Femmes - Page 2

  • "Au carrefour de la vie"

    « Il est 3 heures du matin, impossible de dormir, ni même de trouver le sommeil. Alors que je suis allongé dans mon lit, mon cœur bat à nonante pulsations minutes depuis plus de deux heures.

     

    Les idées noires se bousculent dans ma tête, je ne les maîtrise plus, alors que des idées sombres laissent une larme s'écouler le long de ma joue. Ce n'est ni la première, ni la dernière. Il n'y a aucune honte à pleurer, à se laisser aller, mais je lutte encore.

     

    La peur de perdre un être aimé n'a pas de frontière, même si par pudeur je me cache un peu en tournant le dos à mon épouse pour dissimuler cette larme.Pourtant elle a compris la situation. Sa main, délicatement posée sur ma hanche, dépose une caresse douce, légère, affectueuse, aimante et compatissante dans un silence de cathédrale. Elle aussi ne dort pas, elle subi mes tourments mais les comprends, car elle a connu ces instants terribles où l'avenir incertain d'un proche devient une brûlure presque égoïste.

     

     

    Vouloir être fort pour qui, pour quoi ? Devant l'injustice de la maladie et les démons qui rongent nos proches, il y a des émotions que l'on ne retient plus. Je me lève et m'en vais pleurer au salon, à la recherche de l'obscurité d'une intimité, solitaire et pudique.

     

    Il y a des minutes dans la vie où tout devient relatif, où le sens de nos valeurs est bousculé. L'humain reprend alors toute sa place à travers l'amour porté et la peur de perdre quelqu'un.  On s'en veut un peu d'être aussi faible, alors qu'hier encore nous étions l'épaule sur laquelle se reposer, là nous sommes impuissants. Comment faire pour aider, accompagner, soulager ?

     

    Et puis il y a le courage rencontré, celui de la malade, de celle qui pourtant peut tout perdre mais qui se refuse à baisser les bras, pas maintenant, pas comme ça. Un courage digne et emphatique, elle ne veut pas voir ses proches souffrir. Elle pense d'abord aux autres à la place de se plaindre. Ne pas abandonner sa famille, ne pas la laisser dans une situation où tout n'aura pas été réglé.

     

    Le courage aussi de mettre des mots sur des symptômes, de prononcer des paroles simples mais lucides sur la maladie, sur le présent, sur le futur. Comment a-t-elle trouvé une telle force intérieure, je me le demande, alors qu'il lui faudra demain déjà commencer la lutte contre ce mal sournois qui la ronge.

     

    L'instinct de survie et l'amour porté aux autres lui donne ce courage et cette force. On peut le lire sur son visage, la voir dans son regard. Ne pas se résigner, mais vivre avec la maladie, en faire une compagne d'infortune à la place d'une ennemie, même si la colère gronde et que la souffrance de cette injustice demeure.

     

    Si nous nous n'envisageons que le pire, elle, s'est donné comme but de prolongé la vie. Elle nous montre ainsi le chemin à suivre. Aller de l'avant, sans se retourner sur les causes avec des « si » improbables ou des « là » incertains.  

     

    Elle, c'est une mère, une femme qui a donné la vie. Elle nous a accompagnés, protégés, adorés, choyés, soignés, lavés, éduqués et conseillés. Elle nous aime tout simplement.

     

    Elle c'est aussi la force d'une femme qui ne veut pas partir sans terminer son parcours, car au carrefour de l'amour il y a encore l'espoir d'y rencontrer, avec l'aide de ses proches, un nouveau chemin de vie, une route nouvelle à baliser. »

     

     

    Walter Schlechten, habitant La Croix-de-Rozon.

     

    "On t'aime maman !"

     

     

     

  • "Le Sourire"

    « Depuis des mois je vais lui rendre visite avec ma douce, le dimanche en général. Je l'appelle Madame, elle me dit vous. C'est la maman de cœur de ma compagne, elle fut sa nounou mais aussi sa lumière. Ensemble, on partage toujours un repas dans un restaurant chaleureux.

     

    J'observe alors ces deux femmes si proches et je devine que l'une a éclairé le chemin de vie de l'autre, à travers une éducation d'une époque révolue, mais souvent regrettée. Il faut dire qu'une femme qui vous a élevé durant tant d'années ne s'oublie pas si facilement, et quelle femme.

     

    Elle a 96 ans, bientôt 97, valaisanne de cœur et solide comme un rocher suspendu au dessus du temps qui passe. Certes elle vieilli, son visage est marqué et sa démarche fragile, mais ses rides sont de beauté et son pas d'une sagesse certaine. Elle trouve le temps long et estime qu'elle n'a plus grand-chose à faire sur cette terre. Elle attend irrémédiablement la fin, ce départ qui se fait attendre alors qu'elle est prête, résignée sûrement, lucide évidemment.

     

    Elle qui a connu presque un siècle d'histoire, de travail, de voyages, de rencontres, de découvertes, de lectures, de guerres mais d'amour aussi. L'amour de tous ces enfants de grandes familles qui sont un peu les siens aujourd'hui. Elle ne revendique pas cette situation, mais ce sont ces mêmes garnements qui la lui accordent avec tout leur amour aujourd'hui.

     

    Ma douce en est une parmi d'autres. Mais ce lien est fort, puissant, il se lit dans leurs yeux, il se voit dans leurs étreintes discrètes d'une main vers l'autre. Alors, par amour mais aussi pas don de soi, j'accompagne ces dames et je partage leurs échanges. Des souvenirs que je n'ai pas, des images que je ne connais pas, des instants partagés oubliés mais si vite remémorés que je devine. J'écoute, je découvre, j'admire.

     

    Mes yeux aiment cette vieille dame, elle est un peu mes grand-mères disparues, de ces femmes que l'on écoute, car intelligentes et franches. La vie n'a pas toujours été simple pour elles, mais elles ne regrettent jamais rien, elles ont bien vécu comme elles aiment à l'affirmer.

     

    Et moi, j'aime vivre ces moments partagés avec cette belle personne. Elle donne de l'amour et en reçoit de ma femme de cœur. Ce qui est certain, c'est que nous ont lui apporte un rayon de soleil qui illumine à chaque visite son visage et qui lui redonne, pour un instant, l'envie de vivre, d'avancer, juste pour le plaisir de nous revoir dans une semaine. Ce lien affectif semble bien fragile mais tellement infini qu'il en devient intemporel.  

     

    C'est avec un visage radieux qu'elle nous quitte à la fin de nos visites, fatiguée aussi en retournant dans sa chambrette, avec tous ces « vieux » qui eux ont un peu perdu la tête. Et nous, c'est avec impatience que l'on souhaite revenir au plus vite pour la retrouver et continuer à parcourir, en sa compagnie, ce grand livre de la vie illuminé par ses sourires. »

  • Première scène de ménage depuis l'arrivée de la cousine Simonetta !

    Depuis quelques jours je suivais de près tous les changements qui intervenaient chez mes voisins, la famille C.-F.

    En effet, les départs annoncés des cousins Hans-Rudolf et Moritz, le premier pour un repos forcé à l'alpage, le second pour un long voyage en train et en vélo à travers l'Europe, il y avait deux chambres d'amis de libres.

    Plusieurs membres de la grande famille se sont inscrits, venant de presque toute la Suisse, car les places sont rares dans ma ville fédérale. Pour finir se sont les clans qui ont décidé, et sans surprise, la cousine Simonetta a été sollicitée à la grande majorité, alors que le deuxième matelas est revenu à Johann.

    Ces choix ont fait bien des déçus.

    Premièrement car les deux nouveaux avaient déjà une chambre en ville, donc ce sont deux proches qui vont emménager.

    Deuxièmement, dans les clans certains espéraient voir arriver deux cousines. Une seule a été retenue, Simonetta. Faut dire que la famille C.-F. rêvait aussi de se retrouver avec cinq femmes en ménage, elles ne seront que quatre.

    Et pourtant, en à peine deux jours, mes voisins sont déjà chamboulés de ces deux arrivées. Le plus surprenant c'est que, tel dans une maison de poupées, se sont les fille qui se chamaillent déjà, sans être les cinq espérées.

    Il y a la grande Doris qui a voulu changer de chambre, en prendre un plus grande laissée libre, alors que l'on pensait que Simonetta allait en bénéficier du fait de sa grande réussite.

    Il y a Eveline qui n'en pouvait plus de faire la justice dans cette famille et qui qui prend en charge le porte-monnaie de la maison.

    Il y a Micheline qui à voulu rester étrangère à tout ça et garder sa chambre, faut dire qu'elle voyage beaucoup et n'est pas souvent là. 

    Du coup s'est la cousine Simonetta qui se retrouve à devoir faire la police, dès son premier jour.

    Tout ceci n'est pas de bonne augure pour la suite, car comme dans toutes les familles nombreuses, la collégialité se doit d'être le fil rouge de la vie communautaire.

    Et là, c'est très mal parti, et je n'ose pas imaginer si une cinquième cousine avait emménagé, on aurait alors retrouvé nos souvenirs d'enfance et la cour de récréation où les filles se disputaient pour jouer à la corde à sauter alors que deux garçons se battaient dans un coin sous le regard incrédule d'un troisième.

    J'aime bien observer mes voisins, ils sont tristes mais me font souvent rire depuis trois ans, et là il me semble que l'on ne va pas s'ennuyer cet hiver.

     

    Minet.

     

     

     

  • Constituante, ne pas confondre parité et égalité des sexes en nombre au sujet des droits politiques, voire professionnels ou civils !

    Vers quel débat de fond se dirige la Constituante sur la thématique de la parité ?

    En suivant la commission thématique 2 "Les droits politiques (y compris les révisions de la Constitution)" et à la lecture de la note de synthèse no 2 "La parité, un outil de réalisation de l'égalité des sexes sur le plan des droits politiques ?", on peut légitimement se poser la question.

    Lors de ses travaux, la commission a décidé de faire de la question de l'égalité des sexes sur le plan politique un thème important de ses travaux.

    http://www.ge.ch/constituante/doc/presse/AC_CoT2_121109.pdf

    Si l'égalité des sexes en droits doit demeurer un combat quotidien pour que celle-ci soit appliquée, applicable, réalisée dans tous les domaines, le débat qui nous mène sur la parité en nombre de l'égalité des sexes est une erreur qui risque bien de déservir la femme en lieu et place de l'asseoir sur l'équité des droits, car :

    - C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes lors des promotions ;

    - C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes lors les décisions de justice de paix lors de l'attribution des gardes d'enfants ;

    - C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes lors d'engagement de personnels ;

    - C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes durant les inscriptions dans les grandes écoles ;

    et bien d'autres thèmes où les quotas deviendraient la valeur absolue, au détriement de la proportionnalité naturelle issue des engagements individuels et personnels dans notre société.

    Car le véritable problème se situe là : dans quelle société voulons-nous vivre demain, dans quelle société les femmes veulent-elles évoluer, dans quelle société les femmes veulent-elles être participatives, quels moyens offrir pour nourrir l'égalité en droit dans les chemins de vie des femmes ?

    La parité en nombre dans l'égalité des sexes est une profonde erreur de calcul. Le combat légitime pour l'égalité des sexes en droits lui ne doit pas devenir le leitmotiv à une mise en place d'un système discriminatoire, il en va justement de la crédibilité de la parité en droit, ainsi que celle de nos institutions.