10/11/2012

"L'urgentiste anonyme"

"Nouvel appel, c’est le troisième accident de la route de la soirée. En ces nuits de pluie on sait que le risque est plus grand, que nous aurons plus de travail. Il nous est précisé qu’un scootériste est gravement blessé suite à une collision avec une voiture.

 

Sirène alternée et feu bleu, je fonce avec mon véhicule jaune fluorescent à travers la ville. L’important est d’arriver sur les lieux, pas de faire la course avec les secondes, donc je reste prudent. Ne pas avoir d’accident est ma priorité lors de ces conduites en urgence. Le toubib assis à mes côtés prend des informations par téléphone auprès du 117. Une patrouille de police est déjà sur place, elle sécurise les lieux et donne des informations utiles. La Brigade de sécurité routière a elle aussi été requise.

 

Nous y arrivons. En bas de la rue je devine tour à tour le feu bleu des gendarmes, des badauds trop curieux, une voiture accidentée, un deux-roues endommagé couché sur le flanc, un corps étendu, deux policiers qui tentent tant bien que mal de lui porter secours.

 

L’ambulance nous suivait, nous aurons ainsi tout sur place rapidement. C’est l’avantage du cardiomobile, une unité d’urgence indispensable pour tenter de sauver des vies.

 

Le stresse de la conduite laisse place aux gestes appris, aux réflex connus, au travail en équipe, au calme pour ne pas faire d’erreur. Le médecin prend les choses en main, avec sobriété, avec sérénité même. Il le faut, pour ne pas perdre de temps, pour ne pas perdre une vie. 

 

C’est un vilain trauma même si pas une goute de sang n’est visible. Le corps du blessé est secoué par des spasmes après être resté inanimé plusieurs minutes. Les policiers lui maintiennent les jambes et les bras. Etat de choc, réactions d’un système nerveux qui ne maitrise plus les gestes face à des douleurs inconnues. Première piqure pour le calmer, sinon nous n’arriverons pas à poser une perf, ni à l'intuber au moyen de la canule oro-pharyngée. Pour l'instant, je le ventile au moyen d'un masque avec Ambu. 

 

Tout est important pour nous, du bilan du médecin aux circonstances de l’accident, le lieu du choc, le point de chute, les dégâts sur le scooter, les dommages sur les vêtements du blessé ou sur son casque. On ne reconstitue pas un accident, on en constate les conséquences pour agir au plus près des nécessités. L’urgence ne laisse pas de répit, pas de seconde chance.

 

Quarante minutes d’un protocole qui se doit de s’adapter à l’imprévu, aux circonstances, aux besoins. Chacun sait ce qu’il doit faire, des gestes appris et répétés. Stabiliser un patient pour en assurer le transport au service des urgences. Ce soir encore nous y arriverons, sans certitude d’avoir sauvé une vie, juste celle d’avoir rendu réalisable cette possibilité.

 

Je suis infirmier, ambulancier spécialisé dans la médecine d’urgence, je suis conducteur du cardiomobile, je suis un urgentiste qui travaille au carrefour de la détresse humaine et qui aime la vie."

 

Walter Schlechten, un habitant de la Croix-de-Rozon. 

29/08/2012

Quelle société laisserons-nous à nos enfants, mais quels enfants laisserons-nous à cette société ?

Il y a des jours où je préférerais ne pas me réveiller pour prendre connaissance des dernières informations. Il y a des jours où je me demande si les experts de ce monde ont une quelle conque expérience humaine des sujets dont ils traitent. 

(Reprise partielle de mes billets d'octobre 2011)

 

Ainsi donc Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement romand d'études des addictions (GREA) sollicite ce matin une dépénalisation de la drogue ; 

 

Ainsi donc la guerre mondiale contre les drogues a échoué, avec des conséquences dévastatrices pour les hommes et pour les sociétés du monde entier ;

 

Ainsi donc il faut mettre un terme à la criminalisation, à la marginalisation et à la stigmatisation des consommateurs de drogues qui ne cause pas de préjudice à autrui ;

 

Ainsi donc il faut rejeter les idées préconçues sur le trafic, la consommation et la dépendance au lieu des les renforcer ;

 

Ainsi donc il faut encourager l'expérimentation par les gouvernements de modèles de régulation légale des drogues, de manière à réduire le pouvoir du crime organisé et à protéger la santé et la sécurité des citoyens ;

 

Ainsi donc cette recommandation s'applique particulièrement au cannabis, pour d'autres drogues il faudrait encourager également d'autres expériences en matière de dépénalisation et de réglementation capables d'atteindre les mêmes objectifs.

 

La politique des drogues menée à ce jour aurait eu comme effets pervers :

 

1. Le développement d'un « gigantesque marché noir criminel » financé par les bénéfices exponentiels générés par la satisfaction de la demande internationale en drogues illicites.

 

2.  D'importants errements politiques, résultant des ressources allouées au financement d'un vaste système de répression contre ce marché criminel.

 

3.  Le déplacement géographique, aussi appelé « effet ballon », dû au changement des régions de production dans le but de contourner les mesures répressives.

 

4.  Le changement de substance, ou le passage des consommateurs à d'autres substances lorsque leur drogue habituelle devient difficile à obtenir, par exemple suite à des mesures de répression.

 

5.  La stigmatisation, la marginalisation et l'exclusion sociale des toxicomanes.

 

http://www.idpc.net/sites/default/files/library/Global_Co...

 

Ce sont donc notamment ces raisons qui poussent ces "experts" à tenir un discours aussi ouvert, aussi permissif, aussi irresponsable car ne tenant pas compte des réalités de la toxicomanie, de la demande et de l'offre perpétuelles, des contraintes physiques et psychiques des cures et autres prescriptions régulées qui ramènent si souvent le drogué à une consommation parallèle à son traitement.

 

Ma colère est grande face à l'irresponsabilité des hommes et des femmes qui préconisent la dépénalisation des drogues, sachant que si la politique des quatre piliers n'est pas aboutie à travers ses priorités, elle demeure la seule solution envisageable pour l'instant. Je vous en rappelle les fondamentaux :

 

Le pilier « prévention » contribue à la réduction de la consommation de drogues en évitant que les gens ne se mettent à en consommer et ne développent une dépendance.


Le pilier « thérapie » contribue à la réduction de la con sommation de drogues en permettant de sortir d’une dépendance ou à en préserver la possibilité. Elle contribue en outre à la promotion de l’intégration sociale et de la santé des personnes traitées.

Le pilier « réduction des risques » contribue à minimiser les effets négatifs de la consommation de drogues sur les usagers et – indirectement – sur la société en rendant possible une consommation entraînant moins de problèmes individuels et sociaux.

Le pilier « répression et régulation du marché » contribue, par des mesures de régulation servant à appliquer l’interdiction des drogues illégales, à réduire les effets négatifs de la consommation de drogues.

La dépénalisation ne représenterait qu'un désastre humain de plus, un signe fort de la perte des valeurs de notre société, de nos repères, dans une société justement à la recherche de celles-ci car disparues à travers une vision du monde utopique de nos politiques de gauche. Mais si la droite veux si mettre aussi, pas de problème, après il faudra en assumer les conséquences mais je ne suis pas certain que nos aînés suivent sur ce chemin là.


Pour ceux qui comme moi ont des connaissances plongées dans la toxicomanie, posez cette simple question : "d'homme à homme, et pour l'avenir de nos enfants, êtes-vous pour la dépénalisation des drogues ?"

 

Les réponses seront franches, sans équivoque et unanimes : "NON".

Il en va de l'avenir de nos enfants et mes convictions sont grandes sur ce thème ! 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

20/10/2011

Pourquoi la dépénalisation des stupéfiants est une hérésie !

Que la commission mondiale pour la politique des drogues préconise la dépénalisation des drogues par la voix de Mme Ruth Dreifuss, ancienne Présidente de la Confédération suisse, est une chose. Que cette instance se base sur son rapport de juin 2011 en est une autre, mais que le bon sens ne vienne pas nourrir les fondamentaux de cette analyse est inquiétant pour l'avenir de notre société et de nos enfants.

 

Ainsi donc la guerre mondiale contre les drogues a échoué, avec des conséquences dévastatrices pour les hommes et pour les sociétés du monde entier ;

- La guerre mondiale contre les drogues, ah bon. J'ignorais qu'un tel combat, digne d'une bataille universelle que l'on veut gagner, avait été mené au plan mondial. J'ignorais aussi que la gagne passait pas une victoire totale, alors que bien des petits combats sont vainqueurs au quotidien dans cette lutte menée par les soldats de nos valeurs.

- Rendre les armes ainsi, sans vouloir combattre plus en avant, plus loin, plus profondément, en usant de stratégies nouvelles mais sans reddition, c'est donner gain de cause à l'adversaire, c'est le renforcer dans ses convictions profondes que le crime paie, que la drogue fait vivre et que les valeurs de ces grandes mafias sont plus fortes que celles de notre société.

- Jamais notre population ne devrait avoir l'ombre d'un doute au sujet de cette guerre qui doit être menée contre les stupéfiants, contre ceux qui cultivent, contre ceux qui fournissent, contre ceux qui trafiquent, contre ceux qui sont corrompus par ce fléau, contre ceux qui sont dépendants de ce vice, car la drogue est la gangrène sociétale de ce siècle.

- Il est "heureux" dans ce malheur de se rendre compte que les conséquences sont dévastatrices pour les hommes et pour les sociétés du monde entier, mais ce n'est pas cet embryon de guerre qui en est la cause, mais bien la drogue et tous ses dommages collatéraux. Il ne faut pas lutter contre la guerre, mais contre la drogue. Aucun combat n'est simple à gagner, mais se rendre sans y avoir mis toutes ses forces, c'est mourir en léguant une société sans avenir à nos enfants.

 

 

Ainsi donc il faut mettre un terme à la criminalisation, à la marginalisation et à la stigmatisation des consommateurs de drogues qui ne cause pas de préjudice à autrui ;

- A ce jour, je ne connais aucun consommateur de drogues qui ne cause pas de préjudice à autrui, seules les personnes totalement sevrées ont gagné ce pari fou, celui de vaincre la drogue et ne plus nuire à son entourage, à ses proches surtouts, à sa famille en premier bien souvent.

- La marginalisation et la stigmatisation ne proviennent en aucun cas de la criminalisation de la consommation de drogue, mais bien de la consommation de ces substances illicites qui engendrent une désocialisation totale de l'être, une perte des valeurs et du respect de soi-même. Seul le produit compte et induit des comportements stigmatisant, puis la marginalisation au regard d'une société où le consommateur ne s'implique plus.

- Une aide, un accompagnement, un suivi avec des objectifs qui passent par la revalorisation de l'humain, de ses valeurs, des ses repères est le minimum que l'on puisse offrir à tout consommateur qui fait vœux de sortir de cette déchéance humaine. Un appui thérapeutique devient alors souffle de vie avec des produits de substitutions adéquats.

- Malheureusement, bien souvent l'appel du manque demeure plus fort que la cure, et le toxicomane replonge de plus haut pour s'évader un peu plus dans ses nébuleuses. Les marchés parallèles sont ainsi alimentés pour répondre à cette demande, avec un trafic sans cesse innovant, dans les moyens, dans les produits proposés et avec l'avènement des drogues de synthèse.

 

 

 

Ainsi donc il faut rejeter les idées préconçues sur le trafic, la consommation et la dépendance au lieu des les renforcer ;

- Une énumération de ces idées préconçues serait intéressante, même si le nerf de la guerre n'est pas là. Peu importe l'idée, elle germe de nos valeurs, de nos repères, de notre vision du monde qui en seront les guides. C'est bien là qu'il faut travailler en amont, retrouver des valeurs qui ont su, par le passé, faire avancer notre société en luttant contre les fléaux dévastateurs qui se sont succédés.

- Quelles valeurs accordons-nous à la drogue, au trafic, à la consommation de celle-ci et de la dépendance qui en résulte inévitablement pour les drogues dures ?

- Quels repères sociétaux prêtons-nous à la drogue, au trafic, à la consommation de celle-ci et de la dépendance qui en résulte inévitablement ?

- Quelle vision du monde offrons-nous face à la drogue, au trafic, à la consommation de celle-ci et à la dépendance qui en résulte ?

- Les solutions pour une approche nouvelle passent indéniablement par les réponses obtenues à ces questions. Il en va de l'avenir de notre société.

Ainsi donc il faut encourager l'expérimentation par les gouvernements de modèles de régulation légale des drogues, de manière à réduire le pouvoir du crime organisé et à protéger la santé et la sécurité des citoyens ;

- Quelle naïveté que celle de croire que qu'un modèle de régulation légal et gouvernemental viendrait réduire le pouvoir du crime organisé et qui plus est protéger la santé et la sécurité des citoyens.

- Le crime organisé se réorganisera avec des substances nouvelles, dont l'attrait et probablement la spécificité feront que le marché parallèle, le trafic, demeureront avec le risque que la rareté des produits illicites proposés fasse grimper les prix de ceux-ci.

- La libéralisation à travers une distribution étatique, pharmaceutique, médicale a déjà été testée avec la méthadone. Ce produit est une aubaine lors d'un traitement, mais il est bien souvent détourné de l'usage personnel et individuel prévu, pour réapparaitre sur le marché parallèle. Il en va de même avec de nombreux médicaments prescrits, tel le Dormicum. C'est alors l'Etat, les pharmaciens et les médecins qui alimentent ce marché parallèle de substitution, un comble pour qui veut contrôler ladite distribution.

 

Ainsi donc cette recommandation s'applique particulièrement au cannabis, pour d'autres drogues il faudrait encourager également d'autres expériences en matière de dépénalisation et de réglementation capables d'atteindre les mêmes objectifs.

 

La politique des drogues menée à ce jour aurait eu comme effets pervers :

 

1. Le développement d'un « gigantesque marché noir criminel » financé par les bénéfices exponentiels générés par la satisfaction de la demande internationale en drogues illicites.

- Si indéniablement le "gigantesque marché noir criminel" diminuerait à l'aube d'une légalisation, les drogues nouvelles et alors illicites, de synthèse probablement, viendraient rapidement inonder un nouveau marché gris criminel.

- La satisfaction de la demande internationale en drogues n'est que la résultante du marché, de l'offre et de la demande. La question ne se pose pas en capacité de fournir étatiquement le produit, mais bien de déterminer les conditions et les habitudes des consommateurs. Le malaise sociétal est une des causes importantes de l'augmentation des abus, il faut là aussi rechercher les causes de ces addictions.

 

2.  D'importants errements politiques, résultant des ressources allouées au financement d'un vaste système de répression contre ce marché criminel.

- La répression contre ce marché criminel a un prix, mais il est aussi possible d'envisager autrement le financement de cette lutte, les saisies judiciaires pourraient par exemple venir financer ce combat. L'argent de la drogue contre la drogue.

- C'est un faux débat, les premières économies ne doivent pas venir aider à une augmentation de l'insécurité en attaquant les budgets de la sécurité.

 

3.  Le déplacement géographique, aussi appelé « effet ballon », dû au changement des régions de production dans le but de contourner les mesures répressives.

- Les mesures répressives contre les régions de production, alors que nous savons tous que ce sont les gouvernements de ces pays qu'ils faut mettre au pas, devant le fait accompli des décisions issues de nos valeurs, de nos repères sociétaux, de notre vision du monde. Le trafic de drogue doit être poursuivi dans l'ensemble de son œuvre, la corruption aussi.

 

4.  Le changement de substance, ou le passage des consommateurs à d'autres substances lorsque leur drogue habituelle devient difficile à obtenir, par exemple suite à des mesures de répression.

- C'est bien là que se trouve le problème sociétal actuel rencontré en occident, mais ce n'est pas les mesures répressives qui en sont la cause majeure, mais bien l'augmentation de l'offre, des produits, des mélanges possibles, du détournement de médicaments de leur usage premier à l'arrivée de nouvelles drogues de synthèse.

- C'est là aussi les véritables raisons de ce comportement en toxicomanie qui doit être analysé, car si mélange il y a, la désintoxication deviendra quasi impossible.

 

5.  La stigmatisation, la marginalisation et l'exclusion sociale des toxicomanes.

- A ce jour, je ne connais aucun consommateur de drogues qui ne cause pas de préjudice à autrui, seules les personnes totalement sevrées ont gagné ce pari fou, celui de vaincre la drogue et ne plus nuire à autrui, à ses proches surtouts, à sa famille en premier bien souvent.

- La marginalisation et la stigmatisation ne proviennent en aucun cas de la criminalisation de la consommation de drogue, mais bien de la consommation de ces substances illicites qui engendrent une désocialisation totales de l'être, une perte des valeurs et du respect de soi-même. Seul le produit compte et induit des comportements stigmatisant, puis la marginalisation au regard d'une société ou le consommateur ne s'implique plus.

- Une aide, un accompagnement, un suivi avec des objectifs qui passent par la revalorisation de l'être, de ses valeurs, des ses repères est le minimum que l'on doit offrir à tout consommateur qui fait vœux de sortir de cette déchéance humaine. Un appui thérapeutique devient alors souffle de vie avec des produits de substitutions adéquats.

- Malheureusement, bien souvent l'appel du produit demeure plus fort que la cure, et le toxicomane replonge de plus haut pour s'évader un peu plus. Les marchés parallèles sont ainsi alimentés pour répondre à cette demande, avec des trafiquants sans cesse innovant, dans les moyens, dans les produits proposés avec l'avènement des drogues de synthèse.

 

 

http://www.idpc.net/sites/default/files/library/Global_Co...

 

Les réalités de la toxicomanie sont bien complexe, de la demande et de l'offre perpétuelles, des contraintes physiques et psychiques des cures et autres prescriptions régulées qui ramènent si souvent le drogué à une consommation parallèle à son traitement.

Pour moi, la politique des quatre piliers n'est pas aboutie en Suisse à travers ses priorités, mais elle demeure la seule solution envisageable pour l'instant.

Malheureusement et à ce jour, l'encadrement sanitaire par la réduction des risque est insuffisant - La prévention est inadaptée aux réalités - Les thérapies sont souvent incontrôlées, ouvrant ainsi le marché gris - La répression est sans effet sachant que les peines encourues demeurent minimes et donc en aucun cas dissuasive. Mais tous ces éléments sont issus de choix politiques. S'il le faut, j'y reviendrai dans un prochain texte. 

Je vous en rappelle les fondamentaux des quatre piliers :

Le pilier « prévention » contribue à la réduction de la consommation de drogues en évitant que les gens ne se mettent à en consommer et ne développent une dépendance.


Le pilier « thérapie » contribue à la réduction de la consommation de drogues en permettant de sortir d’une dépendance ou à en préserver la possibilité. Elle contribue en outre à la promotion de l’intégration sociale et de la santé des personnes traitées.

Le pilier « réduction des risques » contribue à minimiser les effets négatifs de la consommation de drogues sur les usagers et – indirectement – sur la société en rendant possible une consommation entraînant moins de problèmes individuels et sociaux.

Le pilier « répression et régulation du marché » contribue, par des mesures de régulation servant à appliquer l’interdiction des drogues illégales, à réduire les effets négatifs de la consommation de drogues.

La dépénalisation ne représenterait qu'un désastre humain de plus, un signe fort de la perte des valeurs de notre société, de nos repères, dans une société justement à la recherche de celles-ci car disparues à travers une vision du monde utopique de nos politiques de gauche. Mais si la droite veux si mettre aussi, pas de problème, après il faudra en assumer les conséquences mais je ne suis pas certain que nos aînés la suive sur ce chemin là. Par contre, ce jour lors de ma pause de midi, je me suis rendu vers la gare de Cornavin auprès d'une demi-douzaine de toxicomanes qui ont touché à toutes les drogues de la place de Genève ces dix dernières années, et je leur ai posé cette simple question : "d'homme à homme, et pour l'avenir de nos enfants, êtes-vous pour la dépénalisation des drogues dures ?"

 

Les réponses ont été franches, sans équivoque et unanimes : "NON"

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

19/10/2011

Dépénalisation des drogues, ou comment des experts de la commission mondiale pour la politique des drogues, dont Mme Ruth Dreifuss, vont assassiner l'avenir de nos enfants !

Il y a des jours où je préférerais ne pas me réveiller pour prendre connaissance des dernières informations. Il y a des jours où je me demande si les décideurs de ce monde ont une quelle conque expérience humaine des sujets dont ils traitent.

 

Ainsi donc la commission mondiale pour la politique des drogues préconise la dépénalisation des drogues par la voix de Mme Ruth Dreifuss, ancienne Présidente de la confédération suisse ;

 

Ainsi donc la guerre mondiale contre les drogues a échoué, avec des conséquences dévastatrices pour les hommes et pour les sociétés du monde entier ;

 

Ainsi donc il faut mettre un terme à la criminalisation, à la marginalisation et à la stigmatisation des consommateurs de drogues qui ne cause pas de préjudice à autrui ;

 

Ainsi donc il faut rejeter les idées préconçues sur le trafic, la consommation et la dépendance au lieu des les renforcer ;

 

Ainsi donc il faut encourager l'expérimentation par les gouvernements de modèles de régulation légale des drogues, de manière à réduire le pouvoir du crime organisé et à protéger la santé et la sécurité des citoyens ;

 

Ainsi donc cette recommandation s'applique particulièrement au cannabis, pour d'autres drogues il faudrait encourager également d'autres expériences en matière de dépénalisation et de réglementation capables d'atteindre les mêmes objectifs.

 

La politique des drogues menée à ce jour aurait eu comme effets pervers :

 

1. Le développement d'un « gigantesque marché noir criminel » financé par les bénéfices exponentiels générés par la satisfaction de la demande internationale en drogues illicites.

 

2.  D'importants errements politiques, résultant des ressources allouées au financement d'un vaste système de répression contre ce marché criminel.

 

3.  Le déplacement géographique, aussi appelé « effet ballon », dû au changement des régions de production dans le but de contourner les mesures répressives.

 

4.  Le changement de substance, ou le passage des consommateurs à d'autres substances lorsque leur drogue habituelle devient difficile à obtenir, par exemple suite à des mesures de répression.

 

5.  La stigmatisation, la marginalisation et l'exclusion sociale des toxicomanes.

 

http://www.idpc.net/sites/default/files/library/Global_Co...

 

Ce sont donc notamment ces raisons qui poussent ces "experts" à tenir un discours aussi ouvert, aussi permissif, aussi irresponsable car ne tenant pas compte des réalités de la toxicomanie, de la demande et de l'offre perpétuelles, des contraintes physiques et psychiques des cures et autres prescriptions régulées qui ramènent si souvent le drogué à une consommation parallèle à son traitement.

 

Je vous laisse à vos réflexions chers lecteurs, la mienne sera publiée dans mon prochain billet, car là ma colère est grande face à l'irresponsabilité des hommes et des femmes qui préconisent la dépénalisation des drogues, sachant que si la politique des quatre piliers n'est pas aboutie à travers ses priorités, elle demeure la seule solution envisageable pour l'instant. Je vous en rappelle les fondamentaux :

 

Le pilier « prévention » contribue à la réduction de la consommation de drogues en évitant que les gens ne se mettent à en consommer et ne développent une dépendance.


Le pilier « thérapie » contribue à la réduction de la con sommation de drogues en permettant de sortir d’une dépendance ou à en préserver la possibilité. Elle contribue en outre à la promotion de l’intégration sociale et de la santé des personnes traitées.

Le pilier « réduction des risques » contribue à minimiser les effets négatifs de la consommation de drogues sur les usagers et – indirectement – sur la société en rendant possible une consommation entraînant moins de problèmes individuels et sociaux.

Le pilier « répression et régulation du marché » contribue, par des mesures de régulation servant à appliquer l’interdiction des drogues illégales, à réduire les effets négatifs de la consommation de drogues.

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon.

 

 

16/09/2010

« Une police militarisée constitue une réelle menace pour la démocratie » selon Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard, pas selon moi (commentaires en rouge).

« Une police militarisée constitue une réelle menace pour la démocratie » Pour Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard, chercheurs et enseignants, une réforme de la police s’impose. Ils plaident pour des agents de « maintien de la paix sociale » plutôt que de « l’ordre ».

Par Olivier Chavaz– Genève – Le Courrier du 13 septembre 2010

Les auteurs de Policier, gardien de la paix ?sont intarissables. Une réforme profonde de l’institution policière est urgente, insistent Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard. Si leurs constats ne connaissent pas de frontières, la police genevoise en prend pour son grade. Symptomatique d’un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps. L’ancien gendarme, passé par des études de psychologie et devenu « expert de police », et l’économiste didacticien, chargé de cours à l’école de police à Genève, promeuvent au contraire une action basée sur la défense des droits humains, dans la transparence et au plus près de la population. Un credo peu en vogue dans la tendance actuelle au tout sécuritaire spectaculaire.

Interview

De quels maux souffre selon vous la police ?

Frédéric Maillard : Il faut d’abord relever qu’il n’y a pas une police, mais des polices, avec des différences selon les services, les cantons ou les villes, pour rester en Suisse.

La tendance globale est toutefois que cette institution peine à relever les défis posés par les changements sociétaux. Pour nous, le problème vient en premier lieu de la «compromission militaire» sur laquelle est basée cette institution, dans son organisation et sa logistique. Avec comme corollaire une très forte hiérarchisation et des carrières dépendant exclusivement du degré de soumission et de l’ancienneté. Et ses dirigeants sont presque tous des officiers de l’armée et/ou des juristes. Le repli est total.

Minet : Avant de répondre à cette question, je me dois de corriger votre introduction dans laquelle vous affirmez que "la police genevoise en prend pour son grade, symptomatique d’un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps."

S'il est normal que dans une analyse pertinente l'audité puisse en prendre pour son grade, il m'est impossible de vous laisser dire que la police genevoise est un corps volontiers violent, refermé sur lui-même, sourd et aveugle aux évolutions du temps". Inepties et mensonges, analyse globale du siècle passé établie sur une méconnaissance de la police genevoise du XXI ème siècle.

Pour enfin répondre à votre question, je dirais, en ma qualité de citoyen qui suis ce débat avec un œil extérieur mais une certaine expérience du sujet à Genève, que les maux principaux dont souffre la police sont ;

Premièrement, une perte flagrante d'identité, dans le statut, dans la fonction, dans les missions à remplir, dans son rôle qu'elle doit tenir dans notre société. Depuis quinze ans, on demande aux policiers d'être le curé, le notaire, l'assistant social, de grand frère, le confident, le fonctionnaire qui écoute, l'observateur de la mutation générale de la société, mais aussi le garant des droits fondamentaux, des lois et des règlements, des droits humains, des valeurs de cette société à la dérive, dans laquelle le dernier bastion de l'éducation civique, morale, éthique demeure le flic, tel un bâton de pèlerins, pour des parents, des enseignants, des éducateurs socioculturels, des pouvoirs politique et judiciaire, des administrations impuissantes. La police demeure l'ultime repère sur qui on compte pour sauver la face après quarante ans de laxisme social. Mais le flic se doit aussi d'être intègre, droit, infaillible, solide, actif, décisionnaire, prédicateur moral, créateur du dialogue, initiateur du règlement des premiers conflits et, tout en observant son devoir de réserve, il devra encore dénoncer au pouvoir judiciaire les infractions relevées lors de sa mission.

Pris en étau par ces exigences sociétaires et professionnelles antagonistes, la police ne sait plus où se situer dans le schéma étatique. Elle perd ainsi la pluridisciplinarité et sa polyvalence au profit de spécialistes, de brigades et de sections aux tâches et aux missions totalement différentes, mais composées de policiers bien souvent réunis pour le maintien de la paix à travers le maintien de l'ordre. Ce déséquilibre dans le statut ne peut que venir nourrir ce fort sentiment d'impuissance qui gagne les agents, car devant autant de défis, qui ne devraient pourtant pas tous leur revenir, l'abnégation ne suffit plus sans le soutien de nos autorités, des hiérarchies, du pouvoir judiciaire et autres chercheurs ou politiciens qui aiment à produire des audits sur la police.

Deuxièmement, à force de dire que la police va mal, on lui cherche des maux qu'elle n'a pas et on lui en trouve, statutairement, économiquement, hiérarchiquement, éthiquement, moralement, de la formation à la retraite, mais en oubliant trop souvent l'humain et la mission qui se cachent dernière chaque policier, voire la mission première qui se doit d'être recherchée lors d'une refonte d'une organisation, à savoir une amélioration de son fonctionnement, dans le cadre de ses tâches, de ses missions, de ses engagements, des ses actions, de ses interventions, de ses doctrines, à travers son savoir être et de son savoir faire, dans le cadre du maintien de la paix, de l'ordre, en allant au devant de la misère humaine ou en se battant contre la criminalité.

L'humain policier ne supportera pas plus longtemps ces jugements assimilables à des attaques incessantes, qui sur la finalité du travail accompli par les auditeurs n'apporte aucune véritable solution pour répondre aux urgences de la profession, des métiers, aux attentes des citoyens et celles de nos policiers, que plus personne n'écoute. En position d'accusé, de gibier chassé, oppressé par la machine étatique et hiérarchique, le policier perd toute son indépendance dans l'initiative, motivation qui demeure pourtant le maillon essentiel, tel un baromètre de la société, dans le chaînage quotidien de l'observation, de l'analyse et de l'action de la police au service de cette même société.

Victimisation d'une profession, car à force de trop tirer sur la police, sachant que ce n'est pas sur l'institution que retombe les fracas mais sur les hommes et les femmes qui composent cette police, ceux-ci ne tirent plus à la même corde, la police se dissout et devient un simple élément de la fonction publique, fonctionnaires auxquels alors il ne faudra plus demander d'avoir le sens du sacrifie, moral, physique, familiale, personnel, humain. Si nous arrivons un jour à cette situation, nous perdrons alors le dernier garant de nos repères et de nos valeurs issus de l'éducation, du respect, ultime rempart d'autorité dans une société qui a abandonné ses enfants et ses valeurs culturelles, sociales, sécuritaires et humaines il y a trop longtemps.

Vous pointez cette dérive militaire dans les missions de la police."

FM : Depuis une dizaine d’années, on assiste clairement à une recrudescence des opérations militarisées de maintien de l’ordre, par exemple celles menées aux Pâquis l’an dernier. Mais si le métier de policier finit par se confondre avec celui de militaire, c’est sa disparition. Plus question de travailler en faveur de la résolution de conflits, de la proximité, ni sur l’analyse des origines du crime. La surveillance électronique et les entreprises privées prendront encore davantage de place. Il d’agirait alors d’une réelle menace pour la démocratie et les droits humains.

Minet : Ceux qui pointe du droit l'organisation dite militaire dans les missions de la police n'ont aucune idée du travail important qui aura été fait en amont, mais qui aura alors débouché sur un échec, surtout si le maintien de l'ordre devient nécessaire. Cet échec ne sera pas le fait de la police, mais bien d'un ensemble de décisions, de choix, de prises de positions de partenaires, d'antagonistes, de victimes, d'auteurs, de classes sociales, de voisins, d'ethnies, de mouvements ou de citoyens, où le flics simple internenant n'aura pas trouvé des solutions qui ne lui appartenaient poutant plus.

Le travail de base de la police est l'aide à autrui, l'éducation, le secours, la prévention, la résolution des conflits, la lutte contre la criminalité, le maintien de la paix et de l'ordre.

Dans toute intervention il y a l'avant, le pendant et l'après. La mission dite militaire interviendra après, en dernier recours face à une situation qui aura été jugée sans autre solution. Si tel n'était pas le cas, il y aura eu erreur d'appréciation, mais l'échec initial demeurera pourtant sans que la solution apparaisse, tout simplement mais pour une bonne raison. Dans le chaînage de la résolution des conflits, à un certain moment le policier, ou la police, devrait pouvoir, après moult tentatives et en ayant absorbé toutes les approches possibles à travers le dialogue et une approche socioculturelle pertinente, passer la main à l'administration compétente, au service adéquat, à l'humain dont la mission et la formation seront de reprendre le flambeau de l'urgentiste qu'est le flic. A ce jour, nous avons UMUS, VIRES, la LAVI, le SPMI, les services sociaux des communes et de la ville, les maisons de médiations, des associations, des groupements mais il manque ce que j'aime à appeler "le passeur de témoin". A cet instant précis de la décision, le flic ne peut pas devenir l'aiguilleur du ciel sombre de la misère humaine. Si cette fonction n'existe pas à ce jour, même si l'îlotier de police l'exerce bien souvent, offrir un tel "passeur de témoin" à la police et à nos institutions ce serait aussi reconnaître le travail de police effectué en amont et décharger du poids administratif, social et moral du cas présenté, pour redonner ainsi une identité aux tâches, aux missions et au statut de la police.

De vouloir transformer des éducateurs socioculturels en policiers de proximité, comme j'ai pu le lire récemment, voilà bien une idée dont la simple utopie laisse entrevoir la disparition d'une profession à but sociale, essentielle et indispensable dans le chaînage précité qu'est l'éducateur socioculturel. Il suffit de voir les "grands frères ou les modérateurs" se faire attaquer et agresser dans les transports publics, tel un organe d'autorité désavoué, pour comprendre que ce chemin n'est pas le bon. Chaque acteur doit pouvoir être identifié, à travers sa tâche, sa mission et son approche.

Enfin, la militarisation de la police, dans sa structure, est une nécessité dans la donnée d'ordre, dans l'acceptation de l'acte et dans la prise de décision. Les responsabilités, sous cette forme, incomberont alors à la hiérarchie, pour le meilleur comme pour le pire. La police ne pourra jamais se passer de ce double statut, très militarisée organisationnellement dans les actions de masse, très indépendante et libre d'initiatives dévolues au maintien de la paix dans le travail quotidien.

L’apparence compte-t-elle ?

Yves PatrickDelachaux : Les signes du poids grandissant donné au maintien de l’ordre s’observent y compris dans le domaine de l’uniforme et de l’équipement. Au début des années 2000 encore, je travaillais en cravate et couvre-chef. Aujourd’hui, le boulot quotidien se fait en pantalons bouffants, casquette de baseball et ceinture de charge. Chaque poste possède désormais deux motos tout-terrain noires. Nos agents font de plus en plus peur. Je ne comprends vraiment pas les responsables qui font ces choix.

FM : Une anecdote à propos de ces motos. Des connaissances ont été choquées de les voir à l’œuvre, façon voltigeurs, lors de la dernière manifestation contre l’OMC. Ces gens revenaient de missions humanitaires dans des pays peu démocratiques… Ce n’est effectivement pas l’idée qu’on se fait d’une police moderne et intelligente.

Minet : L'apparence, à travers le vêtement, la tenue, le rôle, mais aussi le savoir faire et le savoir être compte énormément. L'un des problèmes de ce jour revient à l'une de mes réponses précédente. Que fait la police et à quel moment, dans quelle circonstance, donc avec quelle approche et dans quelle tenue ? A trop mélanger la mission de groupe, de maintien de l'ordre, à celle quotidienne du maintien de la paix, le policier se perd, à travers les ordres, les tenues, les actes, les doctrines. L'éthique reste la même, mais l'approche étant tellement différente dans le rôle que la crise identitaire subsiste. Actuellement, on demande aux policiers de faire de tout un peu, même aux spécialistes, mais aussi de faire de tout en même temps, et là les problèmes identitaires deviennent omniprésents.

Nul besoin de redessiner la police dans son apparence, il faut simplement redonner une identité aux rôles demandés, une tenue pour l'instant souhaité, avec une mission adéquate pour un but connu et recherché qui pourra, le moment venu, être repris par "le passeur de témoin".

Le portrait-robot que vous tirez du policier contemporain, notamment genevois, est sombre.

YPD : Plus on a besoin de faire du bodybuilding, moins on est fort ! La façon dont ils sont employés les mène bien souvent à l’épuisement. Ou ils démissionnent. Ils ne comprennent plus le sens de leur mission. Les arrestations répétitives et inefficaces. La confiance dans la hiérarchie est très faible, même si elle n’est pas en mesure d’être exprimée. Si on se met autour d’une table de policiers, les discussions tournent vite autour d’une «société perdue». Tout le monde est coupable : les étrangers, les politiques, la justice, les frontaliers, les femmes… C’est un corps malade.

Minet : Le policier contemporain est simplement perdu dans les méandres institutionnels et décisionnels, à travers le dessin actuel de son statut, de ses tâches, de ses missions. Il est aussi abattu par l'aspect inopérant des décisions de justice, par la refonte du code pénal, par les lenteurs ou l'inertie des décisions administratives. C'est ce bilan là qui est sombre, pas le portrait-robot du policier.

Vous affirmez que cette culture corporatiste négative n’est pas inéluctable ?

FM : Je partage le constat précédent et je le constate dans mes activités à l’école de police genevoise. On observe cette tendance ailleurs en Europe. Cela dit, il faut souligner les contre-exemples. A Neuchâtel et Lausanne, entre autres. Ou, plus loin, au Luxembourg. De nouveaux managements, basés sur l’ouverture à d’autres professions ont conduit les policiers à se remettre en question, à s’interroger sur leur métier et à adapter leur pratique.

Minet : Nous traversons une culture corporatiste négative (sachant que le corporatisme peut aussi être positif) pour toutes les raisons précitées, mais en aucun cas par des changements sociétaux liés à la race, à l'ethnie, à l'appartenance à un groupe ou à une religion, à l'action ou à l'acte. Notre société n'a plus de repère, elle est perdue, les policiers le vive ainsi mais ils ne sont pas les sauveurs du monde, nul n'a le droit d'attendre de ces humains une telle responsabilité, qui se doit d'être politique, cantonale, fédérale, européenne, mondiale face à la misère humaine et aux dérives des hommes. Le policier s'adapte au quotidien, il jongle, mais il doit disposer des outils de travail nécessaires mais aussi "d'un passeur de témoin", pour enfin déposer un point à la fin d'une mission, d'un acte, d'un écrit, qui le libérera ainsi de la pression psychique et morale du cas traité. Les policiers sont des médecins de la misère humaine, des urgentistes qui gardent en vie les droits humains, du plus faible au plus fort, du plus pauvre au plus riche, auteur ou victime, toutes races et religions confondues. Un comportement indissociable dans la réalisation des ses missions, de ses tâches, mais aussi une ligne droite semée d'embûches au bout de laquelle il faudra aussi trouver une réponse ou ce "passeur de témoin".

Quelles sont les responsabilités de la direction de la police ?

YPD : Grandes. Au-delà des personnes, elle fonctionne un peu sur un mode mafieux. La loi du silence est le premier enseignement. Il faut se fondre dans le groupe. Ne pas poser de questions. De plus, la hiérarchie joue contre l’autorité politique, qui n’a pas les outils pour maîtriser le domaine : la plupart des informations qui lui remontent son biaisées, passées à la moulinette du système interne. J’ai l’impression qu’elle dit au monde politique : «Donnez-nous des armes et faites-nous confiance !»

Minet : La direction de la police obéit aux ordres et à la doctrine politique et policière. Je ne suis pas certain à ce jour que ces responsabilités là doivent retomber un jour sur ladite direction. Par contre, la direction de la police doit aussi convaincre et apporter des solutions aux problèmes que je viens de soulever, mais pour ça il faut en premier lieu les identifier, les analyser, rester à l'écoute des policiers et de la société, et après oser interpeller le politique. Ce dernier devra alors faire preuve de contrition si le dossier est porteur d'espérance pour nos métiers et pour la société civile.

A vous entendre, les conséquences sont graves.

FM : L’impunité en est une. En contrepartie de l’obéissance, toutes sortes d’exactions d’ordre pénal son couvertes, des excès de vitesse dangereux, des violences inacceptables commises sur des innocents, des rapports tronqués, etc.

YPD : Vous souvenez-vous du rapport d’experts de 2007 à Genève1 Depuis, rien n’a bougé malgré certaines allégations de violences et d’abus d’autorité crédibles.

Minet : Les responsabilités sont grandes et graves, les conséquences n'en sont que les résultats, mais en aucun cas les uthopies présentées par divers observateurs ne sont les reflets de la réalité. Ces gens se sont arrêtés à la police des années sombres, il y bien longtemps. Dans l'acte individuel, la faute, l'erreur, le geste ou l'acte impardonnable, voire insupportable demeure possible. Aujourd'hui il est rare, il demeure inadmissible et n'est plus garanti d'un couvert corporatiste que d'autres ont connu. L'IGS travaille sereinement et avec droiture. Les fautifs sont dénoncés, sanctionnés, les mis hors de cause lavés des soupçons qui pesaient sur eux, avec des preuves, des éléments, des faits, tant pour l'accusation que pour la reconnaissance du respect des règles.

La police que certains ont quitté il y a longtemps, en n'exerçant plus, n'est plus la même aujourd'hui. L'arrivée du Brevet fédéral et l'instauration de formation continue, des maîtres de stage, voire une modification dans la doctrine du maintien de l'ordre que l'on devine depuis peu, fait qu'il faut observer la police depuis son entre pour en extraire à l'extérieur le meilleurs et le moins bon, dans le simple but d'augmenter les capacités des policiers à gérer toutes les situations, mais aussi à pouvoir se reposer en rencontrant sur leur parcours les passeurs de témoin attendus, maillon d'un système qui à lui seul demande une réorganisation, sur le fond et sur les idées. Si l'îlotier communautaire est ce maillon, il faut alors le déterminer ainsi dans sa mission tout en lui donnant les moyens de la réaliser.

Qu’en est-il du recrutement et de la formation, de la politique du personnel ?

FM : A Genève, les ressources humaines sont dirigées de façon scandaleuse et contre-productive. Des candidats très qualifiés et très expérimentés sont écartés parce qu’ils ne rentrent pas dans le moule. L’accent est toujours mis sur le côté prétendument viril du policier, la force physique. Ceux qui y rentrent, par exemple après un parcours universitaire, n’ont pas de plan de carrière autre que la promotion automatique. La formation continue est mince. En matière de formation initiale, les droits humains occupent 1% des 1600 heures dispensées !

Ce sont pourtant les fondements du métier du policier. Lequel détient deux pouvoirs exclusifs –usage et de la force et de la contrainte ; moyens discrétionnaires– qui nécessitent d’être bien maîtrisés puisqu’ils peuvent limiter positivement ou violer les droits de l’homme.

Minet : Qu'on le veuille ou non, les critères de recrutement on été revus " à la baisse ". L'armée, la taille, le sport, l'aspect corporel, L'âge, un certain sens de la république, du pays, de nos lois et de nos règlement, de notre société genevoise pluriculturelle mais profondément encrée aux valeurs helvétiques.

La prochaine étape de cette "ouverture" politicienne sera la nationalité et l'engagement d'étrangers, voire de policiers étrangers. Cette volonté n'est pas adéquate et elle n'aidera pas la police à retrouver une identité. La multi culturalité est déjà bien présente dans la police, de nombreuses origines différentes y sont représentées, juste miroir de la société, mais elles sont toutes réunies derrière la nationalité et ses valeurs.

La réforme est en route, statutairement, économiquement, hiérarchiquement, éthiquement, moralement, de la formation à la retraite, mais en oubliant trop souvent l'humain qui se cache dernière chaque policier, en oubliant de lui redonner une identité, en oubliant de requalifier ses tâches et ses missions, en oubliant de redessiner ses priorités, cette réforme sera mort-née si elle n'apporte pas des solutions à la crise identitaire que traverse la police et surtout une aide précieuse à la lutte pour le maintien de la paix, de l'ordre, en allant au devant de la misère humaine ou en se battant contre la criminalité.

Votre regard acéré, vos critiques, vos propositions sont-elles entendues par l’institution ?

FM : On ne peut pas dire que tout cela plaise. En tant que chargé d’enseignement, je suis conscient d’être un alibi dans la grille de formation actuelle. On me le dit parfois. C’est pour cela que nous avons décidé d’écrire des livres à l’intention d’un public large.

Minet : Être un alibi c'est bien, devenir un prétexte c'est grave. Si l'institution écoute, alors qu'elle devra également entendre les voix des policiers, des flics de terrain, de rue, qui eux n'ont pas quitté le bitume et connaissent encore très bien leur métier et les ombres cachées de la misère d'une société dans laquelle ils travaillent au quotidien.

Quelles sont les pistes de réformes que vous soumettez aux responsables politiques ?

YPD : L’ouverture immédiate de la direction à la pluridisciplinarité. Il faut des compétences en sociologie, psychologie, philosophie, économie, management, etc. Ensuite, le recrutement, la formation et les ressources humaines doivent absolument retourner dans le giron de l’Etat central et non laissées en mains policières.

FM : Il est également indispensable de confier le contrôle de la déontologie à l’extérieur. Pour un regard neutre et distancié sur l’action policière. Des policiers qui en surveillent d’autres, ça ne va pas.

Minet : Glisser dans le giron de l'Etat, alors que l'on peut juste constater les dysfonctionnements qui surviennent dans certains de ses services, c'est condamner à mort la police, le métier de policier, et ainsi notre société qui continuera cette fois sans son dernier garde-fou qu'était encore le dernier maillon fort que représente la police.

Pour conclure deux mots : oui à l'ouverture de la pluridisciplinarité pour les postes de gestion, politiques et administratifs à la police, et enfin, à qui de droit, si la confiance se mérite, le respect aussi, à travers les connaissances, mais également par une faculté d'analyse dénuée de tout sentiments partisans ou d'un quelconque intérêt personnel.

Minet, habitant de La Croix-de-Rozon.