Elections législatives françaises, l'effet boomerang d'un rejet systématique !

Ce matin la France se réveille avec un nouveau visage politique, une Assemblée composée de quatre blocs et un président dépourvu de majorité absolue. Personne n'avait envisagé un tel scénario, ni les médias, ni les élus, ni les puissants. Le mouvement du Rassemblement National (RN) espérait soixante députés, il en obtient quatre-vingt-neuf.  

Pourtant, tous, je dis bien tous avaient appelé à n'accorder aucune voix au RN, ceci malgré l'excellent  score à l'élection présidentielle de Marine Le Pen. C'est en effet un quart des électeurs qui avait sollicité cette candidate de la droite nationaliste, un résultat non négligeable qui fallait assimiler.

Pour mémoire, lors des dernières élections présidentielles, la candidate de ce parti avait été créditée au premier tour de 17,9 % en 2012, 21.3 % en 2017 et 23,15 en 2022 (dernier résultat auquel il faut rattacher les 7,07 % d'Eric Zemmour).  

Au second tour, dans la course finale à la présidentielle, ce sont 33,9 % des votants qui avaient accordé leurs voix à Marine Le Pen en 2017 et 41,45 % en 2022. Un signal fort et démocratique qui n'a pas été perçu à sa juste valeur. 

Le barrage systématique à l'extrême droite pratiqué par tous les partis, qui n'est pourtant plus représentée par le patriarche hargneux mais part une représentante devenue légitime au yeux des français, aura été la plus grande incohérence politique de ces législatives. 

Le peuple, en attente d'un véritable scrutin proportionnel, s'est prononcé dimanche avec détermination en octroyant quatre-vingt-neuf sièges au RN. Un basculement inédit sous la Cinquième République où ce matin aucune sensibilité politique ne bénéficie d'une majorité absolue. 

L'effet boomerang n'avait pas été envisagé par ceux qui ont voulu totalement rejeter cette nouvelle droite, ni par le parti présidentiel, ni par une gauche "réunie" pour la circonstance. 

Ne pas tenir compte de l'historique des résultats précités, de l'ascension de Marine Le Pen et de son mouvement, aura été une erreur politique, un faute démocratique qui a été corrigée ce dimanche par le seul et véritable pouvoir, celui du peuple.

Ce matin, la France va devoir apprendre un nouveau mode de vie politique, celui du consensus. Il en va du bon fonctionnement de ses institutions et de la crédibilité de sa démocratie. 

Walter SCHLECHTEN, habitant de Perly. 

 

Commentaires

  • Je vois qu'en Suisse on critique le macronsime, un peu facile !

Les commentaires sont fermés.