai que nous ne sommes pas assez nombreuses et les bonnes ouvrières viennent à manquer, je vais donc prendre de suite des assistantes en butinage afin de libérer un peu nos ouvrières.

 

-         Mais ma Reine, je vous rappelle que les assistantes ne sont pas habilitées au butinage, lui répondit la cadre supérieure aveugle, c'est  un travail précis qui demande un rendu impeccable en ruche. Actuellement, il faut déjà  mettre les bonnes ouvrières aux bons postes, savoir qui fait quoi et laisser  les assistantes à leur place car c'est là qu'elles nous aident le mieux, et tout ira un peu mieux vous verrez.

 

-         Ne craignez pas les changements mon amie, lui répondit la Reine sourde qui n'avait pas saisi l'ensemble de la réponse, ils sont utiles car les garants d'améliorations à travers une restructuration totale de la ruche.

 

La Reine sourde fini son thé avant de prendre congé de tous, oubliant au passage de s'entretenir avec les ouvrières muettes qui pourtant, aux battements de leurs ailes, dessinent à elles toutes seules l'avenir de la ruche en assurant sa prospérité.

 

« Moralité, en présence d'un sourd, d'un aveugle et d'un muet, écoutez le muet pour savoir ce qu'entend le sourd et ce que perçoit l'aveugle »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon !

 

 

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