25/08/2012

Varone, la lapidation continue !

Commandant de la police cantonale du Valais, candidat à l’élection au Conseil d’Etat, père de famille, homme libre, Christian Varone est une personnalité reconnue en Valais.

 

C’est le 27 juillet 2012 qu’il est pourtant arrêté tel un gredin en Turquie, à l’aéroport d’Antalya, alors qu’il s’apprête à quitter ce pays de villégiature. Sa faute, son erreur, le délit commis, avoir ramassé une pierre peu ordinaire en bordure de route et vouloir ramener ce caillou de 12 centimètres au domicile familial comme souvenir. Le problème c’est que ce morceau de roche est taillé, ou tout du moins travaillé, et qu’il devient de ce fait un objet archéologique historique et protégé.

 

C’est après cinq jours de prison qu’il sera libéré et qu’il pourra regagner sa terre natale, non sans être inculpé de tentative de vol de biens culturels turcs. Cette affaire, saisie très rapidement par toute la presse, va prendre de proportions incroyables.

 

En effet, c’est l’intégrité complète et totale de cet homme qui va être remise en cause, c’est son image publique qui va être salie, c’est son parcours professionnel exemplaire qui va être effacé, c’est son avenir politique qui va être remis en question. 

 

La proportionnalité et la présomption d’innocence n’ont jamais été l’apanage de la presse, alors en période estivale où le poisson est rare et la pêche infructueuse certains journalistes n’ont pas hésité à plonger dans l’indécence, histoire de lancer une pierre dans le jardin encensé. 

 

Le mal était fait et d’autres se sont engouffrés dans cette chasse aux sorcières. Bien des personnes ont apporté leur soutien à l’homme blessé, mais comme toujours ces marques de reconnaissances ne sont rien face à l’opprobre déversé.  

 

Aujourd’hui encore c’est une « nouvelle » photo de l’objet du délit qui est publiée, anonymement et sur un blog controversé, information reprise par les médias officiels, comme si la séance de lapidation n’était pas terminée.

 

Honte au traitement de l’information, honte à la valorisation de l’information, honte au devoir de service public que représentent les médias, honte aux attaques sournoises qui cachent des intérêts sans lien avec l’affaire. Un problème privé qui se devait d’être porté à la connaissance du public, certes mais un problème qui ne devrait en aucun cas être jugé sur la scène publique. 

 

«C’est en cherchant à briser les hommes de bonne volonté que notre société se retrouve dirigée par la mauvaise volonté. »

 

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon. 


La Lapidation de saint Etienne.jpg

 

(Lapidation de saint Étienne)

Vitore Carpaccio

25/04/2012

Michel Chevrolet, un petit diable chez les anges !

 

En ce 24 avril 2012 tu nous as quitté, subitement, seul, sans prévenir, sans publicité ni communication extravagante ou ciblée. Pas de tramway nommé Départ pour ce dernier envol.

 

Je ne pense pas que tu aies précipité ce dernier voyage, même s'il est prématuré, même s'il est si soudain. Il n'était pas prévu et c'est certain personne ne l'envisageait autour de toi. On ne meurt pas à 39 ans, on croque la vie même si elle est marquée de cicatrices.

 

Tu avais des projets plein la tête pour ton appartement, pour ta boîte de communication, pour Genève la ville de ton cœur. Tu visais haut, tu visais loin, tu visais grand pour notre cité, car si l'Argentine était ton pays de sang, Genève demeurait ton amoureuse.

 

Épicurien tu aimais la fête, les bons petits plats et les bons vins. Tu dévorais la vie, un peu trop vite parfois mais toujours pour aller plus loin, pour avancer, pour vivre tout simplement,  comme si tu craignais d'en perdre le souffle durant une seconde, une minute ou une heure.

 

Nous avons mangé ensemble il y a onze jours. Tu m'avais invité dans un estaminet de cette Vieille Ville que tu appréciais tant. Tu voulais le meilleurs pour tes amis, tu voulais le meilleurs pour tes proches, tu voulais le meilleurs pour ta ville et sa population. Durant ce repas, tu as tenté de me convaincre de ne jamais m'engager en politique, non pas que je n'en aie pas les compétences, mais parce que tu m'estimais trop droit, trop franc, trop libre aussi. Tu m'as invité à poursuivre mon blog de libre-penseur et pourquoi pas à écrire un livre. Tu voulais aussi que je rejoigne ton groupe de réflexion, pour voir Genève autrement, sans politicien. Je t'ai écouté, sagement, je t'ai répondu et nous avons trinqué à cette amitié qui était pourtant improbable il y a quelques années, nos chemins étant si différents, et pourtant nous avons bu ensemble ce midi là à la liberté de pensée.

 

On t'aimait ou l'on ne t'appréciait pas, il n'y avait pas de juste milieu envers toi. Un jour je t'ai dit qu'en politique si Stauffer était l'agitateur de la République, toi tu en étais l'amuseur. Tu as ri jaune, amuseur n'était pas de circonstance probablement. Pourtant, c'était un compliment car tu savais parler de tout avec humour tout en restant proche des gens, de leurs préoccupations, de leurs problèmes, de leurs attentes et de leurs idées aussi, tout en gardant ce rire communicatif qui résonne encore.

 

Il y a trois ans, je me suis retrouvé face à mes juges, une procédure disciplinaire administrative du Conseil d'Etat lancée et signée par deux Conseillers d'Etat sortants. Ils n'avaient pas aimés mes mots, ils n'avaient pas aimé mon ton, ils n'avaient pas aimé mes écrits, ils n'avaient pas aimé mes vérités. Cette lourde procédure, durant laquelle ma révocation avait été envisagée, n'a pas été simple à supporter, même si j'ai assumé mes actes, mes paroles et mes écrits, voire mes responsabilités. Si excuses il y a eu de ma part, on blesse parfois les hommes avec les mots, je n'ai jamais baissé les yeux face à l'adversité et tu as été le seul du monde politique à avoir pris ma défense, à avoir plaidé ma cause auprès de tes connaissances influentes. Ton aide, à ce moment de ma vie, m'a été précieuse et tu y as gagné mon amitié sincère.

 

On ne va plus refaire le monde, il est trop tard mais je sais aussi que tu es en paix maintenant, loin de quelques démons qui accompagnaient ta vie, comme si tu n'avais jamais eu le droit de vivre en paix, d'être reconnu, d'être apprécié pour ce que tu étais et pas pour ce que tu représentais.

 

Les anges vont rires un bon coup avec toi, de belles soirées en perspectives et je suis même certain qu'au paradis des petits diables il y a une place pour ta boulimie de rencontres, de découvertes et de projets, comme apprendre aux Saints à mieux communiquer avec nous par exemple, pauvres humains abandonnés que nous sommes et qui avons perdu brutalement un ami, un de ceux qui sont proches des gens et qui nous manquent terriblement aussitôt disparus !

 

Adieu Michel, Minet et Maïté qui t'embrassent !

 

Walter Schlechten, habitant la Croix-de-Rozon

 

 

Michel.jpg

 

 

22/07/2010

Bernard Rappaz a-t-il coupé l'herbe sous le pied aux limites d'un système carcéral en proie aux doutes politiques ?

Il est fêté comme un héros qui, après 110 jours de jeûne, vient de faire plier l'autorité. Lui, c'est Bernard Rappaz, chanvrier valaisan, dernier des Mohicans, prophête dans son pays tel que le fût José Bové en France, symbole de la résistance paysanne et rurale, et pourtant.

Ils ont aussi comme points communs une chevelure grisonnante en bataille et une moustache dignes de Vercingétorix.

Fichier:Statue Vercingetorix Alesia.jpg

Rappaz - Bové - Vercingétorix, mêmes combats ?

Et pourtant disais-je, en appliquant un "réaménagement des modalités d’exécution de la sanction", le Département valaisan de la sécurité vient de donner un signal fort à tous les agitateurs et autres insoumis, celui d'une justice qui ne s'applique pas, qui s'arrête face à la provocation, à la manipulation, face au chantage humain. Certes l'intégrité corporelle de cet homme devait être préservée, mais rompre sa détention c'est simplement supprimer encore un peu plus les repères et les valeurs de notre société. C'est aussi ne pas maintenir une corde raide, un fil rouge qu'il ne faut pas franchir sous peine de sanction. En supprimant ainsi ces limites, les décideurs politiques démontrent leurs faiblesses face à un système carcéral dépassé, mais ils renoncent aussi à imposer ces fameuses limites.

Reste que probablement retournement de situation il y aura, mais le mal sera fait et seul le souvenir de cette victoire contre l'état de droit subsistera, avec l'image d'une justice et d'une politique à deux vitesses. Il faudra alors avoir le courage de se prononcer sur la demande de grâce déposée, et là il ne faudra pas se tromper d'objectif.

Nul doute, Bernard Rappaz vient de couper l'herbe sous le pied à un pouvoir politique qui lui aussi perd ses repères et ses valeurs, sans lutter, sans combattre, sans assumer juste pour assurer l'avenir d'une société déjà à la dérive.

Minet.

 

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04/07/2010

"De bleu, de bleu !"

L'équipe de France ne sera donc pas championne du monde. A Genève, comme ailleurs, on en rit un peu, car les "chaouis" quand ils gagnent on les entend durant 4 ans, voire plus. On pensait donc avoir la paix un moment, mais là ils reviennent à la charge, les champions du monde et d'Europe, et pas avec "on est les champions, on est le champions, on est on est on est les champions" mais avec "on sait tout mieux que les autres, on est les anciens, on sait on sait on sait tout mieux que les autres". Ils portent un nom, le "collectif 98".

Mes têtes de Turcs :

Lilian Thuram, qui demande d'exclusion à vie de Patrice Evra, capitaine des espoirs de victoires et porteur du désespoir des joueurs. On lui reproche d'être un meneur, ce qui est la moindre des choses pour un capitaine. On lui reproche tous les maux, alors qu'il n'a été que le porte-parole d'autres joueurs, c'est un tout. On lui reproche d'avoir dénoncé, d'avoir osé, d'avoir décidé, d'avoir exprimé alors que de part son rôle de capitaine, il doit justement être le lien entre les joueurs et l'entraîneur, fil rouge qui était rompu depuis longtemps, mais la faute à qui ?

Lilian Thuram, un homme respectable et respecté, mais qui s'engage sur un chemin de croix politique, sortant du cadre sportif et dont l'expérience de cadre d'une équipe devrait le pousser à chercher les causes du mal chez les bleus, et pas simplement donner en pâture un joueur ou un autre, car le problème n'est pas là, il est global, FFF, staff, équipe, objectifs et mentalités.

Bixente Lizarazu, qui depuis trois semaines, en sa qualité de consultant, juge, critique, assassine même sur le petit écran, en étant si peu constructif, même si aujourd'hui il prend des gants, comme pour garder les mains propres dans la débacle. Ce n'est pas avec des "on aurait dû" ou "Raymond tu ne crois pas que" qu'il a fait avancer la France. Il soutient Lilian Thuram en demandant également des sanctions très fermes sur les joueurs qui ont tenu des rôles de meneurs dans cette affaire. Selon lui des joueurs on pris en otage l'Equipe de France, 4 ou 5 meneurs qui ont amené les 23 dans le mur, il faut sortir du cadre purement sportif selon lui.

Bixente Lizarazu ou Liza la science. Moi je veux bien, mais alors comment expliquer qu'il ait enfoncé Yoann Gourcuff après son match contre l'Uruguay, visant simplement son éviction des titulaires, puis en venant reprocher la non titularisation de ce joueur auprès de Raymond Domenech après la défaite contre le Mexique.

Derrière ces deux meneurs très médiatisés, suivent :

Emanuel Petit qui avait annoncé le 1er avril de cette année  « Je vais succéder à Raymond Domenech après la Coupe du monde. Ça va à l'encontre des déclarations que j'ai faites il y a six ou sept ans mais les chemins que j'ai empruntés depuis ont toujours été en rapport avec le foot. Je n'ai pas (encore) mes diplômes mais certains sont dans ce cas. C'est d'autant plus étonnant que j'ai pas mal critiqué Jean-Pierre Escalettes par le passé. C'est bien. Ça prouve que l'on peut changer ». Il n'y a pas de fumée sans feu selon moi, un homme sans avenir qui cherche une place dans le club France.

Frank Leboeuf, perdu entre Ko Lanta et quelques planches de théâtres, qui cherche à se placer auprès de la FFF, et qui tire à boulet rouge sur les bleus et la fédération, sans pour autant marquer des points.

Robert Pires, le moins agressif contre les bleus, qui avait pourtant déjà la une dent dure contre Raymond Domenech avant le mondial mais qui ne sort du bois que maintenant. Heureusement, il n'a aucune ambition dans le club France, il aime le foot et y joue encore.

Tout ces messieurs, champions du monde et d'Europe, la tête comme une pastèque, oublient un peu vite qu'il n'ont jamais été capables de fustiger les gestes impardonnables de leur Zizou, à qui l'on a tout pardonné, si vite, trop vite. A l'époque, pour eux, le mot équipe, solidarité, complicité, groupe, bleus, n'avaient visiblement pas la même valeur qu'aujourd'hui, et pourtant.

Pourtant, ils ne rendent pas service à une homme à travers leurs comportements, Laurent Blanc. Lui qui devrait arriver avec le respect qui lui est dû, lui qui devait devenir le Manager et l'Enraîneur de l'Equipe de France, arrive avec un "collectif" qui se mêle de tout, en oubliant que l'ancien capitaine des bleus était surnommé le "Président".

Heureusement, il nous reste les grandes gueules, dont Christophe Dugarry : 

«Je ne suis pas d'accord pour jeter Patrice Evra en pâture comme il l'a fait. Ce n'est pas correct, c'est scandaleux. Evra a fait une connerie, une grosse connerie, mais on en a tous fait. Le costume de capitaine était bien trop grand pour lui, mais le problème, ce n'est pas le mec qui portait le costume mais ceux qui le lui ont donné. Encore une fois, dans cette histoire, on traite les conséquences et non ne s'attarde pas sur les causes. Le problème, c'est l'autorité, le comportement des joueurs a été la conséquence du manque d'autorité. Et puis ce n'est pas à Thuram de demander ça. Depuis quand il est sélectionneur, Lilian ?»

Ce qui est certain, c'est qu'entre un coup de boule ou un coup d'Etat, chez les bleus vaut mieux avoir été champion du monde pour l'ouvrir, c'est moralement moins grave on dirait. Encore une désorganisation dans la réorganisation, une de plus.

10:45 Publié dans France, Humour, Société - People, Sports | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook