11/02/2013

Le bruit, une pollution urbaine qui exige une solution humaine !

La République est en effervescence depuis quatre jours, la révolte gronde, la résistance d’organise. Erreur judiciaire, injustice sociale, mensonge politique où bavure administrative, nul ne sait ? Pourtant, la presse s’en est fait l’écho et des personnalités de la place montent aux barricades.

 

Sur des centaines de bistrots, vingt neuf n’auraient pas reçu l’autorisation de prolongation d’horaire sollicitée auprès du Scom. Une fermeture à minuit est donc exigée, comme la loi le prévoit au-delà des exceptions qui étaient devenues la règle.

 

Nuisances, le mot est lâché et la sanction est tombée. Elle est administrative, elle est instinctive, elle est motivée et notifiée. Depuis de nombreuses années on nous parle du bruit, du fait qu’il représente une pollution, probablement la première en milieu urbain. Nos Autorités se devaient donc d’agir les exploitants n’ayant pas su réagir.

 

Si les réactions sont aussi vives c’est que l’objectif visé est atteint, la prévention globale par la sanction administrative, sachant que la réponse pénale est inefficace. Ce coup de semonce aura le don de remettre en question des fondamentaux qui guident le monde de la nuit et une certaine économie.

 

Le mieux vivre ensemble passe aussi par le respect et ce ne sont pas les habitants d’une rue, d’un quartier, qui ne s’investissent plus dans la vie active de ces bars branchés et qui attirent une clientèle suburbaine, qui vont s’en plaindre. Dans le pire des cas, ils pourraient retrouver le calme peu après minuit, et enfin dormir.

 

Tous les arguments des fêtards urbains ne tiennent pas la route, ce n’est pas parce que l’on habite en ville que l’on doit tout accepter ou subir. Reste une question, la clause du besoin ne devrait-elle pas être instaurée en nos rues lors de l’installation ou la reprise d’un établissement public ?

 

Au fait, ils ont fait comment tous les bistrots qui ont obtenu ladite prolongation ?  

 

Walter Schlechten, ex-habitant de La Croix-de-Rozon. 

02/01/2013

Putain de vie !

« Putain de soirée de ouff que je viens de passer. Alors que je me dirige vers le parking, la musique résonne encore en moi, mon cœur bat aux rythmes des basses qui ne me quittent plus. Les shoots de Tequila absorbés n’y sont probablement pas pour rien non plus, boum, boum, boum … Faut dire qu’on n’a pas bu que du petit lait ce soir avec mes potes. Les pires ce sont les gonzesses, elles ne savent pas s’arrêter avec les petits verres, l’ivresse à en vomir, comme Coralie tout à l’heure. Elles provoquent mais ne supportent pas aussi bien que nous, les mecs.

 

Putain, je me les caille sur ce parking et je ne trouve plus mes clefs qui étaient dans la poche de mon blazer. Déjà que la tête me tourne, je n’aurais pas dû mélanger, ni fumer ce joint qui tournait et là faudrait pas que je prenne froid. Mais bon, c’est la fête, ce n’est pas tous les samedis soir comme ça, heureusement pour mes finances et mon pauvre foie. Je crois même que je vais dégueuler si je ne me retrouve pas très vite assis dans ma bagnole. Ah voilà, la clef magique de Titine qui va me ramener à la maison, sans passer par le Start j’espère. Soirée de ouff mais je rentre seul, la Nadia n’a rien voulu entendre, elle n’était pas chaude, pas autant que moi. 

 

Putain, je ne sais pas comment je vais rentrer, mais c’est exclu que je laisse ma tire sur ce parking de loosers. Et hop, Titine démarre toujours du premier coup, magnifique. Faut dire qu’avec ses jantes sport et son kit avant, elle en a de la gueule Titine. Je vais la faire rugir un peu d’ailleurs, même à froid elle supporte. En plus, avec elle je vais ouvrir et mettre moins de quinze minutes pour arriver à la casa, trop cool ma bagnole.

 

Putain de nuit, demain ça va être bain chaud et thé froid pour faire passer tout ça, et après dans le canapé et devant la télé. Je ne sort pas, même si mes loosers de potes m’appellent. De toute façon ils sont aussi déchirés que moi. Même Julien a pris une mine, il est parti avant tout le monde, tout juste s’il n’a pas appelé maman à la place de Nez Rouge. Looser, on ne laisse pas sa caisse dans un parking, moi Titine c’est sacré et personne d’autre n’en prend le volant.   

 

Putain de fiesta, faudra que je la raconte à Miguel, ce con à la grippe et n’a pas voulu sortir, il a tout raté. Quand je pense à la troisième alignée de Tequila boum boum, dix petits verres qui nous attendaient pour une nuit de ouff, on est des Kings. La dernière mine que j’ai pris comme ça c’était à l’anni de Fred, tout à la Vodka pomme, du délire aussi. Faut dire que mes potes et moi on est les rois des bottelons improvisés. Tiens, hier soir avant d’arriver à la boîte c’était à la Super Boc qu’on s’est chauffés. Deux packs de six et des culs secs du diable, Pedro est le plus rapide à ce petit jeu, pas une goutte à côté. Si demain matin j’ai pas mal à la tronche, c’est un miracle.

 

Putain de route, pas un chat, trois voies pour moi, ouvre Titine, ouvre, la musique à fond, c’est un rodéo à la Gangnam Style qui commence, c’est une soirée de ouff.

 

Putain de vie, à moi ce soir il ne peut rien m’arriver ... Gen'vois staïle.»

 

Walter Schlechten, un habitant de La Croix-de-Rozon. 

 

NezRouge.jpg

19/09/2012

J'ai égaré ma liberté de pensée !

Chers lecteurs, chères lectrices, 

Pour des raisons indépendantes de ma volonté, cette nuit j'ai égaré ma liberté de pensée. Je ne sais si la cause en est un défaut technique, une erreur de manipulation, une lecture inappropriée d'un mode d'emploi ou une mauvaise interprétation de l'usage qui en était fait, reste que cette liberté là s'est égarée. 

Donc, en attendant de retrouver celle-ci, je vais devoir écrire autrement, en y apposant une réflexion différente car cintrée par de grands murs habillés de barbelés, les mêmes qui limitent l'accès à la liberté dans une prison.

Sentiment étrange que de regarder le monde depuis le point zéro, comme si un danger se devait d'être maîtrisé, comme si un langage cloisonné avait moins de valeur que celui d'un homme libre, comme si les cris et les mots n’étaient plus les outils de la parole, de l’écriture, et les armes nécessaires face à l’injustice des hommes ou à l’intolérance de nos démocraties.

Reste que ma loyauté d'écriture demeure, à mon humble niveau, un plaisir que je vais continuer de partager avec vous sur des sujets de société, en ma qualité de citoyen du canton et d'habitant de La Croix-de-Rozon, tout comme avant. 

Belle journée à vous, car c'est un temps idéal pour plonger dans un bon livre.                             

Walter Schlechten, un Minet habitant la Croix-de-Rozon. 

21/08/2012

Responsabilité des baigneurs en aval, responsabilités politiques en amont !

 

L'été et les grandes chaleurs sont propices à la baignade.  Que ce soit en piscine, en lac, en fleuve ou en rivière, un danger permanent demeure, celui de la noyade, de l'accident.

 

Bains des Pâquis, Baby Plage, pont Sous-Terre ou pointe de la Jonction, l'eau y est rafraîchissante, l'ambiance y est festive mais l'inconscience y est perceptible.

 

En rentrant ce soir, comme usager de la route j'ai descendu le pont de Sous-Terre. Comme tous les jours, des dizaines de jeunes gens, et des moins jeunes, sautaient ou plongeaient du pont. Comme tous les jours, des dizaines de curieux ou des adeptes du bronzage en ponton regardaient ces plaisanciers agir.

 

Et pourtant, chaque fois que je passe là je regarde au loin ces corps gesticulants être emportés en aval par le courant, tel un jeu, tel un rituel. Je ne peux alors m'empêcher de me dire qu'un jour, une fois de plus, accident il y aura et que ce jour là nos élus, responsables de la sécurité de tous, se déchargeront à nouveau sur un règlement, une mise en garde, une parution dans la FAO prônant la responsabilisation des nageurs.

 

Mais ce soir par exemple, de nombreux jeunes sautaient en amont du pont, ce qui est interdit, et pire encore je devinais les sauts de ceux qui, accrochés à la rambarde en aval, se lançaient dans l'eau, sans visibilité, sans appréhender l'arrivée de leurs copains emportés sous le pont.

 

J'ai même vu trois gamins s'enfiler entre les rails de sécurité, écarter le filet de protection en place, et se laisser tomber à l'eau à travers cette ouverture inappropriée et sans visibilité. Tous les éléments étaient ce soir réunis pour qu'une catastrophe se produise, pour qu'une famille se retrouve plongée dans le malheur, avec un proche disparu ou un enfant polytraumatisé.

 

Pas de policier en vue, pas d'agent de la police municipale en vue, pas de travailleur sociaux hors mur en vue, pas de garde faune en vue. Alors, soit il est autorisé de sauter, de plonger, de nager en aval du pont Sous-Terre, soit c'est interdit, mais si autorisation tacite il y a nos autorités doivent alors sérieusement envisager d'y aménager un poste de secours et d'y placer du personnel formé pour une surveillance qui devient obligatoire dans ces circonstances.

 

Mon père, en 1955, sautait déjà de la passerelle qui a précédé la construction du pont, il aimait à nager jusqu'à la pointe de la Jonction. Les enfants du quartier ont tous connu ce grand frison, cette fraicheur des eaux et ce sentiment d'être libre, comme emporté par la nature.

 

Je ne voudrais pas que ce lieu devienne le sanctuaire des souvenirs pour une génération qui n'a plus peur de rien, qui n'a plus le même sens des valeurs que nous, qui joue innocemment avec sa vie sans prendre conscience que nous ne sommes pas dans un jeu vidéo. Je ne voudrais pas que ces eaux fraîches deviennent la dernière demeure d'un ado qui voulait juste faire comme les autres.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

GHI Pont Sous-Terre.jpg

(Photo : archives GHI)

 

 

 

25/06/2012

Jouez, je suis libre de tout contexte !

Quand on vous dit que le contexte est important :

Ce jour, un jeune garçon plein de talent s'approprie le piano libre rue du Mont-Blanc. Je m'approche, j'écoute, je me joins aux passants qui apprécient cet instant. Le petit est doué, très doué. 

Subrepticement, j'observe le contexte de ce mini concert.

1) l'enfant (13 ans) qui joue est un Rom;
2) sur le piano se trouve un bol;
3) sur les marches des escaliers situés en face se trouve un Rom adulte qui observe, qui surveille;
4) contre le mur de l'UBS, l'orgue électrique du gamin est plié;
5) les gens s'arrêtent, écoutent et donnent une pièce de bon cœur;

L'enfant m'aperçoit, devine l'uniforme, le doute envahi son visage, il fronce les sourcils. 

Je lui souris et d'un signe de la main, pouce en haut, lui indique qu'il joue bien. 

Le sourire gagne son visage et ses doigts glissent encore plus vite sur les touches pour mieux nous séduire. 

La musique est belle, l'enfant a du plaisir à jouer, les gens sont heureux.

Dans ce contexte, le Rom devient enfant prodige, la musique douce et la vie en communauté agréable. La pièce déposée n'est pas réclamée mais offerte. Reste que l'argent ira probablement dans les poches du Rom adulte, reste que cet enfant a pendant quelques minutes eu du plaisir en rue car il a partagé sa passion, le piano ! 

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

 

Piano1.jpg

(photo TDG : Laurent Guiraud)

 

 

25/04/2012

Michel Chevrolet, un petit diable chez les anges !

 

En ce 24 avril 2012 tu nous as quitté, subitement, seul, sans prévenir, sans publicité ni communication extravagante ou ciblée. Pas de tramway nommé Départ pour ce dernier envol.

 

Je ne pense pas que tu aies précipité ce dernier voyage, même s'il est prématuré, même s'il est si soudain. Il n'était pas prévu et c'est certain personne ne l'envisageait autour de toi. On ne meurt pas à 39 ans, on croque la vie même si elle est marquée de cicatrices.

 

Tu avais des projets plein la tête pour ton appartement, pour ta boîte de communication, pour Genève la ville de ton cœur. Tu visais haut, tu visais loin, tu visais grand pour notre cité, car si l'Argentine était ton pays de sang, Genève demeurait ton amoureuse.

 

Épicurien tu aimais la fête, les bons petits plats et les bons vins. Tu dévorais la vie, un peu trop vite parfois mais toujours pour aller plus loin, pour avancer, pour vivre tout simplement,  comme si tu craignais d'en perdre le souffle durant une seconde, une minute ou une heure.

 

Nous avons mangé ensemble il y a onze jours. Tu m'avais invité dans un estaminet de cette Vieille Ville que tu appréciais tant. Tu voulais le meilleurs pour tes amis, tu voulais le meilleurs pour tes proches, tu voulais le meilleurs pour ta ville et sa population. Durant ce repas, tu as tenté de me convaincre de ne jamais m'engager en politique, non pas que je n'en aie pas les compétences, mais parce que tu m'estimais trop droit, trop franc, trop libre aussi. Tu m'as invité à poursuivre mon blog de libre-penseur et pourquoi pas à écrire un livre. Tu voulais aussi que je rejoigne ton groupe de réflexion, pour voir Genève autrement, sans politicien. Je t'ai écouté, sagement, je t'ai répondu et nous avons trinqué à cette amitié qui était pourtant improbable il y a quelques années, nos chemins étant si différents, et pourtant nous avons bu ensemble ce midi là à la liberté de pensée.

 

On t'aimait ou l'on ne t'appréciait pas, il n'y avait pas de juste milieu envers toi. Un jour je t'ai dit qu'en politique si Stauffer était l'agitateur de la République, toi tu en étais l'amuseur. Tu as ri jaune, amuseur n'était pas de circonstance probablement. Pourtant, c'était un compliment car tu savais parler de tout avec humour tout en restant proche des gens, de leurs préoccupations, de leurs problèmes, de leurs attentes et de leurs idées aussi, tout en gardant ce rire communicatif qui résonne encore.

 

Il y a trois ans, je me suis retrouvé face à mes juges, une procédure disciplinaire administrative du Conseil d'Etat lancée et signée par deux Conseillers d'Etat sortants. Ils n'avaient pas aimés mes mots, ils n'avaient pas aimé mon ton, ils n'avaient pas aimé mes écrits, ils n'avaient pas aimé mes vérités. Cette lourde procédure, durant laquelle ma révocation avait été envisagée, n'a pas été simple à supporter, même si j'ai assumé mes actes, mes paroles et mes écrits, voire mes responsabilités. Si excuses il y a eu de ma part, on blesse parfois les hommes avec les mots, je n'ai jamais baissé les yeux face à l'adversité et tu as été le seul du monde politique à avoir pris ma défense, à avoir plaidé ma cause auprès de tes connaissances influentes. Ton aide, à ce moment de ma vie, m'a été précieuse et tu y as gagné mon amitié sincère.

 

On ne va plus refaire le monde, il est trop tard mais je sais aussi que tu es en paix maintenant, loin de quelques démons qui accompagnaient ta vie, comme si tu n'avais jamais eu le droit de vivre en paix, d'être reconnu, d'être apprécié pour ce que tu étais et pas pour ce que tu représentais.

 

Les anges vont rires un bon coup avec toi, de belles soirées en perspectives et je suis même certain qu'au paradis des petits diables il y a une place pour ta boulimie de rencontres, de découvertes et de projets, comme apprendre aux Saints à mieux communiquer avec nous par exemple, pauvres humains abandonnés que nous sommes et qui avons perdu brutalement un ami, un de ceux qui sont proches des gens et qui nous manquent terriblement aussitôt disparus !

 

Adieu Michel, Minet et Maïté qui t'embrassent !

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon

 

 

Michel.jpg

 

 

24/01/2012

Genève, où es-tu ?

Genève, où es-tu !

 

Genève, tu es la ville la mieux gérée de Suisse, mais Genève je ne te reconnais plus.

 

Pourtant, il y a encore quelques années je t'imaginais conquérante, courageuse, ambitieuse, pragmatique, grande et belle avec un Esprit rayonnant.

 

Il y a quelques années, je t'espérais avec des valeurs sauvegardées, avec une image universelle, avec une capacité à t'offrir, à te proposer, à t'engager.

 

Il y a quelques années, je te voulais garante d'une neutralité reconnue, placée au centre des besoins, des espoirs, des attentes, engagée entre les décideurs et les voix des peuples qui gondent.

 

Il y a quelques années, je croyais que le développement durable de l'humanité se devait de passer par toi, comme un exemple, comme un gage de réussite, de progrès, de compromis, d'une prise de conscience universelle.

 

Il y a quelques années, je te dessinais avec un pont magnifique, une rade illuminée, des quais fleuris, des parcs verdoyants, des rues lieux de vie communautaire et des routes guides de nos déplacements à la croisée des destinées.

 

Genève, aujourd'hui je ne te reconnais plus, je ne te reconnais pas. Tu as perdu ton Esprit qu'une Constituante improbable, contestée, contestable, tente de retrouver entre les traverses d'une guerre des clans qui n'entrent pas en constitution.

 

Genève, tes valeurs, tes croyances, tes richesses, tes Grands Hommes avaient pourtant su construire les fondations solides d'une cité universelle, d'un canton reconnu comme un label de qualité, de fiabilité, de dialogue, de médiation, de sincérité, de paix.

 

Genève, où es-tu ?

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

15/01/2012

Tout est parti d'un comportement inapproprié !

« Je me souviens de m'être demandé ce que je faisais là, de m'être dis que je n'avais plus l'âge pour et que si cela n'avait pas été pour faire plaisir à mon amie et participer à ce concours de danse, jamais je ne me serais retrouvé en ce lieu.

 

Ce n'était pas la musique qui me dérangeait ce soir là, j'ai par le passé déjà fréquenté assidument cette discothèque, mais la clientèle, trop jeune, turbulente et excitée.

 

J'avais décidé de faire avec, juste une heure ou deux, histoire que ma belle ne soit pas déçue, ni ses deux sœurs qui nous accompagnaient pour ce concours. Faut dire que ce soir là j'étais un peu le King, trois belles filles à mes côtés. Puis, je me souviens aussi de ça :

 

  • On va aux toilettes, tu nous attends là mon cœur.
  • Aucun problème, je vais vous chercher à boire.

 

Les minutes passent et les filles ne reviennent pas des commodités. Je scrute au loin, je les cherche, je les devine enfin. Mon amie est visiblement furieuse.

 

  • Tu ne sais pas ce qui vient de nous arriver dans les toilettes.
  • Euh, non.
  • Un sale type, un petit con en plus, est venu pisser chez nous sans gêne. Je lui ai demandé de sortir, lui indiquant qu'il était chez les filles ici.
  • Et ...
  • Eh bien ce pauvre type m'a saisie par les cheveux, m'a tirer la tête en arrière et m'a traitée de salle pute, en m'intimant l'ordre de fermer ma gueule.
  • Tu plaisantes, il est où ce sale con.
  • Je ne sais pas, il est resté aux chiottes je crois ..  J'ai voulu lui mettre une gifle à ce morveux mais je n'ai pas osé.
  • Bouges pas, je vais aller le voir.
  • Il est là, il arrive, c'est lui (elle me le désigne du doigt).
  • T'es là la pute.. Et toi mec, t'as quoi toi à me regarder comme ça, un problème.
  • C'est toi visiblement le problème, de quel droit tu insultes ma copine.

 

Aucune réponse ne viendra. Soudainement le petit caïd de la soirée me saisi le cou de sa main droite et serre. Je pratique comme par réflexe une clef de poignet et croyant me libérer de cette étreinte. Fausse impression d'un combat égal, je reçois alors un énorme coup de poing d'un grand mec qui se trouvait derrière le petit caïd, puis un coup de pied dans le dos d'un autre que je n'avais pas deviné derrière nous. Au sol, un troisième, un black je me souviens, m'assène à son tour un énorme coup de pied au visage.

 

Je vois les étoiles, je ne comprends pas ce qui m'arrive, les coups pleuvent de partout. Je me relève et je me place devant les trois sœurs qui hurlent, ne voulant pas qu'elles prennent un coup. J'allonge une droite au caïd qui revenait vers moi menaçant, mais c'est la seule que j'aurais rendue car c'est de suite une bousculade géante qui nous entraîne vers la sortie. Un videur, puis deux, puis trois sont intervenus. Ils nous sortent des cette cohue, pour nous protéger mais je ne le comprendrai que plus-tard.

 

Tous les témoins sont là, m'expliquant que se sont cinq français m'ont agressé comme des brutes. Je demande que l'on appelle la police mais pas d'ambulance, même si j'ai le visage en sang. Mon t-shirt est déchiré et que je sens bien que j'ai ramassé.

 

Les videurs m'annoncent que les types on quitté la salle, l'un d'eux aurait une 205 grise immatriculée dans le 74. J'apprends alors très vite qu'ils viennent de Cluse, que là-bas ils font la loi tous les soirs, et qu'ici ils ont déjà menacé un videur avec une arme à feu il y a deux semaines.

 

La police arrive, plusieurs patrouilles même. J'explique, de donne des signalements, d'autres témoins s'annoncent spontanément. J'enlève encore mon t-shirt souillé de sang. Je suis là, comme un con, à torse nu dans la rue, quai Ernest-Ansermet, où les policiers ont mis en place un barrage filtrant, à la recherche de la 205 grise, en vain.

 

C'était en 1991, j'avais 24 ans. Un vendredi soir comme les autres pour moi, une sortie où je m'étais rendu à Jackfill avec ma copine et ses deux sœurs, juste pour participer à un concours de danse. Je n'étais pas retourné dans cette discothèque depuis deux ans au moins, ma vie était ailleurs.

 

J'étais un jeune flic en congé avec une tête au carré, suite à une mauvaise rencontre. J'étais là au mauvais moment, au mauvais endroit, en colère contre les éléments, en colère contre moi de n'avoir pas su, de n'avoir pas pu.

 

Ce soir là, j'ai voulu défendre l'honneur de mon amie, mais ce soir là je suis tombé sur cinq courageux qui m'ont éclaté la tête. Je n'ai jamais retrouvé ces gens, ai-je même cherché, je ne le crois pas, mais par contre je me souviens de tout. »

 

Réalité ou fiction, je vous laisse choisir, mais cette histoire peut arriver à tout le monde, je vous le promets.

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

 

 

20:24 Publié dans Culture, Fiction, Genève, Histoire, Lettres, Loisirs, Musique, Police, Région | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

22/08/2011

"La Proie et l'Aveugle"

« Playa den Bossa, Ibiza, 0432, un bruit provenant de la plage me sort de mon sommeil. Je saute du lit sans réveiller ma compagne et sa petite fille. Je file sur le balcon, vue sur la mer depuis le troisième étage de l'hôtel.

 

Immédiatement je repère les cris, les rires. Deux couples se lancent dans un bain de minuit, après une fin de nuit d'ivresse visiblement. Les garçons provoquent, ils sont nus. Les filles répliquent, résistent, gardent leurs sous-vêtements. Leurs autres effets sont déposés sur des transats rangés rapidement en fin de journée par le plagiste. Rien de grave, je vais me recoucher, sauf que mon regard agrippe de suite deux ombres dans la nuit, sur la jetée.

 

Deux jeunes hommes, des voyeurs, des voyous, des amants ?

 

Visiblement l'un des deux fait le guet, assis sur un banc, face à la mer mais avec vue sur la promenade qui jouxte la jetée, la plage, le sable et les amants d'une nuit.

 

Le second fait des aller-retour, n'est pas calme, observe, change de direction, change de motivation.

 

Deux cyclistes perdus dans la nuit arrivent, profitant de la fraîcheur de l'aube. Le guetteur ne bouge pas alors que son complice plonge sur la plage, couché sur le ventre, immobile, invisible dans l'ombre de la nuit. Les vélocipèdes passent, les gredins patientent.

 

Soudainement, le furtif se place dans l'alignement des chaises longues rangées par pile de douze, dans l'axe des baigneurs. Il s'allonge de tout son long et rampe à la vitesse de l'éclaire. Je ne vois plus un homme, mais un lézard. Gestes saccadés mais rapides, il laisse même une trace sinueuse dans le sable après son passage, tel un reptile. Je suis comme hypnotisé par la scène.  

 

Aux pieds des transats, il se relève, fouille, cherche, disparaît. Retour vers son complice avec la même dextérité, la même agilité. Il saute sur la jetée mais étonnamment ne quitte pas les lieux. Il est bredouille, il n'a pas trouvé son butin.

 

L'une des deux jeunes filles ressort de l'eau, un oubli, un préservatif nécessaire ou une coquetterie féminine, je ne sais pas, mais elle retourne auprès des chaises longues et de ses effets.

 

Le malandrin, ne doutant de rien, se dirige alors vers elle. Tel un frimeur, lui demande du feu par la gestuelle, langue internationale de l'île. Il essuie une réponse négative, mais en profite pour observer sa proie, si proche, si fragile, si naïve. En s'éloignant, il vient de repérer le butin recherché, déposé sur transat du dessus.

 

La belle retourne à l'eau, noyer ses premiers amours dans l'eau fraîche et rejoindre son compagnon d'un soir. Le reptile lui revient sur ses pas, et recommence son approche initiale. Même ruse, même démarche, même tactique, même tracé dans le sable. Il me semble encore plus vif, plus décidé, plus rapide.

 

Là, j'hésite. Descendre et intervenir. Crier ou laisser faire. Réveiller ma douce par mon signal verbal ou accepter de voir un vol se commettre. Briser la nuit d'une enfant qui n'arrivera pas à se rendormir à cause de la chaleur ou laisser une ados se faire voler une vingtaine d'euros, voire un téléphone portable. Je me tais, je garde le silence, contre-nature, à contre-cœur. Un fort sentiment de culpabilité m'habite alors, me ronge, me contrarie, réveille un antagonisme insupportable, car je suis en vacances, mais je suis flic aussi.

 

Et puis je me dis que la naïve d'un soir doit faire ses expériences de la vie, découvrir le monde, ses plaisirs et ses risques.

 

Voyant disparaître dans les rues les deux voleurs, se partageant le butin, je vais me recoucher. Seul les quelques jurons de la victime m'empêcheront de m'endormir, tout comme ma conscience qui vient d'être mise à l'épreuve.

 

Il y a des souvenirs de vacances que l'on n'oublie pas, mais il y a des réflexes qu'on laisse au repos, même en vacances. Prendre des risques pour une histoire qui ne me concerne pas, à des milliers de kilomètres de chez moi, et briser la nuit douce et calme de ma famille pour empêcher un vol provoqué par l'opportunisme, ce soir là je me suis endormi calmement, mais en me souvenant de tout, car coupable d'avoir été aveugle. »

Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

23:16 Publié dans Fiction, Histoire, Loisirs, Monde | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

08/05/2011

Stéphane Guillon, ou la méchanceté au service de la liberté d’expression, et de la vengeance !

Samedi soir, théâtre du Léman, il y avait Dieu, les riches et les pauvres, DSK et BHL, les handicapés, les détenus de prison, les japonais irradiés, les morts et les vivants, il y avait surtout Stéphane Guillon et Nicolas Sarkozy.

 

Un duel à distance gagné haut la main par l'humoriste. Certes, la vengeance, à travers un spectacle nommé Liberté Surveillée, est un plat qui se mange froid, mais là le show était chaud.

 

Pas de langue de bois, ou si peu, et des attaques précises comme une décision ministérielle. On peut ne pas aimer son ennemi, mais de s'attaquer à la liberté d'expression, par des moyens de pression, n'aura pas été la plus maligne des décisions du Petit Nicolas. L'effet boomerang n'aura pas été long à attendre.

 

Le public, conquis par la victimisation de l'humoriste et comblé par sa prestation, a lui aussi vite choisi  son camp, même si une ou deux galéjades sont restées douteuses, dans l'ensemble personne ne souhaitait couper le micro du provocateur.

 

Un genre d'humour qui manque en Suisse, à Genève, où la Revue pourrait s'en inspirer pour rendre plus tranchant son spectacle prochain. Ne jamais oublier que l'on peut rire de tout, mais qu'il faut y mettre la manière.

 

Stéphane Guillon y est parvenu, sans compromission politique, sans retenue, laissant le rire prendre le dessus sur la gêne furtive du ressenti. Un humour rare et craint car si loin des banalités.

 

J'en veux pour preuve qu'en fin de spectacle, Guillon nous faisait remarquer que si son spectacle venait à durer nous raterions Eric Zemmour sur la 2. Belle provocation, sans savoir si les deux hommes s'apprécient assez pour un mariage mixte, même si Guillon le fait rire et que Zemmour adore son côté rebel. Selon lui, Guillon c'est un mutin de panurge, un curé de la nouvelle pensée dominante. J'adore l'image.

 

Et comme le dit si bien Eric Naulleau, de qui vient le véritable scandale, du messager de l'humour ou de celui qui est à l'origine de la mauvaise nouvelle.

 

A la sortie de ce spectacle, j'aime à dire qu'il ne faudrait jamais perdre sa liberté d'expression, mais juste son innocence. 

 

Minet

 

01/05/2011

Tourisme en Egypte, nous avons testé !

C'est au mois de novembre 2010 que nous avions réservé un voyage en Egypte, pour ces vacances de Pâques. Depuis, nous avons suivi les événements, écouté les recommandations du DFAE, observé les comportements des agences de voyage, pour décider enfin il y a six semaines de maintenir ce déplacement.

C'est donc à quatre adultes et une enfant que nous nous sommes rendus à Sharm El Sheikh. Certes, cette région touristique n'avait pas été touchée directement par les événements, même si l'information n'a jamais été très précise à l'époque des faits.

Que dire de cette semaine, de nos attentes et des résultats d'un séjour balnéaire presque ordinaire.

Premièrement nous nous attendions à un accueil bien plus chaleureux, plus soigné touristiquement, plus attentif, juste pour convaincre. Pour avoir déjà séjourné à deux autres reprises dans ce pays magnifique, rien n'a véritablement changé

Toute personne demeure un objet d'analyse, de surveillance, d'interrogation, de suspicion. La présence toujours aussi indiscrète des hommes des services de sécurité de l'Etat n'est pas le meilleur signe de bienvenue. Il y a cette agressivité du regard envers les occidentaux et la femme n'est toujours pas considérée. L'administration est toujours aussi lourde et hiérarchisée à tel point que l'on ne se retrouve jamais devant un responsable qui saura prendre une décision. On devine que d'importants changements sont intervenus, des têtes ont dû tomber et les personnes mises en place pas encore rodées à l'exercice. La présence armée, le long des routes et aux check point, est plus discrète qu'il y a dix ans, mais la marine elle est bien présente le long des côtes. Des hommes en armes gardent aussi les entrées d'hôtels la nuit.

Deuxièmement, on devine un pays qui tourne au ralenti avec des institutions précaires. Difficile voire impossible de faire du change en ville ou à l'hôtel, il faut impérativement si besoin est de faire cette opération à l'aéroport. Difficile voire impossible d'obtenir de véritables réponses sur la sécurité en rue ou lors des transports. Difficile voire impossible d'oublier que nous ne sommes là que pour déposer nos devises et repartir. La preuve en est que la clientèle russophone ou jordanienne est spécialement choyée, mais je ne crois pas que le tourisme égyptien peut se contenter de ces uniques richesses pour assurer l'avenir de sa profession.

La grande différence cette année est qu'un grand nombre de touristes européens qui nous accompagnaient on été déçus, tout comme nous.

Le soleil et la Mer Rouge étaient bien au rendez-vous, mais pas le peuple égyptien visiblement encore noyé dans la tourmente des événements, entre les fantômes d'hier et des incertitudes de demain.

Nous sommes arrivés ce soir à Genève, en ayant tenté de laisser ces quelques mauvais souvenirs au bord de la Mer Rouge, mais avec un goût amer, afin de pouvoir déposer un rayon de soleil en arrivant lundi matin au bureau.

 

IMG_9687.jpg

 

23:42 Publié dans Commerce, Culture, Economie, Loisirs, Monde, Politique, Solidarité, Suisse, Voyages | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

11/04/2011

"Le Sourire"

« Depuis des mois je vais lui rendre visite avec ma douce, le dimanche en général. Je l'appelle Madame, elle me dit vous. C'est la maman de cœur de ma compagne, elle fut sa nounou mais aussi sa lumière. Ensemble, on partage toujours un repas dans un restaurant chaleureux.

 

J'observe alors ces deux femmes si proches et je devine que l'une a éclairé le chemin de vie de l'autre, à travers une éducation d'une époque révolue, mais souvent regrettée. Il faut dire qu'une femme qui vous a élevé durant tant d'années ne s'oublie pas si facilement, et quelle femme.

 

Elle a 96 ans, bientôt 97, valaisanne de cœur et solide comme un rocher suspendu au dessus du temps qui passe. Certes elle vieilli, son visage est marqué et sa démarche fragile, mais ses rides sont de beauté et son pas d'une sagesse certaine. Elle trouve le temps long et estime qu'elle n'a plus grand-chose à faire sur cette terre. Elle attend irrémédiablement la fin, ce départ qui se fait attendre alors qu'elle est prête, résignée sûrement, lucide évidemment.

 

Elle qui a connu presque un siècle d'histoire, de travail, de voyages, de rencontres, de découvertes, de lectures, de guerres mais d'amour aussi. L'amour de tous ces enfants de grandes familles qui sont un peu les siens aujourd'hui. Elle ne revendique pas cette situation, mais ce sont ces mêmes garnements qui la lui accordent avec tout leur amour aujourd'hui.

 

Ma douce en est une parmi d'autres. Mais ce lien est fort, puissant, il se lit dans leurs yeux, il se voit dans leurs étreintes discrètes d'une main vers l'autre. Alors, par amour mais aussi pas don de soi, j'accompagne ces dames et je partage leurs échanges. Des souvenirs que je n'ai pas, des images que je ne connais pas, des instants partagés oubliés mais si vite remémorés que je devine. J'écoute, je découvre, j'admire.

 

Mes yeux aiment cette vieille dame, elle est un peu mes grand-mères disparues, de ces femmes que l'on écoute, car intelligentes et franches. La vie n'a pas toujours été simple pour elles, mais elles ne regrettent jamais rien, elles ont bien vécu comme elles aiment à l'affirmer.

 

Et moi, j'aime vivre ces moments partagés avec cette belle personne. Elle donne de l'amour et en reçoit de ma femme de cœur. Ce qui est certain, c'est que nous ont lui apporte un rayon de soleil qui illumine à chaque visite son visage et qui lui redonne, pour un instant, l'envie de vivre, d'avancer, juste pour le plaisir de nous revoir dans une semaine. Ce lien affectif semble bien fragile mais tellement infini qu'il en devient intemporel.  

 

C'est avec un visage radieux qu'elle nous quitte à la fin de nos visites, fatiguée aussi en retournant dans sa chambrette, avec tous ces « vieux » qui eux ont un peu perdu la tête. Et nous, c'est avec impatience que l'on souhaite revenir au plus vite pour la retrouver et continuer à parcourir, en sa compagnie, ce grand livre de la vie illuminé par ses sourires. »

04/04/2011

"Ce matin je vais crever, seul au monde"

«Ce qui devait arriver arriva, je viens de chuter. Me voilà dans une position bien inconfortable, seul au milieu de cette grande pente, blanche et lisse mais brillante et glissante comme de la glace. En contrebas je devine ce gouffre que j'avais repéré, et que nous cherchons tous à éviter. Si je continue ma descente incontrôlée c'est bien là que je risque de terminer, et en ce lieu c'est certain, jamais l'on ne me retrouvera, perdu pour toujours dans ces abîmes.

 

C'est terrible cette grande sensation de solitude qui nous gagne très vite, loin de nos semblables ont est plus le même. On réfléchi vite, mais comme il y a si peu de solutions, on se résigne, on compte alors sur les autres, mais sur qui. Le service sanitaire et de secours n'intervient que sur appel, mais pour ça il faut qu'un autre usager ou un proche l'avise. Dans l'attente, on reste recroquevillé sur soi-même, comme déraciné et pour se protéger de cette humidité glacée des lieux. On garde les yeux rivés sur ce gouffre tout en priant qu'un autre écoulement ne vienne nous précipiter vers le bas.

 

Personne ne sait que je suis là, ma présence n'était pas préméditée, simplement la résultante d'un besoin urgent de sensations. C'est comme une drogue, on ne peut pas se retenir. Il y a bien quelques passages sur les hauteurs, mais souvent ils restent au dessus, me surclassent sans me voir, sans remarquer ma présence. On pourrait même croire qu'ils m'évitent.

 

Tout au sommet je devine bien l'enseigne principale sur le toit de cette station, Gerberit. Elle résonne comme une évidence, moi un habitué des lieux, été comme hiver, sauf que l'accident d'aujourd'hui n'était pas prévu. J'étais pourtant bien préparé pour l'ouverture, mais je me suis désolidarisé de mon attache, je suis hors piste et là en grand danger. Il n'y a que mon ami Bulbe qui doit se rendre compte de ma disparition soudaine, et encore.

 

Je me résigne, je me raidi, je sais que je vais finir ici, dans cette cuvette, sur ce sol d'un blanc porcelaine, seul au monde. Pas grave, j'ai bien vécu, avec tous mes potes on en a vu de choses, et on a bien voyagé aussi. Faut pas se plaindre, la souffrance n'est rien face à la mort certaine qui m'attend, face au danger qui vient des hauteurs qui me surplombent. C'est un peu comme une course extrême, mais Red Bull ne sera probablement de la partie cette fois, car ce n'est qu'une question de minutes, de secondes, la chasse sera tirée et moi, pauvre poil pubien, perdu dans ces chiottes publiques de Plainpalais, ce matin je vais crever. »