09/05/2012

"Le pion"

 

« Zurich, un mardi après-midi comme les autres. Pourtant je suis là, inanimé, je ne comprends pas ce qu’il vient de m’arriver. Je me vide de mon sang, la vie me quitte alors que je suis couché là, comme un chien, au milieu de la rue. Je ne voulais pourtant faire que mon travail, moi qui avais toujours l’impression de ne pas en faire assez.

 

Pourtant il n’avait pas l’air méchant cet albanais, il ressemblait à une grande partie de la population, seul à cet arrêt de tram. Pourtant il y avait quelque chose d’anormal dans son comportement. Trois tramways venaient de lui passer devant lui et il n’en avait emprunté aucun. Pendu à son téléphone portable, il faisait les cent pas sur ce trottoir étroit.

 

L’info était pourtant peu fiable, mais les vendeurs d’héroïne étaient descendus presque au niveau de la gare. Cette info était pourtant corroborée par plusieurs contrôles effectués dans la région. Au début, étant seul, je ne voulais pas procéder à ce contrôle d’identité, mais quand j’ai vu un toxicomane de la place lui faire un signe ostentatoire de la tête, j’ai compris, j’ai du moins supposé qu’il y avait de la marchandise, que mon "client" était chargé. Pas d’échange mais une certaine gêne à mon arrivée, à la vue de l'uniforme. Le drogué avait fait demi-tour depuis quelques secondes alors que l’albanais s’était simplement assis sur un banc. Ma cible était choisie.

 

C’était lancé, le contrôle d’identité envisagé se concrétisait. Un de plus, un encore dans ce milieu où une brebis égarée ou arrêtée est si vite remplacée. Précautions, je ne connais pas l’individu, mais je connais leur réputation. Ces enfants de la guerre ne connaissent bien souvent que la violence et l’argent facile de la drogue. Ni nos valeurs, ni nos croyances, ni nos coutumes ne les intéressent. Ils ne recherchent que le business, peu en importe le coût humain.

 

Bonne approche, correcte il me présente son passeport biométrique albanais. Il est tout neuf, l’encre est encore fraiche comme on aime à dire chez nous, avec un seul tampon douanier à l’intérieur. Tout se passe bien sauf que mon "client" commence à agiter terriblement sa jambe gauche. Ce signe évident de nervosité le trahi partiellement. Je décide alors d’entreprendre une fouille de sécurité. Elle est motivée pour ma propre sécurité et par la recherche d’indices, de l’argent, de la drogue, des téléphones portables.

 

Dans une première poche du pantalon CHF 1'400.-. Je lui demande s’il travaille, il me répond que non dans un italtien alléatoire. Provenance pécuniaire douteuse, je poursuis mes investigations. Dans une autre poche de son jeans un téléphone portable, il est éteint évidement. Alors qu’il me tourne le dos, qu’il se trouve face à la paroi vitrée de l’abribus, soudainement, je comprends que le suspect enfile sa main gauche dans la poche de sa veste.

 

Inattentif une seconde, je n’ai pas le temps de réagir. Je me dis qu’il va y chercher de la drogue cachée pour détruire cette preuve. Malheureusement, c’est la lame d’un couteau que j’  aperçois et qui scintille dans sa main ferment refermée sur le manche. Je tente une esquive, une parade, mais le geste est franc, rapide, direct, circulaire.

 

Un seul coup, à la hauteur de la gorge, vers la carotide. Une brûlure m’envahi, une chaleur suinte sur mon épaule, un liquide se répand. Je saigne, je me vide de mon sang, je suis touché, j’ai été planté. Ma vision se trouble alors que mes jambes m’abandonnent. Je devine que mon agresseur part en courant en s’enfilant dans une ruelle. Je tente de crier, en vain. Je devine encore un couple qui se penche sur moi et qui hurle. Je devine que je vais perdre connaissance, je m’abandonne.

 

Je vais crever comme une merde pour un contrôle d’identité qui aura mal tourné, pour une routine quotidienne qui m’aura usé, pour un ou deux paquets de poudre brune qui parfois enlève la vie à d’autres mais qui rapporte tant à certains.

 

Je savais pourtant que je ne devais pas contrôler ce suspect tout seul. Je savais pourtant que ces petits vendeurs d’héroïne étaient devenus très violents. Ils craignent encore un peu la prison, mais ils craignent encore plus les sanctions de la famille s’ils venaient à se faire prendre. La perte du produit, de l’argent, d’un ouvrier, d’une rentrée financière. En fait, il n'est qu'un pion à changer sur le réseau, sauf que là le fuyard a « fumé » un flic et que le milieu va se mettre toute une corporation à dos. Pas bon pour le marché, pas bon pour le trafic, pas bon pour les affaires. Un fuyard de plus qui ira chercher protection dans son pays, un flic de plus qui ne rentrera plus chez lui.

 

Et la famille de ce téméraire argoulet qui aura droit aux honneurs, personne ne s’en inquiétera une fois la cérémonie terminée, malgré les longs discours, malgré les belles paroles, malgré la présence des Autorités. Un mort de plus, un de trop, mais il n’avait qu’à faire attention, s’il avait fait juste il ne lui serait jamais arrivé ça. De toutes façons, il en faisait trop.

 

En résumé, le seul coupable c’est lui, ce flic de rue et il en a payé le prix fort, même si la vie d’un poulet n’a pas de prix. En fait, il n'est lui aussi qu’un pion comme les autres, dans un système pourri par l'argent, par la drogue, par la société, par la politique, et il serra simplement remplacé par un autre, demain peut-être déjà.»

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

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06/05/2012

"Marc-André"

 

En ce lundi, c’est un dernier au revoir que je vais venir te présenter, pour te rendre les honneurs qui te sont dus. Étonnamment, nous qui nous nous parlions si peu, c’est une nouvelle fois en silence que nous allons nous séparer.

 

L'annonce de ta disparition a été un choc terrible pour nous tous, car rien ne laissait paraître que tu allais rejoindre Dan, Denis, Nathalie, et tant d’autres qui si brutalement se sont effacés.

 

Nous nous sommes côtoyés durant dix ans au moins à Rive, dans la discrétion et à travers notre travail. Je ne peux pas dire qu’une amitié s’était crée, mais ce qui est certain c’est que le respect était réciproque, que la complicité métier était commune et qu’une solidarité sincère était née à travers les épreuves partagées.

 

Je me souviens de toi, si droit, si fier, si discret, si haut parfois mais toujours au service des autres. Ton engament au JU-KA-AI, auprès de SERVIR ou dans ce fameux groupe de musique fondé entre copains resteront des signes du don de toi.

 

A n’en pas douter, nous serons des centaines cet après-midi pour te rendre hommage, pour entendre parler une nouvelle fois du grand « mur bleu » auquel une clef de voûte a été emportée par un drame humain.

 

Ce grand mur qui s’effrite face à notre société qui perd tous ses repères demeure avant tout une grande famille, j'ose encore le croire, raison essentielle pour laquelle la douleur est immense et partagée.

 

Rien ne sert de comprendre pourquoi, comment, à cause de quoi ou de qui, rien ne sert de chercher à savoir, car ce que nous regrettons aujourd’hui c’est de ne pas avoir été cette épaule que pourtant nous pouvions t’offrir, mais que tu n’as pas sollicitée.

 

La solitude d’un acte reste souvent un mystère, car  ce sont couramment ceux qui cachent au  mieux cette mélancolie qui nous quittent sans prévenir.

 

Mais nous n’oublierons jamais celui qui vient de nous quitter. En gardant ton souvenir en nos cœurs, tu seras toujours avec nous.

 

C’est à ta famille, à tes proches, à tes amis et à tes collègues que j’adresse bien sincèrement mes plus fidèles pensées, que de tout mon cœur je m’associe à ce chagrin partagé.

 

Adieu Marc-André, en espérant que tu aies trouvé la paix au bout du chemin de la détresse.

S'il te plait, embrasse Dan pour moi.

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Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

25/04/2012

Michel Chevrolet, un petit diable chez les anges !

 

En ce 24 avril 2012 tu nous as quitté, subitement, seul, sans prévenir, sans publicité ni communication extravagante ou ciblée. Pas de tramway nommé Départ pour ce dernier envol.

 

Je ne pense pas que tu aies précipité ce dernier voyage, même s'il est prématuré, même s'il est si soudain. Il n'était pas prévu et c'est certain personne ne l'envisageait autour de toi. On ne meurt pas à 39 ans, on croque la vie même si elle est marquée de cicatrices.

 

Tu avais des projets plein la tête pour ton appartement, pour ta boîte de communication, pour Genève la ville de ton cœur. Tu visais haut, tu visais loin, tu visais grand pour notre cité, car si l'Argentine était ton pays de sang, Genève demeurait ton amoureuse.

 

Épicurien tu aimais la fête, les bons petits plats et les bons vins. Tu dévorais la vie, un peu trop vite parfois mais toujours pour aller plus loin, pour avancer, pour vivre tout simplement,  comme si tu craignais d'en perdre le souffle durant une seconde, une minute ou une heure.

 

Nous avons mangé ensemble il y a onze jours. Tu m'avais invité dans un estaminet de cette Vieille Ville que tu appréciais tant. Tu voulais le meilleurs pour tes amis, tu voulais le meilleurs pour tes proches, tu voulais le meilleurs pour ta ville et sa population. Durant ce repas, tu as tenté de me convaincre de ne jamais m'engager en politique, non pas que je n'en aie pas les compétences, mais parce que tu m'estimais trop droit, trop franc, trop libre aussi. Tu m'as invité à poursuivre mon blog de libre-penseur et pourquoi pas à écrire un livre. Tu voulais aussi que je rejoigne ton groupe de réflexion, pour voir Genève autrement, sans politicien. Je t'ai écouté, sagement, je t'ai répondu et nous avons trinqué à cette amitié qui était pourtant improbable il y a quelques années, nos chemins étant si différents, et pourtant nous avons bu ensemble ce midi là à la liberté de pensée.

 

On t'aimait ou l'on ne t'appréciait pas, il n'y avait pas de juste milieu envers toi. Un jour je t'ai dit qu'en politique si Stauffer était l'agitateur de la République, toi tu en étais l'amuseur. Tu as ri jaune, amuseur n'était pas de circonstance probablement. Pourtant, c'était un compliment car tu savais parler de tout avec humour tout en restant proche des gens, de leurs préoccupations, de leurs problèmes, de leurs attentes et de leurs idées aussi, tout en gardant ce rire communicatif qui résonne encore.

 

Il y a trois ans, je me suis retrouvé face à mes juges, une procédure disciplinaire administrative du Conseil d'Etat lancée et signée par deux Conseillers d'Etat sortants. Ils n'avaient pas aimés mes mots, ils n'avaient pas aimé mon ton, ils n'avaient pas aimé mes écrits, ils n'avaient pas aimé mes vérités. Cette lourde procédure, durant laquelle ma révocation avait été envisagée, n'a pas été simple à supporter, même si j'ai assumé mes actes, mes paroles et mes écrits, voire mes responsabilités. Si excuses il y a eu de ma part, on blesse parfois les hommes avec les mots, je n'ai jamais baissé les yeux face à l'adversité et tu as été le seul du monde politique à avoir pris ma défense, à avoir plaidé ma cause auprès de tes connaissances influentes. Ton aide, à ce moment de ma vie, m'a été précieuse et tu y as gagné mon amitié sincère.

 

On ne va plus refaire le monde, il est trop tard mais je sais aussi que tu es en paix maintenant, loin de quelques démons qui accompagnaient ta vie, comme si tu n'avais jamais eu le droit de vivre en paix, d'être reconnu, d'être apprécié pour ce que tu étais et pas pour ce que tu représentais.

 

Les anges vont rires un bon coup avec toi, de belles soirées en perspectives et je suis même certain qu'au paradis des petits diables il y a une place pour ta boulimie de rencontres, de découvertes et de projets, comme apprendre aux Saints à mieux communiquer avec nous par exemple, pauvres humains abandonnés que nous sommes et qui avons perdu brutalement un ami, un de ceux qui sont proches des gens et qui nous manquent terriblement aussitôt disparus !

 

Adieu Michel, Minet et Maïté qui t'embrassent !

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon

 

 

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10/04/2012

Le DSPE vit-il dans l'insécurité politique ?

 

Ce texte a été déposé par votre serviteur il y a deux ans avec un autre titre et sur un autre blog, et comme je trouve qu'il reste d'une actualité brûlante je vous le propose une nouvelle fois.

* * *

« J'aime  le sujet de l'insécurité, car il est d'actualité, il représente une crainte profonde de la population, de notre société et l'aborder c'est vouloir y trouver des solutions pour apporter des réponses aux attentes de nos concitoyens.

 

J'aime le sujet de la sécurité, car il doit devenir une véritable actualité, il représente l'avenir de notre population, de nos enfants, de notre société à travers les solutions qui seront proposées.

 

Ce qui a changé à Genève depuis septembre 2009, c'est que le thème de l'insécurité n'est plus seulement évoqué comme un sentiment, mais bien comme une réalité. Si les dernières élections municipales avaient effleuré le sujet, notamment pas Pierre Maudet, le renouvellement du Grand Conseil, puis du Conseil d'Etat genevois a clairement donné forme à cette insécurité. Il était temps, l'on ne pouvait pas rester plus longtemps dans le déni.

 

Lucidité ou courage politique, l'on ne saura jamais ?

 

Par contre, après avoir réussi à franchir ce pas, nos politiques doivent encore avancer, franchir un cap nouveau et poser les questions qui demeurent en veille.

 

Le devoir de réserve ne m'autorise pas à répondre ici aux interrogations déposées ci-dessous et qui m'ont été rapportées par mes amis, mais libre à vous de nourrir ce débat. Elles ne sont pas exhaustives, mais elles restent d'actualité et ont le mérite d'approfondir le thème choisi.

 

La sécurité qui doit vaincre l'insécurité :

 

  • A défaut de moyens en personnels policiers suffisants, ce qui est reconnu, ne faut-il pas un message politique global beaucoup plus fort, qui se devrait d'aller bien au-delà d'une opération de terrain ciblée et restrictive ?

 

  • Quelles sont les  véritables priorités cantonales et sécuritaires dans la politique choisie par nos élus et les hiérarchies ?

 

  • Les cambriolages, les vols à la tire, les délits et crimes avec violence ne doivent-ils pas aussi devenir des thèmes principaux pour restaurer la confiance de nos citoyens ?

 

  • Au delà de la prévention et des actions policières, qui ne seront jamais la solution entière aux problèmes existants car trop dépendantes d'une doctrine judiciaire insuffisamment déterminante actuellement, la sécurité globale ne doit-elle pas devenir un sujet prioritaire et parlementaire à la Berne fédérale ?

 

  • L'éducation et l'enseignement ne doivent-ils pas reprendre une place prépondérante dans la diffusion de nos valeurs historiques auprès d'une jeunesse déjà perdue dans une violence banalisée, voire normalisée par les médias et autres vecteurs, à travers le respect de l'humain, de la vie, du droit d'exister, de vivre en sécurité, en dénonçant à travers l'analyse et la compréhension les comportements illicites et répréhensibles ?

 

  • La première des solutions n'est-elle pas d'offrir une très grande visibilité policière et cantonale, sans parler de répression mais bien de prévention, comme il en avait été le cas à Genève lors des engagements policiers au déclenchement de la guerre du Golf (1990),  puis durant l'Euro08, avec une présence policière générale en nos rues ?


  • L'îlotage individuel tel qu'il est conceptualisé depuis 2003 n'est-il pas un échec qui n'a fait qu'éloigner le plus grand nombre des policiers de base de la rue, du citoyen, de la population, des commerçants, du rapport humain ?

 

Manque d'effectifs :

 

1)      A travers les modifications législatives apportées, soit une augmentation de la classe d'engagement des policiers, êtes-vous certains que les autres modifications apportées ne portent pas atteinte à un métier hiérarchisé organisationnellement dans l'ordre du commandement, comme par exemple la mise en application de la grille salariale étatique et son système rétrograde de promotion qui ne sert qu'à couler ce métier dans la fonction publique, elle-même sans grandes ambitions ?

2)      Le manque d'effectifs à la police genevoise est-il une raison suffisante pour limiter le champ d'action de nos pandores au seul centre-ville ?

3)     Est-ce un choix politique que de ne cibler que la ville de Genève à travers l'opération Figaro et/ou ses descendantes ?

4)      A quand une véritable redistribution des tâches avec les personnels à disposition et les partenaires liés à la sécurité, ce qui en toute logique est le premier pas vers l'optimisation des moyens humains ?

 

Et après :

 

1)      Ne doit-on pas réfléchir aujourd'hui, pour ne pas prendre une nouvelle fois dix ans de retard, sur la politique qui doit être menée à l'avenir, à travers un véritable programme d'éducation, de prévention, de responsabilisation civique ?

2)      Ne doit-on pas réfléchir aujourd'hui, pour ne pas prendre une nouvelle fois dix ans de retard, sur la politique qui doit être menée pour l'avenir, à travers une véritable volonté de maîtriser, d'anticiper l'éclosion de violences nouvelles, de délits sectoriels liés aux déplacements économiques des peuples, dans une société globalisante qui prône une ouverture des frontières, portes également ouvertes à l'arrivée de valeurs et de comportements aggravants qui ne doivent pas devenir les nôtres ?

3)     Ne doit-on pas réfléchir aujourd'hui, pour ne pas rester sur le quai une fois de plus, dans quelle société de demain nous voulons vivre, sécuritairement, environnementallement, économiquement, civiquement, humainement ?

Autant de questions pour lesquelles j'espère vous aurez quelques réponses. »

* * *

En ma qualité d'électeur, deux ans après je n'ai pas l'impression que des réponses suffisantes aient été apportées à ces interrogations, deux ans après je n'ai pas l'impression que le DSPE puisse politiquement y répondre, deux ans après je trouve que la situation sécuritaire ne s'est pas améliorée à Genève, deux ans après je trouve regrettable qu'aucun véritable dialogue ne puisse se produire entre un employeur et des hommes et des femmes de terrain qui se retrouvent quotidiennement aux carrefours de la misère humaine de notre société, et donc proches des problèmes de la population, et donc ceux de nos élus politiques.

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

 

02/04/2012

"Genève bouge" en attendant les hannetons !



"Genève bouge", ce qui pourrait être un slogan accrocheur pour le renouveau de notre canton n'est en fait qu'un constat d'échecs.

Échec d'une législature pour un pouvoir exécutif qui se devait d'être guidé par la collégialité, avec un éclatement de sa structure, de ses repères, de ses valeurs probablement à travers un plan quadriennal qui ne sera pas tenu, ni reconnu. Des problèmes institutionnels, politiques et parfois humains qui auront pris le dessus sur les objectifs réels et légitimement attendus.

Échec d'un Parlement qui a vu ses contre-pouvoirs exploser avec une redistribution des cartes qu'il n'avait pas envisagé. Une métamorphose du schéma politique classique qui n'aura pas permis au pouvoir législatif de travailler sereinement, les alliances d'un jour n'étant plus celles du lendemain, tant le positionnement de chacun des acteurs s'est dispersé, tout comme les idéaux de certains partis parfois.

Échec d'une Constituante qui à trop vouloir revisiter les écrits fondamentaux va se retrouver avec un projet qui s'est éloigné des aspirations et des besoins de la République, des Institutions et de l'humain, à travers des valeurs, des croyances, des visions du monde qui ne correspondent pas aux besoins identitaires de notre population face aux réalités sociétales.

Échec pour le plus grand parti genevois, qui voit en quatre ans son château de cartes d'écrouler jour après jour. Seul Olivier Jornot semble tenir un donjon dans lequel il devra tout reconstruire.

Échec pour un canton qui à force d'oublier d'en devenir égoïste se perd dans un projet d'une région Franco-Valdo-Genevoise où nos partenaires ne sont pas impliqués avec les mêmes besoins, avec les mêmes volontés, avec les mêmes enjeux, avec le même esprit.

A qui perd gagne Genève s'enlise dans la médiocrité, voulant sauver une image universelle sans se rendre compte que chaque jour elle perd un peu plus de son identité.

L'Esprit de Genève n'est pas mort, mais il doit retrouver son souffle très rapidement au risque de s'éteindre définitivement, tel sera le pari inévitable de la prochaine législature pour les jeunes loups qui se lanceront en politique !

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

 

 

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01/04/2012

Avec "Liberté" Genève compte un parti politique de plus !

 

Nous en avions parlé il y a deux ans, nous l'avons fait !

 

Le premier parti politique policier a été fondé ce samedi 31 mars 2012 à Genève. Réunis en assemblée à l'Hôtel Ramada, 87 policiers genevois provenant de tous les corps et 38 personnes sympathisantes ont validé les statuts et le Comité de Direction du nouveau parti politique genevois qui vient de naître sous le nom de « Liberté ».

 

Son logo est constitué d'une grenade bleue sur fond noir, le tout incrusté dans un losange à bordures argent, la doctrine qui le surplombe est « La lumière après les ténèbres ».

 

La mouvance prône le respect de la République et de ses maîtres fondateurs, la liberté, la laïcité, l'éducation des valeurs, le développement durable, l'intérêt du plus grand nombre et la sécurité pour tous dans un état social, égalitaire et humain.

 

Un communiqué de presse sera diffusé lundi 2 avril 2012 en fin de matinée afin de donner rendez-vous à la presse pour la présentation officielle qui se doit d'être réservée pour un tel événement.

 

Pour le Comité

Walter Schlechten

Secrétaire général de Liberté

 

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25/03/2012

Election complémentaire au Conseil d'Etat, un carton VIP à distribuer, sans plus !

 

Le sprint final est donc lancé et tous les outsiders sont là. Pas de pronostic, aucune certitude, un intérêt limité sur l'incidence des résultats, à se demander si l'élection complémentaire au Conseil d'Etat du 17 juin 2012 est détentrice d'un véritable enjeu politique ?

 

Je me pose la question, sachant que la barque est menée à six et que la personne élue viendra en complémentarité de ce collège, sans grand pouvoir discrétionnaire pour influencer les choix d'une législature qui touche à sa fin.

 

Je me pose la question, sachant que la personne élue n'aura ni le temps de marquer de son emprunte le département qu'elle occupera, ni les moyens de sa politique. En effet, le budget 2012 sera en cours lors de ce mandat alors que celui de 2013 ne donnera jamais des moyens supplémentaires à une politiques dépensière, les comptes étant joués d'avance.

 

Je me pose la question, sachant que la personne élue n'aura que le temps de prendre connaissance des dossiers en cours, de traiter les affaires courantes, d'examiner les projets en souffrance et de péparer les prochaines élections, mais c'est tout.

 

Je me pose la question car l'enjeu est ailleurs, il n'est ni dans l'intérêt de la population, ni dans l'intérêt de la République, il sera humain, il sera personnel, il sera individuel, il sera partisan, il sera basé sur le déséquilibre de rivalités devenues contre-productives pour des majorités que nous savons pourtant éphémères.

 

Il nous faudra attendre 2013 et l'année des hannetons pour que changement il y ait, pour que le bilan d'une législature catastrophique soit tiré, pour que la voix du peuple se fasse entendre, pour que les volontés de la population deviennent les priorités de nos élus, remplaçant ainsi celles des partis, des idéaux, des dogmes ou des individus.

 

Anne Emery-Torracinta, Pierre Maudet, Laurent Seydoux, Eric Stauffer ou d'autres, peu importe, je n'y vois que des noms, aucun programme, aucune liberté d'action, aucune volonté d'agir maintenant. Pénétrer dans le dicastère du Conseil d'Etat n'est pas un objectif suffisant pour moi afin de mener à bien une politique sociale, économique, sécuritaire, éducatrice, d'aménagement ou des transports. Le développement durable attendu n'autorise plus notre société à perdre dix-huit mois dans une législature déjà fragilisée par des maillons faibles.

 

Aux candidats de me prouver le contraire. En attendant, comme vous, j'irai voter le 17 juin 2012, comme vous je donnerai ma voix, comme vous je n'y accorderai aucune illusion, mais tout comme vous je m'exprimerai pour que les autres entendent cette rumeur populaire qui gronde, la même qui prépare l'année des hannetons et les changements attendus, voulus et espérés afin que demain Genève relève la tête et ouvre les yeux sur le présent pour mieux préparer l'avenir.

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

19/03/2012

"Ziki, Brigadier de la Cour au grand coeur"

Quand on est arrivé ce soir « Chez Maria », je ne t'ai pas remarqué seul à une table, je crois même que je ne t'aurais pas reconnu. Pourtant tu étais bien là, sans ton satané respirateur, avec une mine des beaux jours portée par une santé qui s'améliore un peu visiblement.

 

C'est toi qui es venu à nous. Je mangeais avec mes deux demoiselles quand tu t'es joint à notre table, ton verre de rouge à la main. On attendait notre boueuse, celle qu'on aime, servie au "Café de l'Union" avec une petite viande séchée du pays.

 

T'as refilé un billet de dix francs à la gosse, comme ça, juste pour lui faire plaisir, comme un papy avec ses petits enfants. Tu as trinqué avec nous et commandant la même chose et tu nous as offert ton grand cœur.

 

Toi le bourru, le grognard, le cocardier, le rouspéteur, tu nous as gratifiés d'un grand sourire. Puis tu nous as parlé du passé, de tes années au service de la République. Tes paroles étaient accompagnées d'un regard malicieux, tel celui d'un enfant qui raconte une histoire coquine.

 

Tes années à toi ce sont 1964 à 1994, des souvenirs du siècle passé que tu nous as clamés avec les mots d'aujourd'hui. Faut dire que tu as occupé un poste clef, presque honorifique, où la rigueur était de mise avec un soupçon d'entregent. Brigadier de la Cour tu as été, Brigadier des murs du Palais de Justice tu resteras.

 

Le procès de l'étrangleur à la cravate restera d'ailleurs pour toi le plus grand des débats. Ce Tunisien reconnu coupable de cinq assassinats avait été condamné en 1991 à la réclusion à vie lors d'un procès sans précédant pour Genève.

 

Des lois, des juges, des avocats et des hommes tu en as côtoyés. S'il y en a un que tu n'aimes pas c'est le Warlu, beau parleur qui te dérange, qui t'incommode, qui te regardait de haut. Il n'avait pas la prestance des autres, de ceux que tu admirais, de ceux avec qui tu taillais la bavette avec un bon verre. Certains avaient leur table réservée à l'année dans les bistros de la place du Bourg-de-Four, des seigneurs, des complices de la bonne table. Dominique Poncet était ton ami, Michel Halpérin ton confident.

 

Il y a aussi cette anecdote avec Barillon, où tu lui as fait remarquer que sa bavette blanche n'était plus immaculée et que cela ne se portait pas ainsi. Ta franchise coutumière a payé, il en a changé sur-le-champ, sans esclandre.

 

Et puis il y avait la politique, des hommes d'honneur que tu estimais, les Ruffieux, Dupont, Donzé, tous Conseillers d'Etat.

 

Et puis il y avait Monsieur le Chef de la Police, Jean-Robert, l'unique, le seul tu diras.

 

Et puis il y avait le foot, UGS et le FC Police.

 

Et puis il y avait les Vieux-Gren, ceux d'avant, ceux pour qui l'Amitié voulait tout dire.

 

Et puis il y a le temps qui passe et ce Brigadier de la Cour qui ouvre son cœur, comme ça, à quelques jours du printemps, juste pour parler, juste pour partager, juste par amitié.

 

Quel beau cadeau que cette amitié offerte mon Ziki, un moment de vie partagé autour d'un bon verre et des centaines de souvenirs, de ceux que je ne peux imager avec toi, de ceux que je découvre avec toi, de ceux que je comprends si bien, surtout quand tu nous dis que si c'était à refaire tu ne changerais rien, tu referais le plus beau métier du monde.

 

Honneur à toi Brigadier de la Cour.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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14/03/2012

"L'injustice"

 

Elle est arrivée sans prévenir, dans la nuit, au détour d'un tunnel.

 

Elle ne les a probablement pas réveillés, préférant les surprendre dans leur sommeil.

 

Elle ne les a pas choisis, elle frappe à l'aveugle car elle n'a pas de limite.

 

Elle est toujours lâche car elle atteint souvent les plus faibles.

 

Après son passage, se déploient la colère, les larmes, la tristesse, le deuil, la révolte souvent.

 

Elle, c'est l'injustice, la même qui enlève la vie aux innocents, la même qui brise un amour infini, la même qui distille les tempêtes, les catastrophes, la maladie et la mort.

 

Elle est souvent monstrueuse, mais lorsqu'elle emporte des enfants innocents, des anges qui n'attendaient que de croquer une vie qu'ils commençaient à peine de découvrir, l'injustice ne porte plus de nom car je n'en connais aucun assez fort pour qualifier l'horreur d'une telle souffrance.

 

Rien ne remplacera l'absence, rien ne viendra condamner l'inacceptable, resteront l'amour et les souvenirs, resteront les larmes et le chagrin.

 

L'injustice elle poursuivra sa route aveuglément, accompagnant le destin, celui-là même qui tente de nous amener aux portes du bonheur.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

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11/03/2012

Résultats des votations, et maintenant ?

Le peuple suisse a voté, les décisions du souverain se devront d'être respectées, mais pour moi trois interpellations demeurent.

 

1) Prix du livre.

 

Le prix unique du livre ne sera donc pas la norme, une norme qui sera pourtant restée une inconnue avant, pendant et après la votation, ne sachant jamais si les prix allaient baisser ou monter après l'acceptation de cette réglementation fédérale. En effet, opposants et défenseurs n'ont jamais été capables d'annoncer la mouvance, aucune certitude n'étant accise, la modération étant déléguée dans ce projet de Loi fédérale au Surveillant des prix face à l'évolution de ceux-ci.

 

Un vote nul pour un statuquo qui n'apporte aucune solution aux prix exorbitants des livres constatés en Romandie.

 

2) Résidences secondaires.

 

Les résidences secondaires devront donc constituer au maximum 20 % du parc des logements et de la surface brute au sol habitable de chaque commune. Cette norme demeure elle aussi une inconnue, ses effets collatéraux étant invisibles à ce jour tant sur le marché du travail, tant sur les flux migratoires résidentiels, que sur les prix de l'immobilier ou sur le tourisme en général.

 

Un vote majoritaire de bonne conscience des plaines et des villes pourtant contesté par les populations concernées, celles des vallées et des montagnes, un choix qui apporte probablement une solution morale mais qui soulèvera irrémédiablement des problèmes d'ordre économique.

 

3) Loi sur les manifestations.

 

La Loi cantonale sur les manifestations sera donc modifiée, ainsi en a décidé la population genevoise, sauf que déjà des voix touchées par le syndrome de Frégoli crient au scandale anticonstitutionnel. La démocratie à certes plusieurs visages, mais la persécution n'est pas une fatalité pour les déçus du jour, car les gens de bonne volonté de risquent rien par les modifications apportées, ils ne perdent aucun droit fondamental ni constitutionnel, surtout si à travers leurs actes et leurs positions futurs ils s'accordent à lutter contre les comportements inadéquats.

 

La population, elle, gagne un droit, celui de dire « Stop aux casseurs » et donc de manifester en paix.

 

"Carpe Diem"

 

 

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Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

04/03/2012

Lettre d'amour à mon père !

Il y a des épreuves dans la vie qui éloignent les gens, il y a des épreuves dans la vie qui rapprochent les familles.

 

Cette nuit va être courte pour nous tous car il y a un mois maman nous quittait, libérée d'un combat inégal face à la maladie, même armée du soutien du staff médical, même armée du courage d'une femme d'honneur, même armée de l'amour de ses proches.

 

Le plus vaillant des soldats tu auras été papa, discret et fidèle, disponible et serviable, doux et attentionné, solitaire et amoureux. De nous tous c'est toi qui portait l'espoir impossible de la guérison, tu voulais y croire, tu t'y raccrochais je pense, tu le souhaitais du plus profond de ton être j'en suis certain.

 

Aujourd'hui tu es là, tu souffres, tes nuits sont courtes et longs sont tes silences, mais tu es présent, si proche d'elle alors qu'elle s'éloigne tous les jours un peu plus de nous. Tu lui rends visite matin et soir, tu lui parles, tu échanges, tu partages ces instants intimes mais tu restes en attente de réponses qui ne viendront pas, qui ne viendront plus.

 

Ce que je peux te dire papa, c'est que maman nous a quitté en te tenant la main, comme pour te passer le témoin de la famille. Cette main tu as su la lui offrir dans ses derniers instants, paisiblement, calmement, lucidement, l'accompagner avec l'amour d'une vie, avec le courage de ne pas la laisser seule, de respecter une promesse déposée il y a fort longtemps probablement.

 

Toi aussi tu as fait preuve d'un courage incroyable papa, et ce matin encore, en ajustant sa tombe, en décorant ce monument éphémère, en t'occupant d'elle comme l'on soigne un malade à son chevet, tu lui apportes tout l'amour qu'un époux, qu'un mari, qu'un homme peut donner à une femme. La séparation est encore plus douloureuse quand l'amour est le ciment du couple et rien n'efface le manque.

 

A mon tour, après avoir eu la chance durant ces derniers mois de le dire à maman, je veux te dire papa que je t'aime, que l'on est très fier de toi, que tu es très courageux et qu'il n'est pas interdit de partager ses larmes, car le chagrin est avant tout une preuve d'amour, pas de faiblesse.

 

« On t'aime papa, courage »

 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

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22:16 Publié dans Femmes, Lettres, Solidarité, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

02/03/2012

Le jeune loup, le chacal et la lionne !

Il était une fois un mulet roi à bout de souffle, victime d'une allergie maligne. Il résistait tant bien que mal aux allergènes mais du se résigner à quitter la ménagerie, ses souffrance n'étant pas celles des autres.

 

Dans ce grand Cirque des Cols Blancs, l'éviction d'un animal charismatique se devait d'être corrigée et un remplacement dans les meilleurs délais envisagé. Nul obligation de reprendre un mulet, mais le choix se devait d'être représentatif des besoins.

 

Un casting fut donc organisé mais la longue liste des prétendants s'étiola rapidement comme neige au soleil. Trois carnassiers restèrent pourtant en course pour la cage dorée vacante.

 

  • Un jeune loup au poil lustré, au verbe intelligent et à l'œil vif, ambitieux et malin, patient et observateur, indépendant mais s'ingérant souvent dans les débats de la meute.

 

  • Un chacal au poil gominé, isolé depuis quelques années dans une cage frustrante, trop étroite pour son égo de carnivore, râleur et contestataire, fort en gueule mais autoritaire, solitaire mais solidaire, sachant parfois énerver la meute.

 

  • Une lionne au poil sociable, pas méchante pour un sous mais pas un sous pour être méchante, qui donne tout à ses petits et aux plus faibles, laissant les grands se débrouiller entre eux, préférant jouer de mots et des idéaux que sortir ses griffes, sachant néanmoins asséner le coup de patte pour calmer la meute.

 

Le directeur du Cirque des Cols Blancs hésita, encore et encore, et décida que les spectateurs voteraient en juin, lors de la prochaine représentation. En attendant, les clowns feront patienter la population, car en l'état le rire est bien souvent le dernier remède aux maux de notre société.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

21:37 Publié dans Culture, Fiction, Genève, Histoire, Humour, Lettres, Médias, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

29/02/2012

"Genève bouge"



"Genève bouge", ce qui pourrait être un slogan accrocheur pour le renouveau de notre canton n'est en fait qu'un constat d'échecs.

Échec d'une législature pour un pouvoir exécutif qui se devait d'être guidé par la collégialité, avec un éclatement de sa structure, de ses repères, de ses valeurs probablement à travers un plan quadriennal qui ne sera pas tenu, ni reconnu. Des problèmes institutionnels et humains qui auront pris le dessus sur les objectifs réels et politiques attendus.

Échec d'un Parlement qui a vu ses contre-pouvoirs exploser avec une redistribution des cartes qu'il n'avait pas envisagé. Une métamorphose du schéma politique classique qui n'aura pas permis au pouvoir législatif de travailler sereinement, les alliances d'un jour n'étant plus celles du lendemain, tant le positionnement de chacun des acteurs s'est dispersé, tout comme les idéaux parfois.

Échec d'une Constituante qui à trop vouloir revisiter les écrits fondamentaux  va se retrouver avec un projet qui s'est éloigné des aspirations et des besoins de la République, des Institutions et de l'humain, à travers des valeurs, des croyances, des visions du monde qui ne correspondent pas aux besoins identitaires de notre population.

Échec pour un canton qui à force d'oublier d'en devenir égoïste se perd dans un projet d'une région Franco-Valdo-Genevoise où nos partenaires ne sont pas impliqués avec les mêmes besoins, avec les mêmes volontés, avec les mêmes enjeux, avec le même esprit.

A qui perd gagne Genève s'enlise dans la médiocrité, voulant sauver une image universelle sans se rendre compte que chaque jour elle perd un peu plus de son identité.

L'Esprit de Genève n'est pas mort, mais il doit retrouver son souffle très rapidement au risque de s'éteindre définitivement, tel sera le pari inévitable de la prochaine législature.

12:20 Publié dans Culture, Genève, Histoire, Images, Lettres, Médias, Politique, Région | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

19/02/2012

Coûts des heures supplémentaires de la police, qui a intérêt à attiser une telle polémique ?

 

Ainsi donc les heures supplémentaires de la police sont en augmentation, ainsi donc les heures supplémentaires de la police ont un coût, pourtant :

 

J'ai souvenir d'une Commission des finances qui hurlait au sujet d'une prime demandée pour des heures supplémentaires effectuées.

 

J'ai souvenir d'une Cour des comptes qui fustigeait l'opacité du mode de compensation et de paiement des heures supplémentaires.

 

J'ai souvenir d'un Grand argentier qui désirait maîtriser ces coûts avec une Loi, des Règlements.

 

J'ai souvenir d'un Président de département qui expliquait déjà que le manque d'effectifs avait des répercutions sur les engagements opérationnels, et donc sur le nombre d'heures supplémentaires nécessaires.

 

J'ai souvenir d'un protocole d'accord signé, de l'entrée en vigueur d'une nouvelle Loi sur la police et d'un Règlement d'application.

 

J'ai souvenir que c'est l'employeur, sous la pression de la Commission des finances, de la Cour des comptes, du Parlement, qui a proposé :

 

  • Une modification de l'âge de la retraite, mettant au bénéfice d'un pont les plus touchés, sans opacité;
  • Un lissage de la grille salariale, sans opacité;
  • Des débours forfaitaires, sans opacité;
  • Des horaires annualisés, sans opacité;
  • Une compensation des heures supplémentaires de 25 % sur un jour de travail et de 100 % sur un congé, ce qui se rapproche le plus du MIOPE, sans opacité;
  • Un mode de récupération, puis de paiement des heures supplémentaires réglementé, sans opacité;
  • L'instauration d'un Piquet, pour des besoins opérationnels évidents, avec une compensation de 15 %, sans opacité;
  • Une fiscalisation de l'indemnité pour risque inhérent à la fonction, que les syndicats ont combattue en vain, le tord étant physique et moral, une imposition sans opacité.

 

Toutes ces modifications devaient, si je me souviens bien, apporter une grande clarté dans la gestion de la police, allant de ses engagements à ses budgets en passant par son mode de rémunération.

 

Aujourd'hui, nous citoyens constatons que nous avons des policiers avec un horaire annuel aux normes, des débours reconnus comme frais réels, un salaire d'une grande clarté, des prestations étatiques réglées par une Loi et des Règlements, une retraite adaptée aux règles fédérales.

 

Reste qu'une « réorganisation » de la police est prévue par le Département et une Cour des Comptes qui voudrait que ses recommandations inadaptées soient mises en application.

 

Reste un Grand argentier qui peut budgétiser tous ces frais sans opacité.

 

Reste le véritable problème du manque d'effectif et pour lequel le recrutement n'est pas encore une réussite, constat qui devrait faire dire à l'employeur qu'une redistribution du cahier des charges entre les divers partenaires serait plus efficiente qu'un hypothétique tsunami de personnel, qui aurait de facto un coût de gestion dont personne ne parle à ce jour.

 

Alors, à qui profite le crime, car les problèmes rencontrés par nos policiers ne sont pas en lien avec leur rémunération, mais bien avec des choix politiques, législatifs et administratifs. Aujourd'hui, les responsabilités sont donc politiques, pas policières.

 

Il est vrai que pendant que l'on parle de gros sous, on ne parle plus d'insécurité, mais sachant que la sécurité à un coût, tout comme la santé, qui a donc intérêt d'attiser une telle polémique ?

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

09:42 Publié dans Associations, Culture, Economie, Genève, Images, Médias, Police, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

13/02/2012

Les Dieux de l'Acropole regardent l'Europe et lui demandent de revisiter ses valeurs.

Alors que les événements se précipitent en Grèce, je crois que notre société se retrouve à un tournant important pour la civilisation occidentale. Après le « printemps arabe », voilà que c’est l’Europe qui gronde, qui résonne, qui détonne, qui s'interroge, qui ose.

Les populations européennes sont devenues les otages d’un système économique et financier basé sur la croissance, sur la spéculation, sur une monnaie qui a une certaine valeur mais qui a perdu toutes ces valeurs.

Les politiques monétaires et budgétaires menées précipitent actuellement l’Europe dans un précipice, dans lequel quelques États membres sont déjà tombés. Ces derniers ne se retiennent encore que par que quelques baudriers accrochés aux cotations de la bourse et aux aides financières accordées, une sécurité précaire basée sur des valeurs qui n’en sont pas.

Dans les prochains mois, la révolte populaire européenne sera pécuniaire et sociale, en lutte contres les systèmes financiers en place. La politique du développement économique durable devrait devenir la référence dans une société de libre échange où la croissance ne sera plus la valeur primaire, déclassée qu’elle serait par le partage des richesses, du travail et des biens de premières nécessités.  

Cette crise qui sera sans précédant va surtout réveiller les consciences, qui vont devoir se retourner sur notre société avant d’en redéfinir les véritables valeurs. Soyons certain que le « Nouveau Monde » est en route, il devrait éclore le 21 décembre 2012.  

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.